Vendredi , 26 février 2021

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Chaambi : Un bilan très lourd et des enseignements à tirer

 

D’heure en heure, le bilan des attaques terroristes perpétrées mercredi soir à l’heure de la rupture du jeûne contre des patrouilles militaires au mont Chaambi s’alourdit. L’armée nationale déplorait jeudi matin 14 morts et 20 blessés. Le chef du gouvernement, Mehdi Jomaa qui s’était empressé de se rendre dès le début de la soirée au ministère de la Défense nationale pour suivre de près le déroulement des évènements à partir de la Salle des Opérations de l’Etat-major, a réalisé d’une part l’engagement de nos forces armées et de l’autre le lâche acharnement des terroristes. 

 

Passés à un cran supérieur, avec le lancement des roquettes RPG, ces jihadistes montrent leur détermination à vouloir saper les fondements de l’Etat pour imposer leur califat. S’ils ont accéléré leur morbide entreprise, c’est qu’ils essayent de torpiller le processus électoral arrivé à sa phase finale devant laisser émerger des institutions et un gouvernement légitimes. 
 
Pour y parvenir, ils espèrent tirer profit de nombre de facteurs. D’abord, le climat de pré-campagne électorale où les partis sont plus concentrés sur leurs stratégies et mus par leurs positionnements, pensant qu’ils relâchent attention sur le reste, ce qui est archi-faux, du moins en principe. Ensuite, le climat social, avec la montée des surenchères en revendications de tous genres et la multiplication des foyers de tension. Sans oublier l’afflux des réfugiés libyens surtout après les récents évènements en Libye. Enfin, la dispersion des efforts des forces sécuritaires et armées sur tous les fronts : de la sécurisation des frontières à la sécurisation des examens, des institutions et établissements ciblés à la lutte contre le crime et le banditisme et surtout le terrorisme.
 
Pendant ce temps, ce qui se passe sur la scène nationale est hallucinant. Les gros bonnets de la contrebande n’ont aucun scrupule à renforcer leur business et imposer leurs prix, tout comme les grossistes en viandes, poissons, fruits et légumes qui prennent le consommateur en otage. La classe politique est toute à ses querelles intestines et ses alliances électorales.  Et pour ne pas être en reste, Carthage continue de bloquer le mouvement des ambassadeurs et intensifie une campagne électorale à peine déguisée. 
 
Au Bardo, le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar est sur le départ pour s’occuper de sa campagne électorale. Quant aux Constituants, préoccupés par leur reconduction, ils glosent sur des futilités, comme la définition « exacte » du terrorisme, prenant tout leur temps à examiner le texte ainsi que le projet de loi de Finances complémentaire. Ils s’emmêlent les pieds dans la fiscalité, s’accroche à des questions populistes et n’osent pas reconnaître le coût réel d’un acte administratif à l’instar d’un contrat de mariage, continuant par ailleurs à vouloir convoquer les membres du gouvernement en audition. Tout cela porte un nom : c'est de l'autisme.
 
Le Tunisien moyen est davantage en prise sur le réel, l’urgent, le nécessaire. Même s’ils s'adonnent à leurs plaisirs habituels, les Tunisiens ont la tête ailleurs. A Gaza, où un génocide s’annonce devant le silence complice des grandes puissances. En Libye, où tout est en train de basculer dans une redoutable aventure. Et surtout en Tunisie où la classe politique, ne veut pas raboter ses ambitions politiciennes et renoncer à ses parasitages et a surtout peur de désigner le terrorisme en risque majeur et s’y attaquer efficacement. 
 
Qui sonnera la fin de la récréation ? Qui proclamera l’impératif de l’union sacrée ? Qui rassemblera les forces vives de la nation autour de l’armée nationale, des forces de sécurité et du gouvernement ? Qui mobilisera le soutien régional et international pour la consolidation de nos potentialités dans cette guerre contre le terrorisme? Qui fera tomber les gros bonnets de la contrebande, de la flambée des prix, du banditisme ? Qui amènera les travailleurs à surseoir à leurs revendications et à se remettre au travail ? Qui poussera les Tunisiens à se liguer ensemble pour le nettoyage des quartiers et l’enlèvement des ordures ? Qui convaincra les citoyens de la nécessité de dénoncer immédiatement tout abus et passe-droit ? Qui remettra les pendules à l’heure ?

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La commission de l’ANC statue sur le remplacement de M.Chammari à l’IVD

 

La démission de Khmais Chammari de l’Instance de la vérité et la dignité (IVD) a empêché le bon fonctionnement de l’instance. Cette situation de blocage a obligé, la présidente de l'IVD, Sihem Ben Sedrine a demandé l’avis du tribunal administratif.  Ce dernier a proposé une nouvelle convocation de la commission de tri pour les candidatures à l’IVD afin de choisir un remplacement à M.Chammari.   Cette situation démontre l’absence de solution sur le plan juridique dans de tels cas de figure.  

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Publication d’un rapport par la Banque Mondiale intitulé « All in the Family, State Capture in Tunisia »

la Banque Mondiale publie un rapport qui est le resultat d’une enquête faite par un groupe d’experts qui porte sur la corruption économique et la malversion  en Tunisie sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. 

Le rapport démasque le traçage des politiques d’investessement en faveur de la famille de Ben Ali et un ensemble d’hommes d’affaires proches de Ben Ali et de sa famille.

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L’armée algérienne a déjoué des rencontres prévues entre des leaders terroristes

  Le ministère de la Défense nationale algérienne a mis à la disposition des équipes chargées de sécurité qui gardaient les frontières terrestres, de nouvelles technologies aéronautiques développées pour surveiller la frontière.   Des sources proches du journal algérien Al Fajr, rapportent que les services de lutte contre le terrorisme …

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Suite à ses déclarations-Sahbi Jouini, demain devant la justice

  «Une volonté politique et une stratégie, claire et nette, s’avèrent plus que jamais nécessaires afin de lutter contre le terrorisme»     Sahbi Jouini,  chargé des affaires juridiques au sein de l’Unsst (Union nationale des syndicats des forces de sécurité intérieure), comparaîtra demain à 15h00 devant le 3e cabinet d’instruction …

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Des individus tentent de faire irruption dans le poste frontalier avancé de Bouchabka, le MI dénonce

  Le ministère de l’intérieur annonce que dans l’aube du 9 janvier 2014, un groupe d’individus a tenté de faire irruption dans le poste frontalier avancé de Bouchabka dans le gouvernorat de Kasserine.   Le ministère de l’intérieur appelle les composantes de la société civile et les partis politiques à …

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De l’injustice de la justice

Les responsables intégristes nous chauffent les oreilles avec leur justice transitionnelle d’après-révolution. La montagne a accouché d’une souris. Premier signe : le ministre de la Justice, sitôt installé dans ses fonctions, se fixa la noble tâche de «purifier» le secteur. Ils sont tous animés d’une intention cathartique et ils s’en donnent les moyens : Lotfi Zitoun met au service de l’information écrite et audiovisuelle des responsables au lourd passé RCDiste, Noureddine Bhiri maintient dans ses fonctions le Haut conseil judiciaire, pourtant nommé par Ben Ali, donc mouillé avec le dictateur de Carthage. A partir de là, on nous permettra de douter des nobles intentions de nos dirigeants. Qu’est-ce que la justice transitionnelle a donné sur le terrain, compte non tenu du discours rassurant et trompeur de notre ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle ? Quand cette justice est exercée par des juges ripoux, compromis avec Ben Ali, et que les nouveaux dirigeants le savent, elle ne peut que servir ses nouveaux maîtres, selon un deal conclu à l’avance : tu me sers et je ferme les yeux sur ton passé. Le système carcéral éclaboussé par des affaires de torture, dénoncées par le syndicat des gardiens de prison, continuera à fonctionner selon les mêmes pratiques, la torture prendra plus d’ampleur après-révolution et comble du cynisme, les hauts responsables des prisons, serviteurs zélés en matière de torture sous Ben Ali, seront récompensés pour leurs bons et loyaux services par le régime actuel, ils auront des promotions. Sous Ben Ali, il était de coutume que des opposants politiques se voient accusés de faits de droit commun. La justice transitionnelle avait là un modèle à suivre. Le directeur du quotidien Ettounisia qui ne manifeste pas une affection débordante pour le régime actuel passera une semaine en cabane pour une sombre accusation d’atteinte aux bonnes mœurs : Sami Khédira, joueur de foot en Allemagne, figurait en première page en compagnie de sa petite amie, légèrement vêtue au goût de lecteurs puritains qui s’en sont plaints à notre justice expéditive transitionnelle, gardienne de la morale. L’affaire fut bouclée en deux temps trois mouvements : un dossier monté de toutes pièces, la liberté de la presse invoquée par des journaux qui ne sont pas à la solde du régime ne sera pas prise en considération. Le ministre de l’Enseignement supérieur qui fait tout sauf ce pour lequel il a été nommé (indiquer la direction de la Mecque dans les bureaux du ministère, c’est ahurissant, remettre sur le tapis cette grotesque histoire du niqab, pourtant tranchée par le tribunal administratif, parallèlement il y a une pile effrayante de dossiers qui traînent sur le bureau du brave ministre : les contractuels, la sécurité dans les facs, le système des études à revoir) intentera un procès contre un journaliste qui eut le malheur de mettre le doigt sur ces manquements à ses vraies responsabilités. Dans un cas comme dans l’autre, la justice transitionnelle est expéditive et elle relève du délit d’opinion. Et toujours la même tactique éculée chez nos gouvernants : attirer l’attention sur le superflu pour la détourner de l’essentiel. On crée un évènement à partir de rien, juste pour occuper les esprits, de l’enfumage et du saupoudrage caractérisés. Le comble, c’est cette histoire de viol qui secoue la Tunisie et ternit encore plus son image à l’étranger. Trois flics, censés assurer l’ordre et la sécurité, agressent un couple, des fiancés qui eurent le malheur de vouloir s’isoler dans leur voiture. Pendant que le troisième larron est allé accompagner le fiancé au distributeur automatique pour le racketter de 300 D, les deux autres s’acharnent sur la jeune fille pour assouvir un instinct bestial. Viennent ensuite la pression, le harcèlement, les menaces au poste de police pour que le couple retire sa plainte. Les trois malfrats sont aux arrêts et c’est un bon point, mais on trouve le moyen de coller une accusation d’atteinte à la pudeur au couple de plaignants (donc une deuxième affaire se greffe sur la première avec le dessein de la supplanter) et sur la foi du témoignage de qui, je vous le donne en mille ? Sur celle des trois flics accusés de viol. Notre justice transitionnelle ne s’encombre ni de morale, ni de contradiction : comment de victime on se retrouve accusé et comment un criminel peut en même temps produire un témoignage digne de foi. Cette deuxième affaire montée de toutes pièces a été menée tambour battant en vertu d’un article du code pénal sous Ben Ali, toujours en vigueur, comme tant d’autres articles qu’on ressort, sans la moindre gêne, pour appliquer une loi inique, réprimer sans vergogne, étouffer dans l’œuf toute revendication de l’un des droits les plus élémentaires de l’homme : le droit à la dignité. Le couple qui a porté plainte pour viol contre trois criminels agents de l’ordre risque une peine de prison de 6 mois. La jeune fille, particulièrement, doit être saluée pour son courage ; son combat est celui de toutes les autres femmes qui ont vécu ce drame sans avoir osé, pour une raison ou une autre, dénoncer leur agresseur, des femmes qui doivent vivre avec cette souffrance toute leur vie. Morale de l’histoire : grâce à notre justice transitionnelle, le viol ne sera pas considéré comme un crime, et ceux des flics qui seront tentés, pourront violer en toute impunité. Et parallèlement, le Code du statut personnel que les intégristes veulent revoir à tout prix, à coup de «femme complémentaire» en prendra un sacré coup.

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A qui profite l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis?

A l’ère du village planétaire, nous n’avons que notre petite Tunisie, aux ressources limitées, faisons en sorte pour que les Tunisiens ne cherchent plus à fuir leur pays, souvent au risque de leur vie. Les actes de saccage, de vandalisme et d’incendie dont l’ambassade des Etats-Unis fut le théâtre ce vendredi 14 septembre peuvent être considérés, au regard de la loi, comme un crime odieux et abjecte. Il fut perpétré envers un pays ami avec lequel la Tunisie n’a jamais eu un contentieux aussi loin que l’on regarde dans l’histoire. Bien au contraire. Depuis l’indépendance de notre pays et bien avant, les relations avec cette grande puissance mondiale étaient plutôt cordiales, empreintes d’estime et de considération réciproques. La révolution du 14 janvier ne fut-elle pas saluée par le peuple américain, à travers ses représentants au Congrès comme nulle part ailleurs, avec toutefois une exception : Israël? L’irrépressible haine des Etats-Unis Alors pourquoi ce déchaînement de colère, de violence, voire de haine à l’encontre de la représentation officielle des USA dans notre pays? Pour les manifestants aux motivations, semble-t-il, très diverses, il s’agissait d’exprimer une grande indignation à la suite de la circulation, sur les réseaux sociaux, d’un film injurieux et blasphématoire aux visées douteuses (à l’égard de l’islam?, de Barack Obama?), réalisé par un citoyen américain d’origine copte. L’on se perdra donc en conjecture sur les mobiles réels de ce cinéaste, inconnu, en mal de notoriété. Mais ce qui est sûr c’est qu’il est mal intentionné, dans la mesure où son film ne va certainement pas dans le sens du rapprochement des peuples et de la compréhension entre les religions. Il vise au contraire à ternir, à écorner l’image d’une religion considérée comme sacrée par plus d’un milliard d’hommes et de femmes. L’on comprendra la consternation et l’indignation de cette communauté qui s’est sentie, à tort ou à raison, humiliée, outragée, offensée par cette atteinte au sacré. Elle était en droit de manifester son mécontentement et sa désapprobation. Mais aller jusqu’à agresser violemment, comme cela s’était produit en Tunisie, les forces de l’ordre en charge de la protection des personnes et des biens de l’ambassade, de brûler et/ou piller le matériel et l’équipement pédagogique qu’elle contenait, était aussi contre productif qu’inacceptable. La facile hystérie des masses arabo musulmanes C’était aussi faire le jeu des provocateurs de tout poil, de tomber dans le piège tendu par les ennemis de l’islam et de tous ceux qui cherchaient à maintenir les pays arabes en particulier dans un état de sous-développement et de dépendance perpétuels pour mieux exploiter leurs richesses naturelles. Ceux là ont bien compris qu’il suffisait de rien (film minable, caricature de caniveau, pamphlet de mauvais goût et que sais-je encore) pour provoquer l’hystérie des masses arabo musulmanes, les faire chauffer à blanc, les faire «perdre le nord», les faire détourner des vrais enjeux et défis auxquels elles sont confrontées. Ainsi embourbées dans les tourments de la vie quotidienne, elles n’auront guère ni le temps, ni l’énergie, et encore moins l’imagination pour rattraper le temps perdu et mettre les jalons pour un avenir meilleur. C’était ça leur objectif inavoué. Ils étaient les seuls gagnants dans ce marché de dupes et devaient se frotter les mains et jubiler de joie en pensant qu’à peu de frais, ils pouvaient déstabiliser un ensemble de pays cible, compromettre leur marche vers le progrès économique et social, polluer les relations d’amitié et de coopération que ces derniers ont établies avec les autres nations. Le bilan est donc lourd tant en interne qu’en externe. C’est pourquoi, il ne faut pas s’étonner qu’ils n’hésiteront pas à poursuivre, sous couvert de la liberté d’expression, leur basse besogne aussi longtemps que les sociétés arabo musulmanes continueront à réagir et à se comporter de la sorte. La spécificité tunisienne au-dessus de la diversité culturelle Il est vrai que la meilleure façon de se prémunir de ces énergumènes sans foi ni loi, de ces pêcheurs en eau trouble est de les ignorer, de faire comme s’ils n’existaient pas, d’être indifférents à leurs productions soi-disant artistiques, littéraires ou autres. Aussi tomberont-elles d’elles-mêmes dans l’oubli, dans la poubelle de l’histoire. Mais cela suppose un certain niveau d’éducation, de culture, une grande faculté de discernement. Cela suppose aussi une foi inébranlable dans notre religion que rien ne puisse en altérer les fondements et que l’image qu'elle renvoie ne dépend que de nous, de nos comportements envers nous-mêmes et de nos relations avec les autres. Comme cela suppose également un attachement sans faille à la Tunisie et à sa spécificité, lequel doit transcender notre diversité culturelle, économique et sociale. A l’ère du village planétaire où chaque pays essaie de verrouiller ses frontières, nous n’avons que notre petite Tunisie, aux ressources limitées, faisons en sorte pour que les Tunisiens ne cherchent plus à fuir leur pays, souvent au risque de leur vie, en quête d’un emploi pour certains et d’un environnement socioprofessionnel meilleur pour d’autres. Certes, il existe une minorité de fanatiques religieux n’excédant guère 1% qui s’arrogent le droit d’être les défenseurs de l’islam et qu’en son nom, ils peuvent se permettre de transgresser la loi, de s’approprier l’espace public et certaines mosquées, de chercher à imposer un modèle de société venu d’ailleurs, si besoin par la violence. Profitant du souffle de liberté apporté par la révolution, leur dernier forfait était l’attaque de l’ambassade américaine. Fallait-il arriver jusque là pour que le gouvernement, semble-t-il, se ressaisisse, se rende compte de l’ampleur des dégâts commis et prennent à l’encontre des agresseurs les mesures qui s’imposent? Il faut espérer dans l’inespéré qu’«il vaut mieux tard que jamais».

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