Mercredi , 21 février 2024

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Comment Hamadi Jebali a présenté son gouvernement

 

Pas moins de 140 membres de l’Assemblée nationale constituante sont inscrits au débat sur le discours programme du chef du gouvernement, Hamadi Jebali, qui doit s’ouvrir vendredi matin.

 

 

A raison de 3 minutes, généralement accordés à chaque intervenant, il va falloir compter pas moins de 7 heures. A ce rythme, et après le vote de confiance qui ne semble poser aucune difficulté, la prestation de serment des membres du gouvernement ne pourrait intervenir que samedi ou lundi et la passation officielle, lundi. Retour sur les coulisses de la présentation, jeudi après midi, du gouvernement.

 


C’est la première fois qu’ils se retrouvent tous ensemble, certains ne se connaissaient pas jusque-là. Avant de se présenter devant les constituants, jeudi après-midi, Hamadi Jebali a réuni les membres de son gouvernement, dans la salle de commission au Bardo. A 14H45, l’équipe n’était pas au complet. Aux ministres et secrétaires d’Etat se sont joints certains conseillers auprès du chef du gouvernement (avec rang de ministre, mais sans siéger en conseil des ministres), notamment Abdelfettah Mourou, Abou Yaareb Marzouki et Rafik Amara.

 

 

Dans le hall, les membres de l’Assemblée étaient heureux de se retrouver de nouveau au Bardo, après 9 jours de trêve. Depuis l’investiture du président de la République, mardi 13 décembre, ils avaient fait relâche et seule la commission chargée du projet du règlement intérieur s’était réunies. Les journalistes présents en grand nombre avaient pris d’assaut le hall pour interviewer les élus, souvent en direct pour les radios et télévisions. Plusieurs chaînes TV étrangères ont dépêché des équipes spéciales.

 

 


15H00 : Le premier ministre sortant, Béji Caïd Essebsi fait son entrée et sera introduit auprès du président de l’Assemblée, le Dr Ben Jaafar. Ils seront rapidement rejoints par le Premier ministre désigné, Hamadi Jebali.

 

 


15H10 : A peine ont-ils terminé leur première réunion que les nouveaux ministres sont assaillis par les journalistes. Abdelfettah Mourou, le plus connu, est le plus sollicité, mais aussi, Rafik Ben Abdessalem, Abdelwaheb Maater, Mohamed Abbou, et bien d’autres.

 

 


15H30 : La séance plénière commence. Chaque élu reçoit la liste des membres du gouvernement ainsi qu’une copie du discours programme de Jebali. Sur les bancs réservés au gouvernement, Caid Essebsi avait pris place au premier siège, avec à sa droite, son successeur Jebali, alors que les nouveaux membres du gouvernement étaient installés derrière eux, et d’autres, dans les bancs d’en face. Certains, membres de l’Assemblée, ont préféré rester à leur siège d’origine, c’est le cas de Noureddine Bhiri, Mohamed Abbou, Abdelawheb Maater et autres.Le ton solennel, le Dr Ben Jaafar ouvre la séance et prononce la phrase-clé: l’Assemblée compte, lorsque la confiance sera accordée au gouvernement, lui apporter son soutien, mais aussi exercer pleinement son rôle de contrôle.

 

 


15H40 : Hamadi Jebali prend la parole pour prononcer son discours qui lui prendra 30 minutes, ce qui est considéré comme raisonnable, les discours-programmes se prolongent souvent au delà d’une heure. Un à un, il énumère les 16 points-clés, après avoir rendu hommage aux martyrs, au président Mebazaa et le Premier ministre Essebsi, à l’Armée et aux forces de sécurité et à la Haute Instance Ben Achour. Studieusement, les élus suivent chaque phrase à partir de la copie du discours qui leur avait été remise.
Puis vient le moment attendu : la présentation des membres du gouvernement. Jebali commence à lire la liste, lorsqu’il est interpellé par des élus lui demandant d’inviter les ministres et secrétaires d’Etat à se lever à l'annonce de leur nom pour qu'ils soient identifiés.Ils obtempèrent et sont applaudis. Trois ministres manquent à l’appel : Hassine Dimassi, ministre des Finances, Abderrazak Kilani, ministre délégué chargé des relations avec l’Assemblée et Sihem Badi, ministre des Affaires de la Femme et de la Famille.

 

 


16H20 : Le Dr Ben Jaafar invite les élus qui souhaitent prendre la parole à s’inscrire sur la liste des intervenants, propose de suspendre la séance pour la reprendre vendredi matin.
Nouveau ministre des Finances, Hassine Dimassi qui n’avait pas été avisé de l’heure exacte de la séance plénière arrive en toute vitesse, confus. Il est reçu par le Dr Ben Jaafar et Jebali, puis rejoint les autres membres du gouvernement qui s’apprêtaient à partir. Juste pour le taquiner, Noureddine Bhiri qui le salue chaleureusement lui lance : « heureusement que vous êtes venu, on a failli vous faire remplacer ! ». La Chaine nationale le cueille tout frais et le passe en direct. Ouf ! La Tunisie a retrouvé son ministre des Finances.
 

Tunisie : Composition officielle du gouvernement de Hamadi Jebali

 

La composition du gouvernement a été présentée jeudi par Hamadi Jebali devant l’assemblée nationale constituante. La nouvelle équipe gouvernementale comprend 41 membres, soit 30 ministres et 11 secrétaires d’Etat. En voici la liste officielle : 

 



    • Chef du Gouvernement: Hamadi Jebali
   
    • Ministre de la Justice: Noureddine Bhiri    
    
    • Ministre de la Défense nationale: Abdelkrim Zbidi
 
   •  Ministre de l’Intérieur: Ali Laaridh
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur chargé de la Réforme: Said Mechichi
  
   • Ministre des Affaires Atrangères: Rafik Abdessalem
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé du Monde Arabe et de l’
Afrique: Abdallah Triki
   
• Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé des Affaires Européennes: Touhami Abdouli
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé de l’Amérique et de l’Asie: Hédi Ben Abbes
   
    • Ministre des Finances: Houcine Dimassi
 
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances: Slim Besbès
  
    • Ministre de l’industrie et du commerce: Mohamed Lamine Chakhari
   
    • Ministre délégué chargé du Commerce: Béchir Zaafouri
  
     • Ministre des Affaires Sociales: Khalil Ezzaouia
    
     • Secrétaire d’Etat à l’Immigration et aux Tunisiens à l’étranger:  Houcine Jaziri
   
     • Ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale: Riadh Bettaieb
   
     • Secrétaire d’Etat à la Coopération internationale: Aleya Bettaieb
    
     •  Ministre du Développement régional et de la Planification: Jameleddine Gharbi
    
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Développement régional chargé de la Planification: Lamine Doghri
  
     •  Ministre de l’Education: Abdellatif Abid
  
     •  Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique: Moncef Ben Salem
 
    •  Ministre de la Culture: Mehdi Mabrouk
  
    • Ministre de l’Agriculture: Mohamed Ben Salem
  
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture: Habib Jemli
    
   • Ministre de l’Environnement: Mamiya El Banna
   
   • Ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle, porte-parole officiel du Gouvernement: Samir Dilou
  
    • Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille: Sihem Badi
  
    •  Ministre de la Santé: Abdellatif Mekki
   
    • Ministre des Affaires Religieuses: Noureddine Khademi
   
    •  Ministre de l’Equipement: Mohamed Salmane
   
    • Secrétaire d’Etat à l’Habitat: Chahida Ben Fraj Bouraoui
   
    •  Ministre du Transport: Karim Harouni
   
    •   Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières: Slim Ben Hmidane
  
   •   Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle: Abdelwaheb Maatar
  
   •   Ministre des Technologies de l’Information et de la Communication: Mongi Marzouk
  
   •  Ministre de la Jeunesse et du Sport: Tarek Dhiab
  
   •  Secrétaire d’Etat à la Jeunesse: Hichem Ben Jamee
   
   •  Ministre du Tourisme: Elyes Fakhfakh
   
   • Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la relation avec l’Assemblée Constituante: Abderrazak Kilani
   
   •  Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé des dossiers économiques: Ridha Saïdi
   
   • Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la réforme administrative: Mohamed Abbou
 
     •   Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la Gouvernance et de la lutte contre la corruption: Abderahmane Ladgham

Moncef Marzouki, élu président de la république

 

L’Assemblée nationale constituante, réunie lundi après-midi en séance plénière a élu Moncef Marzouki, président de la république par 153 voix contre 44 votes blancs, 2 abstentions et deux voix contre pour un total de 202 votants. Conformément à l’article 10 de la loi constitutive portant organisation provisoire des pouvoirs publics, le vote s’est fait à bulletin secret. Sur les dix candidats qui s’étaient présentés, seul le Dr Marzouki, candidat de la troika, répondait  aux conditions requises alors que les autres n'avaient pas recueilli les 15 signatures nécessaires (pour 8 candidats) ni atteint l'âge minimum, 35 ans, pour le neuvième. L'opposition n'avait pas présenté de candidat et avait appelé à voter blanc qui consiste à déposer dans l'urne des bulletins blancs.

 

 

 Aussitôt les résultats du vote annoncés, il est félicité par les membres de son parti puis par ses partenaires de la coalition. On entonne en chœur l’hymne national puis le silence s’installe dans la salle. Emu, le nouveau président monte à la tribune et  fait une courte déclaration : « je perçois à travers ce vote, un message de soutien, mais un autre de mise en garde. Le premier émane de tous ceux qui m’ont accordé leurs voix et le second de ceux qui se sont abstenus, comme pour me signaler qu’ils seront vigilants, qu’ils vont me superviser en permanence lors de l’accomplissement de mon mandat, jugeant chacun de mes actes. Je tiens à les remercier et à leur dire que c’est cela la véritable démocratie et que leur message m’est bien parvenu». 

 

 

Il rejoint son bureau pour en ressortir quelques minutes plus tard, toujours sans cravate. il est assailli par les journalistes. C’est la grande  cohue. Le service  d’ordre essaie de lui frayer la voie. Devant une forêt de micros, il fait une courte déclaration : «Deux grands moments m’ont marqué au cours de ma vie, la naissance de mes deux filles, Nadia et Mariam et mon élection à la présidence de la république». A sa sortie, des you you fusent, couverts par un concert de Klaxons. Son escorte l’attend. Direction : Sousse où il réside toujours.     

 



Le nouveau président prêtera serment mardi dans la matinée au cours d'une séance plénière de l'ANC et prononcera un discours avant de se rendre en compagnie du président de l'Assemblée au palais de Carthage où aura lieu la cérémonie de passation de pouvoir. Auparavant, il devra présenter sa démission du CPR conformement à l'article 9 de la loi constitutive portant organisation provisoire des pouvoirs publics.

La loi sur l’organisation provisoire des pouvoirs publics, finalement, adoptée

 

Après cinq jours d’intenses débats, l'Assemblée constituante a adopté samedi soir vers minuit le projet de loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics dans sa version finale à la majorité de 141 voix contre 37 oppositions. 
 
Deux articles ont été ajoutés au texte de loi relative à l'immunité des élus de la Constituante et à la Banque centrale de Tunisie alors que la proposition de limiter le mandat de la Constituante a été rejetée.
 
La commission de l'organisation provisoire des pouvoirs publics a décidé de reporter l'examen de la question de l'autonomie administrative et financière de la Constituante compte tenu de son "aspect technique complexe", a indiqué le président de la commission ad-hoc Habib Kheder.
 
M. Ben Jaafar a souligné le caractère historique du texte de la loi constitutive portant organisation provisoire des pouvoirs publics adopté qui sera "un véritable point de départ pour amorcer l'édification d'une nouvelle Tunisie".

L’ANC met fin aux pouvoirs élargis du président de la République

L’Assemblée Constituante adopte le projet de loi constitutive portant sur l’organisation provisoire des pouvoirs publics. Le Chef du gouvernement hérite des pouvoirs publics attribués jusque là au Président de la République qui, par contre, conserve ses pouvoirs de commandant des forces armées, de nomination des hautes fonctions publiques et en …

Le cadre juridique de la transition : entre légalité constitutionnelle et légitimité révolutionnaire

Depuis la révolution du 14 janvier 2011, la Tunisie vit sous le signe de la transition. Comment s’y prendra le pays ? Quelle articulation réussira-t-il entre légitimité révolutionnaire et légalité constitutionnelle sachant d’une part que le dispositif constitutionnel légué depuis 1959 aété  inapte en l’état à encadrer le changement et que d’autre part la révolution populaire s’est faite sans  leadership politique capable de mener à terme le processus de transition démocratique. 

Les grandes ambitions de Lazhar Akrémi pour la sécurité intérieure

La police de papa n’en a plus pour longtemps. En tout cas, le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, chargé des réformes, M. Mohamed Lazhar Akrémi  y croit mordicus. Au cours d’un point de presse, tenu jeudi à la Kasbah, il a dévoilé  sa stratégie pour la mise à niveau des forces de sécurité intérieures, une stratégie tous azimuts à la mise au point de laquelle s'est attelée une commission composée d'experts en la matière et  dont ce secteur devrait sortir complètement transfiguré :