Jeudi , 15 avril 2021

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De l’injustice de la justice

Les responsables intégristes nous chauffent les oreilles avec leur justice transitionnelle d’après-révolution. La montagne a accouché d’une souris. Premier signe : le ministre de la Justice, sitôt installé dans ses fonctions, se fixa la noble tâche de «purifier» le secteur. Ils sont tous animés d’une intention cathartique et ils s’en donnent les moyens : Lotfi Zitoun met au service de l’information écrite et audiovisuelle des responsables au lourd passé RCDiste, Noureddine Bhiri maintient dans ses fonctions le Haut conseil judiciaire, pourtant nommé par Ben Ali, donc mouillé avec le dictateur de Carthage. A partir de là, on nous permettra de douter des nobles intentions de nos dirigeants. Qu’est-ce que la justice transitionnelle a donné sur le terrain, compte non tenu du discours rassurant et trompeur de notre ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle ? Quand cette justice est exercée par des juges ripoux, compromis avec Ben Ali, et que les nouveaux dirigeants le savent, elle ne peut que servir ses nouveaux maîtres, selon un deal conclu à l’avance : tu me sers et je ferme les yeux sur ton passé. Le système carcéral éclaboussé par des affaires de torture, dénoncées par le syndicat des gardiens de prison, continuera à fonctionner selon les mêmes pratiques, la torture prendra plus d’ampleur après-révolution et comble du cynisme, les hauts responsables des prisons, serviteurs zélés en matière de torture sous Ben Ali, seront récompensés pour leurs bons et loyaux services par le régime actuel, ils auront des promotions. Sous Ben Ali, il était de coutume que des opposants politiques se voient accusés de faits de droit commun. La justice transitionnelle avait là un modèle à suivre. Le directeur du quotidien Ettounisia qui ne manifeste pas une affection débordante pour le régime actuel passera une semaine en cabane pour une sombre accusation d’atteinte aux bonnes mœurs : Sami Khédira, joueur de foot en Allemagne, figurait en première page en compagnie de sa petite amie, légèrement vêtue au goût de lecteurs puritains qui s’en sont plaints à notre justice expéditive transitionnelle, gardienne de la morale. L’affaire fut bouclée en deux temps trois mouvements : un dossier monté de toutes pièces, la liberté de la presse invoquée par des journaux qui ne sont pas à la solde du régime ne sera pas prise en considération. Le ministre de l’Enseignement supérieur qui fait tout sauf ce pour lequel il a été nommé (indiquer la direction de la Mecque dans les bureaux du ministère, c’est ahurissant, remettre sur le tapis cette grotesque histoire du niqab, pourtant tranchée par le tribunal administratif, parallèlement il y a une pile effrayante de dossiers qui traînent sur le bureau du brave ministre : les contractuels, la sécurité dans les facs, le système des études à revoir) intentera un procès contre un journaliste qui eut le malheur de mettre le doigt sur ces manquements à ses vraies responsabilités. Dans un cas comme dans l’autre, la justice transitionnelle est expéditive et elle relève du délit d’opinion. Et toujours la même tactique éculée chez nos gouvernants : attirer l’attention sur le superflu pour la détourner de l’essentiel. On crée un évènement à partir de rien, juste pour occuper les esprits, de l’enfumage et du saupoudrage caractérisés. Le comble, c’est cette histoire de viol qui secoue la Tunisie et ternit encore plus son image à l’étranger. Trois flics, censés assurer l’ordre et la sécurité, agressent un couple, des fiancés qui eurent le malheur de vouloir s’isoler dans leur voiture. Pendant que le troisième larron est allé accompagner le fiancé au distributeur automatique pour le racketter de 300 D, les deux autres s’acharnent sur la jeune fille pour assouvir un instinct bestial. Viennent ensuite la pression, le harcèlement, les menaces au poste de police pour que le couple retire sa plainte. Les trois malfrats sont aux arrêts et c’est un bon point, mais on trouve le moyen de coller une accusation d’atteinte à la pudeur au couple de plaignants (donc une deuxième affaire se greffe sur la première avec le dessein de la supplanter) et sur la foi du témoignage de qui, je vous le donne en mille ? Sur celle des trois flics accusés de viol. Notre justice transitionnelle ne s’encombre ni de morale, ni de contradiction : comment de victime on se retrouve accusé et comment un criminel peut en même temps produire un témoignage digne de foi. Cette deuxième affaire montée de toutes pièces a été menée tambour battant en vertu d’un article du code pénal sous Ben Ali, toujours en vigueur, comme tant d’autres articles qu’on ressort, sans la moindre gêne, pour appliquer une loi inique, réprimer sans vergogne, étouffer dans l’œuf toute revendication de l’un des droits les plus élémentaires de l’homme : le droit à la dignité. Le couple qui a porté plainte pour viol contre trois criminels agents de l’ordre risque une peine de prison de 6 mois. La jeune fille, particulièrement, doit être saluée pour son courage ; son combat est celui de toutes les autres femmes qui ont vécu ce drame sans avoir osé, pour une raison ou une autre, dénoncer leur agresseur, des femmes qui doivent vivre avec cette souffrance toute leur vie. Morale de l’histoire : grâce à notre justice transitionnelle, le viol ne sera pas considéré comme un crime, et ceux des flics qui seront tentés, pourront violer en toute impunité. Et parallèlement, le Code du statut personnel que les intégristes veulent revoir à tout prix, à coup de «femme complémentaire» en prendra un sacré coup.

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A qui profite l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis?

A l’ère du village planétaire, nous n’avons que notre petite Tunisie, aux ressources limitées, faisons en sorte pour que les Tunisiens ne cherchent plus à fuir leur pays, souvent au risque de leur vie. Les actes de saccage, de vandalisme et d’incendie dont l’ambassade des Etats-Unis fut le théâtre ce vendredi 14 septembre peuvent être considérés, au regard de la loi, comme un crime odieux et abjecte. Il fut perpétré envers un pays ami avec lequel la Tunisie n’a jamais eu un contentieux aussi loin que l’on regarde dans l’histoire. Bien au contraire. Depuis l’indépendance de notre pays et bien avant, les relations avec cette grande puissance mondiale étaient plutôt cordiales, empreintes d’estime et de considération réciproques. La révolution du 14 janvier ne fut-elle pas saluée par le peuple américain, à travers ses représentants au Congrès comme nulle part ailleurs, avec toutefois une exception : Israël? L’irrépressible haine des Etats-Unis Alors pourquoi ce déchaînement de colère, de violence, voire de haine à l’encontre de la représentation officielle des USA dans notre pays? Pour les manifestants aux motivations, semble-t-il, très diverses, il s’agissait d’exprimer une grande indignation à la suite de la circulation, sur les réseaux sociaux, d’un film injurieux et blasphématoire aux visées douteuses (à l’égard de l’islam?, de Barack Obama?), réalisé par un citoyen américain d’origine copte. L’on se perdra donc en conjecture sur les mobiles réels de ce cinéaste, inconnu, en mal de notoriété. Mais ce qui est sûr c’est qu’il est mal intentionné, dans la mesure où son film ne va certainement pas dans le sens du rapprochement des peuples et de la compréhension entre les religions. Il vise au contraire à ternir, à écorner l’image d’une religion considérée comme sacrée par plus d’un milliard d’hommes et de femmes. L’on comprendra la consternation et l’indignation de cette communauté qui s’est sentie, à tort ou à raison, humiliée, outragée, offensée par cette atteinte au sacré. Elle était en droit de manifester son mécontentement et sa désapprobation. Mais aller jusqu’à agresser violemment, comme cela s’était produit en Tunisie, les forces de l’ordre en charge de la protection des personnes et des biens de l’ambassade, de brûler et/ou piller le matériel et l’équipement pédagogique qu’elle contenait, était aussi contre productif qu’inacceptable. La facile hystérie des masses arabo musulmanes C’était aussi faire le jeu des provocateurs de tout poil, de tomber dans le piège tendu par les ennemis de l’islam et de tous ceux qui cherchaient à maintenir les pays arabes en particulier dans un état de sous-développement et de dépendance perpétuels pour mieux exploiter leurs richesses naturelles. Ceux là ont bien compris qu’il suffisait de rien (film minable, caricature de caniveau, pamphlet de mauvais goût et que sais-je encore) pour provoquer l’hystérie des masses arabo musulmanes, les faire chauffer à blanc, les faire «perdre le nord», les faire détourner des vrais enjeux et défis auxquels elles sont confrontées. Ainsi embourbées dans les tourments de la vie quotidienne, elles n’auront guère ni le temps, ni l’énergie, et encore moins l’imagination pour rattraper le temps perdu et mettre les jalons pour un avenir meilleur. C’était ça leur objectif inavoué. Ils étaient les seuls gagnants dans ce marché de dupes et devaient se frotter les mains et jubiler de joie en pensant qu’à peu de frais, ils pouvaient déstabiliser un ensemble de pays cible, compromettre leur marche vers le progrès économique et social, polluer les relations d’amitié et de coopération que ces derniers ont établies avec les autres nations. Le bilan est donc lourd tant en interne qu’en externe. C’est pourquoi, il ne faut pas s’étonner qu’ils n’hésiteront pas à poursuivre, sous couvert de la liberté d’expression, leur basse besogne aussi longtemps que les sociétés arabo musulmanes continueront à réagir et à se comporter de la sorte. La spécificité tunisienne au-dessus de la diversité culturelle Il est vrai que la meilleure façon de se prémunir de ces énergumènes sans foi ni loi, de ces pêcheurs en eau trouble est de les ignorer, de faire comme s’ils n’existaient pas, d’être indifférents à leurs productions soi-disant artistiques, littéraires ou autres. Aussi tomberont-elles d’elles-mêmes dans l’oubli, dans la poubelle de l’histoire. Mais cela suppose un certain niveau d’éducation, de culture, une grande faculté de discernement. Cela suppose aussi une foi inébranlable dans notre religion que rien ne puisse en altérer les fondements et que l’image qu'elle renvoie ne dépend que de nous, de nos comportements envers nous-mêmes et de nos relations avec les autres. Comme cela suppose également un attachement sans faille à la Tunisie et à sa spécificité, lequel doit transcender notre diversité culturelle, économique et sociale. A l’ère du village planétaire où chaque pays essaie de verrouiller ses frontières, nous n’avons que notre petite Tunisie, aux ressources limitées, faisons en sorte pour que les Tunisiens ne cherchent plus à fuir leur pays, souvent au risque de leur vie, en quête d’un emploi pour certains et d’un environnement socioprofessionnel meilleur pour d’autres. Certes, il existe une minorité de fanatiques religieux n’excédant guère 1% qui s’arrogent le droit d’être les défenseurs de l’islam et qu’en son nom, ils peuvent se permettre de transgresser la loi, de s’approprier l’espace public et certaines mosquées, de chercher à imposer un modèle de société venu d’ailleurs, si besoin par la violence. Profitant du souffle de liberté apporté par la révolution, leur dernier forfait était l’attaque de l’ambassade américaine. Fallait-il arriver jusque là pour que le gouvernement, semble-t-il, se ressaisisse, se rende compte de l’ampleur des dégâts commis et prennent à l’encontre des agresseurs les mesures qui s’imposent? Il faut espérer dans l’inespéré qu’«il vaut mieux tard que jamais».

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Au ministère de l’Intérieur : Nouvelle police des mœurs ? Ou milice NAHDAOUIE reconvertie ?

 

Très tôt, le matin du 29 juin, le dépôt de Monoprix à Menzah 6 a été incendié, comme tant d’autres locaux avant lui. Autrement dit, le même mode opératoire que l’assassinat du Cheikh Kallel, que l’incendie de Moncef Bey, et bien d’autres incendies encore. Qui a commis ces crimes ? Et pourquoi les criminels n’ont pas été jugés ? Auraient-ils récidivé s’ils avaient été dénoncés et punis correctement ?

Bien sûr on a omis de nous dire que le dépôt qui a brûlé sert à stoker et vendre l’alcool. Où est donc la transparence ? Comment oublier qu’il y a peu de temps encore, le chef du gouvernement affirmait sur une chaîne étrangère que la disparition de l’alcool en Tunisie était une question de temps ?

Malheureusement au lieu d’arrêter les criminels, qui j’en suis sûre sont connus de nos autorités, notre police se livre à une campagne autrement plus intéressante : terroriser les femmes qui osent sortir la nuit. Le mode opératoire serait plus au moins le même : l’accuser d’ivresse et lui faire signer un procès verbal sous la force. D’autant plus que tout cela coïncide avec la mise en retraite de plusieurs anciens cadres de la police, et la nomination de nouvelles recrues. Les témoignages sur ce genre d’incident sont nombreux; en voici un publié sur le web il y a quelques jours :

Témoignage De Raafa Ayadi

A ma sortie de La closerie, en taxi, j’ai été arrêtée par les flics qui m’ont demandé ma CIN. Ils ont mis du temps à me la rendre alors j’ai demandé au flic la raison pour laquelle il m’a demandé ma carte, ce qui l’a dérangé et a commencé à me parler sur un autre ton. Il y avait d’un coup 4 flics qui criaient et qui ont demandé au taxi d’arrêter le moteur car je n’allais pas rentrer. Quelques minutes après, ils ont décidé de m’emmener au poste. Ils m’ont demandé de monter dans leur Partner. J’ai refusé. Ils ont demandé au taxi de les suivre.

A l’arrivée au poste des Jardins de Carthage, il y avait d’autres flics qui m’attendaient comme s’ils avaient capturé un criminel. Ils m’ont demandé d’entrer au poste. J’ai refusé en disant que ma tenue de soirée ne me permettait pas de le faire. J’ai demandé si je pouvais aller me changer et revenir, qu’ils gardent ma CIN. Ils ont forcé la porte du taxi pour me faire descendre. Là j’ai cédé.

Je leur ai alors dit que 3ib ce qu’ils faisaient et que je ne leur ai rien fait ni dit et qu’ils avaient ma carte, qu’ils fassent le nécessaire. Ils m’ont répondu que j’ai eu un accrochage avec un flic et que howa cheki bya et qu’il faut que yekthou a9weli!!

Le plus agressif d’entre eux, qui a forcé la porte m’a traité indirectement de trainée, et que mé yetcharafech et que s’il avait une soeur habillée kim ena rahou 7ra9ha wala 9talha!!!

Dès que je sois entrée au poste avec le chauffeur du taxi auquel j’ai demandé de m’accompagner, le langage a changé: d’un coup, ils ont commencé à crier, à m’insulter, trabrib wiklem zeyed, et à vouloir me frapper. Ils m’ont agressé, emmené dans une pièce et menotté!!! L’un d’eux est arrivé, a cassé une chaise, m’a encore insulté et traité de tous les noms puis parti!

Comme quoi je suis ivre, 3amlouli ma7ther. Ils étaient 5 dans la pièce, et tous m’accusaient de sokrana, cherba, 7okmetelha il bal3a, bien que j’ai nié avoir bu! Ils m’ont fait signé un truc que je n’ai pu lire et m’ont dit “xxx fih”!

 

J’ai eu la peur de ma vie!

Nous sommes en train de subir une campagne de terreur qui vise à obliger les gens à ne plus boire, à ne plus mettre d’habits osés, à ne plus veiller pour finir par ne plus sortir… Leur seul discours était l’alcool! Leur programme est en marche et les flics sont mille fois pire!

Tunisie Libre

D’autres témoignages s’accordent à dire que ces flics « un peu trop zélés » sont plutôt jeunes et ne ressemblent pas aux autres flics plus mesurés ! Qui sont-ils ?

C’est vraiment les signes de la fin des temps qu’au nom de l’ islam , on se met à mentir, à dire des grossièretés et à agresser des citoyens pacifiques. Pourquoi nos autorités s’acharnent-elles à libérer les criminels et terroriser les civils ? Spécialement les femmes ?

Tant de violence, d’injustice et de haine au nom de l’islam ! Mais l’islam c’est la vie ! Cette vision de l’islam qu’ils tentent d’imposer à la société tunisienne est la mort.

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