mercredi , 7 décembre 2022
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La Kasbah, réinvestie à nouveau par les manifestants

 

Ils étaient plusieurs centaines positionnés ce dimanche matin place de la Kasbah face à des militaires qui surveillaient bien la place du gouvernement, restée protégée depuis la fin en queue de poisson du dernier sit-in le vendredi 28 janvier 2011. Vers midi, ils sont rejoints par des milliers d’autres qui se sont rassemblés au centre ville et ont remonté à pied par Bab El Jazira et Bab El Jedid. Parmi les slogans, on peut lire « Pour un conseil de protection de la révolution », « dissolution du parlement et de la chambre des conseillers », « recomposition de la commission nationale d'investigation sur les affaires de corruption et de malversation », « reprise des procédures de dissolution du RCD », « suspension de la constitution », etc.

 

 

La manifestation est pacifique et s’intensifie toujours plus, finissant par forcer l’entrée à la place du gouvernement. Les militaires auront bien essayé de faire reculer la foule par des coups de feu à l’air, mais la colère et la détermination des manifestants étaient grandes.

 

 

Les informations sur l’état de la situation sont relayées minute par minute sur facebook. Le nombre de manifestants a faibli en soirée mais ils promettent de revenir. En outre, des participants au sit-in précédent seraient en route pour Tunis. Plusieurs télévisions étaient là pour couvrir les manifestations mais la plupart étaient anonymes. L’équipe de la télévision nationale a, néanmoins, été prise à parti et empêchée de travailler. 

 

Création de la Commission Nationale d’Investigation sur la Corruption et la Malversation

Publication du décret-loi n°2011-7 du 18 février 2011 portant création de la Commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation. Cette commission est chargée d’enquêter sur les crimes économiques et les cas de corruption et de malversation. Composée principalement de juristes, de spécialistes en finance, en audit et au …

Création d’une sous-commission pour la réforme de la justice au sein de l’ISROR

Une sous-commission chargée de la réforme de la justice est créée au sein de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution pour la réforme politique et la transition démocratique (ISROR). L’objectif de cette sous-commission, présidée par Mohamed Salah Ben Aissa est de préparer un programme de réformes …

Création du Conseil National pour la Sauvegarde de la Révolution

Une nouvelle entité politique est créée à l’initiative du Front du 14 janvier et appelée Conseil pour la Protection de la Révolution. Son président est le bâtonnier, Abderrazek Kilani. Le Front du 14 janvier est composé de partis politiques et d’une trentaine d’organisations de la appartenant à la société civile. …

Transition politique : La Chambre des députés vote «son écartement du pouvoir»

 

La séance plénière organisée hier par la Chambre des députés a voté une délégation quasi absolue  au Président de République par intérim, M. Foued Mebazaâ, en matière législative.

 


Au vu des débats inédits, houleux à la limite, vécus hier à la Chambre des députés en marge de l’examen de la délégation exceptionnelle du pouvoir législatif au président intérimaire de la République, ressortent des interrogations évidentes sur la capacité de certains députés, longtemps figurants, de changer de bord et de rater une occasion exceptionnelle de se taire maintenant que s’est ouverte une ère de liberté en Tunisie.
Le débat a été ouvert par le premier vice-président de la Chambre des députés, M. Sahbi Karoui, qui a « salué la révolution de tout un peuple contre le despotisme et la corruption » et « mis l’accent sur le besoin de dépasser les appartenances partisanes et d’être en phase avec les exigences du paysage politique en Tunisie » pour permettre « une transition telle que souhaitée par le peuple dans sa révolution ».

 


Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a expliqué cette demande étendue de délégation exceptionnelle des pouvoirs en matière législative par « un impératif d’accélération des procédures législatives pour mettre en route les réformes démocratiques permettant de transformer le visage de la République ».

 


« Opposition » 
en force ! 

 


S’il est vrai que 16 députés, seulement, se sont opposés à la délégation des pouvoirs votée hier par la Chambre des députés au profit du Président par intérim de la République. Il n’empêche que les débats étaient très chauds, à la limite de l’agressivité. Khadija Mbaziaâ (PVP) et Raoudha Essaïbi (PSL) se sont emportées suite aux propos de Hichem El Bassi (RCD) qui demande « la dissolution de la Chambre et la mise en route d’une assemblée constituante tout en mettant en place des mécanismes de contrôle du gouvernement de transition ».

 


Mme Mbaziaâ reproche à M. El Bassi «son silence et celui des députés RCDistes pendant des décennies» et l’accuse « d’opportunisme et du désir de s’approprier une révolution qui n’est pas sienne».
Mme Essaïbi conteste « le hold-up opéré contre le Parti Social Libéral (PSL) ». Elle affirme que « le PSL a longtemps milité pour la liberté d’expression » et que «le parlement n’est pas partie prenante de la mafia ayant sévi dans le pays».

 


D’autres députés PSL (Khalifa Trabelsi, Boujemaâ Yahiaoui, Mohsen Khaldi, etc.) ont insisté sur les mêmes propos allant même jusqu’à contester « la crédibilité du Premier ministre qui a évoqué sa peur à l’image de tous les Tunisiens ». Ils ont rejeté « ce processus de quasi-dissolution du parlement » et de « manipulation de la révolution».

 


En symphonie avec la colère de Khadija Mbaziaâ, sa collègue Faten Charkaoui a contesté « cette tendance totalitariste prônant l’exclusion » et demandé de trouver « une issue constitutionnelle à ce blocage ». Elle a appelé à « sauvegarder la révolution ».

 


Il est à rappeler que le PVP et le PSL ont soutenu « la candidature de Zine El Abidine Ben Ali à la dernière élection présidentielle» et ont «récolté» respectivement six et huit sièges à la Chambre des députés.
Les réactions à la Chambre des députés traduisent leur « profond malaise» d’être qualifiés par les médias, enfin libres, d’opposition de décor.

 


Large majorité

 


La teneur tendue des débats et la chaleur des applaudissements, même des députés RCDistes, laissaient les observateurs perplexes quant à l’issue du vote sur la délégation des pouvoirs. Le RCD conserverait-il sa discipline de vote maintenant qu’il est quasi dissout ?

 


L’hémicycle était certes plein et l’opposition regroupée ne disposait que de 51 voix. Les deux députés d’Attajdid, éternels opposants aux projets de loi sous Ben Ali, sont aujourd’hui pour le gouvernement de transition. Tout dépendait de la discipline du RCD.

 


A la fin du vote, point de surprise. Seize députés ont voté contre le projet. Ils appartiennent essentiellement au PSL, au PVP et quelques députés de l’UDU. Deux députés se sont abstenus. 
La Chambre des députés a ainsi voté son « écartement du pouvoir législatif » en délégant ses compétences au Président de la République par intérim dans dix-sept domaines, soit une délégation quasi générale.
L’actuelle Chambre des députés a-t-elle fait hier ses adieux?

Tunisie: suspension du RCD de Ben Ali, dissolution en vue

 

Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé dimanche soir la "suspension" des activités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir sous le président Ben Ali, en prévision de sa dissolution, dans un communiqué lu à la télévision nationale.  

 

 

"Dans le souci de préserver l'intérêt suprême de la nation et d'éviter toute violation de la loi, le ministre de l'Intérieur a décidé de suspendre toutes les activités du RCD, d'interdire toutes réunions ou rassemblements organisés par ses membres et de fermer tous les locaux appartenant à ce parti ou gérés par lui", précise le communiqué.  

 

 

Le ministre Fahrat Rajhi a pris ces mesures "dans l'attente de présenter une demande officielle à la justice en vue de sa dissolution".