Jeudi , 23 janvier 2020
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L’indifférence de la Troïka ou la destruction passive de la Tunisie

Notre histoire récente renaît de ses cendres, la rue bourdonne et hurle face à la sourde oreille du prestigieux palais de Carthage et l’indifférence absolue des occupants de la Kasbah. La « deuxième révolution » est devenue la porte de salut choisie par plusieurs de nos concitoyens. J'ai eu la chance de discuter longuement avec les habitants de Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa et d'autres régions de l’intérieur et j’ai bien peur que le risque d'une révolte soit imminent. Les conditions dans ces régions ont empiré même par rapport à l'avant décembre 2010. La situation à Tunis et dans d'autres grandes villes n'en n'est pas moins critique. Pendant trois soirées successives, on a vu des salafistes armés de sabres et de bâtons s'attaquer à des événements culturels et publics dans les principales villes. Tout ça devant un gouvernement qui regarde et laisse faire, ce qui nous amène à penser qu'il est soit incapable de réagir, soit en train de nous occuper pendant qu'il nous mijote d'autres lois « révolutionnaires». La première hypothèse étant impossible puisqu'on nous a prouvé, il y a une semaine, que les forces de l'ordre ne sont pas juste capables de protéger les "biens du gouvernement" mais aussi apte à organiser une contre-offensive bien organisée à l'égard des citoyens en s'armant de bombes de gaz lacrymogène et de balles de caoutchouc comme ce fut le cas à Sidi Bouzid. Par cette inaction à l'égard de ces dernières manœuvres violentes des salafistes, le gouvernement a réalisé deux choses: Il encourage la branche radicale et violente des salafistes et envoie un signal au reste du peuple leur indiquant qu'ils ont le choix entre renoncer à leurs réclamations ou avoir un traitement violent. Plus longtemps la Troïka continuera à ignorer ces salafistes radicaux, plus forts et plus « audacieux » ils deviendront et feront naître le besoin de payer des agents de sécurité ou de former des groupes armés d'auto-défense. Quand on compare les deux périodes auxquelles l'indice d'insatisfaction (économique, social et politique) était le plus élevé (décembre 2010 et août 2012), nous constatons beaucoup de similitudes, mais aussi des différences marquantes. Ces similitudes sont celles qui mèneront à une révolte massive dans un futur proche et qui, cette fois-ci, sera bien plus violente et touchera toutes les catégories socio-économiques; mais qui risquera toutefois d’être rapidement et violemment réprimée par le gouvernement et ses milices. La réaction du gouvernement sera une contre-attaque violente à n'importe quelle personne ou groupe qui sera ainsi considéré "contre Dieu" ce qui encouragera davantage les islamistes radicaux à agir violemment. Si on autorise la violence à durer plus que 48h, on donne naissance à un mécanisme d'attaque-contre attaque, ceci ouvrira les portes à ce que plusieurs autres groupes, actuellement invisibles, émergent et participent au combat. On suppose que de tels groupes armés, et idéologiquement imprégnés, s'entraîneraient et prépareraient le début des combats comme un rendez-vous inévitable avec le destin. Les combats seront longs et violents. Quand on mélange des extrémistes religieux bien financés, des anciens de l’ex-RCD et de ses milices qui cherchent encore à déstabiliser le pays avec des centaines de milliers de citoyens marginalisés issus des classes pauvres et moyennes inférieures, une élite de la classe moyenne qui voit sont mode de vie en danger et un gouvernement incapable et refusant d'agir justement, Là on a de quoi faire inévitablement un mélange explosif, qu'on appelle plus communément guerre civile. Pour la première fois de leur histoire, les Tunisiens ont connu ce qu’on peut considérer comme étant une prise en otage chez soi. Ils sont les otages de tensions politiques et sociales et de radicalisation religieuse. La police, de son côté, ne veut pas ou ne peut pas intervenir par manque de directives claires ou d'inaptitude de la part du ministère de l'intérieur. Ce ne sera pas une surprise d'apprendre que des groupes de protection de quartiers se forment pour surveiller et protéger les habitants contre la "police salafiste" qui, elle-même, s’est auto-attribuée la mission de "nettoyer" les rues des bars servant de l'alcool et des femmes en tenues inacceptables comme l'a déclaré le fondateur du groupe, légalement autorisé, Adel Alimi. "Nous refusons tout spectacle qui peut heurter l'islam ou les Musulmans, tout spectacle qui s'oppose à la morale musulmane, surtout s'il est dans la rue ou dans des lieux publics " Une telle possibilité nous rappelle les débuts de l'après guerre en Irak, le Liban de la fin des années 70, le Niger et le Soudan. Ces pays ont été manipulés aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur comme le sont actuellement notre gouvernement et nos éléments radicaux. Peu importe que l'argent vienne de l'est ou de l'ouest, ce qui compte c'est que la Tunisie, telle que nous la connaissons; peinera à continuer à exister. Enfin, j'espère que ce scénario est juste une œuvre de mon imagination. Cependant, ceci doit être la préoccupation des leaders politiques, sociaux, intellectuels, économiques, des chefs religieux, des parents et des responsables d'éducation. Tous ces responsables et aussi les citoyens doivent centrer le débat sur la tolérance et l'acceptation de l'autre.

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Un élu sarthois agressé par des islamistes tunisiens

Ce conseiller régional socialiste a porté plainte après avoir été roué de coups à Bizerte, où des salafistes ont vivement protesté contre un festival culturel la semaine dernière. Un conseiller régional socialiste des Pays de la Loire a porté plainte après avoir été roué de coups à Bizerte (Tunisie) par des militants islamistes opposés à un festival culturel, a-t-il indiqué mercredi, une agression dénoncée par le président de la région, Jacques Auxiette (PS). Jamel Gharbi, 62 ans, élu régional PS dans la Sarthe depuis 2010 et chargé de mission à la ville du Mans, se promenait en compagnie de sa femme et de sa fille de 12 ans dans le quartier du port de Bizerte, ville dont il est originaire, dans la soirée de jeudi, quand il a été violemment pris à partie. «Nous avons croisé un groupe d’une cinquantaine de salafistes qui les ont agressées verbalement en raison de leurs vêtements d'été, qui n’avaient pourtant rien de choquant», a-t-il déclaré. Après avoir crié à ses proches de s’enfuir, il a vu les agresseurs se ruer sur lui et le «frapper à coups de matraques et de gourdins», a-t-il indiqué. «Personne ne m’a secouru. Je n’ai dû mon salut qu’au fait que j’ai réussi à m’enfuir. Si j'étais tombé à terre, ils m’auraient lynché». L’agression s’est déroulée le 16 août, en marge de la soirée de clôture du festival de Bizerte qui avait été ciblée, selon le ministère de l’Intérieur tunisien, par «environ 200 personnes affiliées au courant salafiste» et armées, selon des témoins, de sabres et de bâtons. Cinq autres blessés ont été recensés. Victime de nombreuses contusions et choqué, ainsi que ses proches, Jamel Gharbi, qui s’est vu prescrire 15 jours d’ITT (incapacité totale de travail), est rentré en urgence en France avec sa famille, après avoir porté plainte et avoir été pris en charge par l’ambassade de France. Le ministre des Affaires étrangères «Laurent Fabius m’a appelé pour me soutenir», a précisé Jamel Gharbi. Le président du conseil régional des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS), a dans un communiqué condamné «fermement cette agression violente et gratuite de la part d’une minorité d’activistes religieux». «En relation étroite avec le Quai d’Orsay et l’ambassade de France à Tunis (...), la collectivité régionale restera informée et attentive aux suites données à la plainte déposée par son élu», est-il souligné. Dans un communiqué, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë dénonce «un acte indigne et lâche, perpétré par une minorité extrémiste» et qui «porte atteinte aux valeurs de la Tunisie». «Le peuple tunisien, dont je connais l’attachement à la tolérance, à la démocratie, au pluralisme et aux droits de l’homme, constitue le meilleur rempart face à l’obscurantisme et à l’extrémisme», écrit-il, avant d’exprimer à Jamel Gharbi, sa «solidarité» et sa «profonde sympathie».

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Le ministère de l’Intérieur justifie l’usage du gaz lacrymogène lors du match ESS contre EST.

Mohamed Ali Aroui, porte-parole officiel de la direction de la sécurité nationale a justifié le recours au gaz lacrymogène lors des évènements survenus au stade Olympique de Sousse, samedi 18 août au cours du match comptant pour la ligue des champions entre l’Etoile Sportive du Sahel et l’Espérance Sportive de Tunis. Il s’agit, a-t-il dit, de disperser les supporters qui étaient complètement déchainés afin d’éviter la catastrophe citant l’exemple des évènements de Port-Saïd en Egypte, l’année dernière. Mohamed Ali Aroui a indiqué que 5 personnes impliquées dans des actes de violence ont été arrêtées, dimanche 19 août, en coordination avec le ministère public et que l’enquête est en cours afin de mettre la main sur les responsables de ce qui s’est passé. Selon le porte-parole de la sécurité nationale, 23 agents de sécurité ont été blessés, dont certains grièvement.

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Procès aujourd’hui de Nessma TV au Tribunal de première instance de Tunis

 


“Le procès de la chaîne TV Nessma démarrera, ce matin, au tribunal de première instance de Tunis. Pour rappel, l'affaire remonte au mois d'octobre 2011 après la diffusion du film d'animation franco-iranien "Persépolis" (2007) de la réalisatrice iranienne Marjane Satrapi, doublé, en dialecte tunisien et suivi d'un débat d'une heure trente sur l'intégrisme religieux. La projection de ce film, jugé "blasphématoire à l'égard de l'islam" a donné lieu à plusieurs plaintes déposées par des avocats et des citoyens. Voici un round-up historique et chronologique de l'affaire dite "Persépolis":

 

 -7 octobre 2011: diffusion du film sur la chaîne TV Nessma

 

 -9 octobre 2011: un groupe d'"extrémistes" a tenté, d'attaquer les bureaux de la chaîne dans le quartier de Montplaisir et à l'avenue Mohamed V à Tunis en signe de protestation contre la diffusion du film. Plusieurs partis politiques ont condamné l'attaque alors que d'autres ont critiqué la décision de la chaîne "survenue en une phase pré-électorale sensible (les élections du 23 octobre 2011).

 

 - 10 octobre 2011: le bureau du procureur de la République de Tunis a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire sur la diffusion, par la chaîne Nessma, du film "Persépolis".

 

- 10 octobre 2011: Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a fait part, dans un communiqué, de son rejet total de toute forme d'agression contre les établissements de presse et des menaces contre les journalistes. Evoquant la tentative d'agression contre les locaux de la chaîne de télévision "Nessma TV", le SNJT souligne son soutien au droit de protester et de manifester pacifiquement, loin de toute forme de violence et d'extrémisme.

 

- 10 octobre 2011: Réactions et positions divergentes des partis concernant la diffusion du film. Certains ont condamné les agressions violentes commises par des groupes de salafistes contre le siège de la chaîne TV Nessma dénonçant ces pratiques qu'ils ont qualifiés de "dangereuses et étrangères" à la société tunisienne, et qui menacent les valeurs démocratiques, réaffirmant leur solidarité avec la chaîne Nessma TV, afin qu'elle demeure une tribune de l'information libre. D'autres partis ont dénoncé, dans leurs communiqués, ces agressions, critiquant, toutefois, la diffusion par la chaîne "Nessma TV" du film "contenant des scènes qui personnifient Dieu", mettant en garde, dans ce sens, contre "ces comportements agressifs" de la chaîne qui ne servent pas le droit à la différence entre les courants politiques et de pensée, mais menacent la paix sociale et le processus de transition démocratique.

 

 - 11 octobre 2011 : Accusé "d'atteinte aux valeurs sacrées", M. Nabil Karoui, directeur de la chaîne, avait été la cible d'"attaques intenses" et de "critiques virulentes", sur le réseau social "Facebook", et avait présenté ses excuses au peuple tunisien pour la diffusion de la séquence controversée du film "Persepolis", tenant à préciser qu'il n'avait aucune intention de nuire aux musulmans à travers la projection de ce film.  

 

 - 11 octobre 2011: Le service d'information de l'ambassade d'Iran à Tunis a fait part de son étonnement face à la diffusion du film d'animation franco-iranien, intitulé "Persepolis", considérant ce film comme "hérétique", dès lors que son contenu est attentatoire aux axiomes religieux, de même qu'il donne une fausse image de la société iranienne. Dans un communiqué rendu public, le service d'information affirme avoir contacté des parties officielles pour interdire la diffusion du film et adressé une demande écrite aux responsables de la chaîne privée "Nessma Tv" les invitant à reconsidérer la décision de diffusion de ce film d'animation et à prendre en considération les croyances des téléspectateurs.

 

- 12 octobre 2011: Nabil Karoui avait comparu une première fois devant le procureur adjoint de la République chargé de la presse et de l'information , au tribunal de première instance de Tunis, pour audition au sujet de l'enquête ouverte à la demande d'un certain nombre d'avocats et de citoyens.

 

 - 15 octobre 2011 : Les patrons de presse dénoncent les violences contre Nessma TV  et l'attaque du domicile du PDG de Nessma.

 

 - 15 octobre 2011: La chaîne privée "Nessma TV", a appelé les autorités compétentes à garantir la protection nécessaire à son personnel, journalistes, techniciens et agents, afin qu'ils puissent accomplir leur mission médiatique dans les meilleures conditions.

 

- 17 novembre 2011: Premier procès au tribunal de première instance de Tunis de Nabil Karoui et deux de ses employés, le responsable du service de visionnage au sein de cette chaîne et la représentante de l'Association 'image et parole' qui a assuré le doublage du film en dialecte tunisien.. "Ce jour marque la mort réelle de la liberté d'expression en Tunisie" déclare Nabil Karoui avant d'entrer à la salle d'audience ajoutant "Cette affaire est une affaire politique et je vois en ce jour, la mort réelle de la liberté d'expression en Tunisie".

 

 - 17 novembre 2011 : Le tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter le procès de Nabil Karoui, directeur général de la chaîne privée Nessma Tv et deux de ses employés, au 23 janvier 2012.

 

 - 23 janvier 2012: Les médias interdits de couverture du procès de Nessma TV au palais de la justice à Tunis.

 

-23 janvier 2012: Le procès de l'affaire Nessma TV est reporté au 19 avril 2012 suite à la demande de la partie civile en vue de leur permettre de mieux préparer la défense. L'affaire est soumise de nouveau au procureur de la république et réexaminée, à la lumière du nouveau code de la presse  (décret-loi du 2 novembre 2011 relatif à la liberté de presse,  d'édition et de publication).”


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Assaut des salafistes à Bizerte à coups d’armes blanches : Plusieurs blessés

Ce soir du jeudi 16 août 2012, la Ligue tunisienne pour la Tolérance a organisé, en collaboration avec une dizaine d’autres associations, une manifestation à titre de soutien à la cause palestinienne à La Maison de jeunes de Bizerte. Mais une centaine de salafistes ont attaqué les participants, présents à l’événement, alors qu’ils collaient photos, et affiches. Motif de cet assaut, la présence de l’ex-détenu libanais dans les prisons israéliennes, Samir El Qantar, « qui n’a pas le droit de s’exprimer » selon les salafistes parce qu’il est pro-Bachar et contre la révolution syrienne… Bilan de cette « ghazoua » des salafistes ce soir à Bizerte, selon Slaheddine El Masri, président de la Ligue tunisienne pour la Tolérance, un certain nombre des membres desdites associations ont été, plus ou moins, grièvement blessés par des armes blanches : Mongi Tayachi, blessé à la tête à coups de « machette », est toujours sous surveillance à l’hôpital régional de Bizerte, Chokri Gharbi, quelques points de sutures et Khaled Bou Jemâa le visage amoché et tabassé. D’autres personnes « s’en sont sortis » avec des hématomes, Toujours selon Slaheddine El Masri, la police est intervenue, mais trop tard, après la fin des violences, malgré les appels au secours lancés par les organisateurs dès le début des affrontements.

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« Attahrir » joue l’intermédiaire pour libérer « notre frère » l’agresseur de Mourou

Le porte-parole officiel du parti Attahrir, Ridha Belhadj, a confirmé sa médiatision en vue d’obtenir la libération de l’agresseur de cheikh Abdelfattah Mourou et de convaincre la victime de retirer sa plainte cintre l’agresseur qu’il a qualifié de « notre frère ». Ridha Belhadj, cité par Achourouk, a dit : « Nous sollicitons la délivrance pour notre frère détenu. Nous l’assurons de notre sympathie bien qu’il ait fauté », ajoutant qu’il a déployé d’énormes efforts pour que Mourou abandonne les poursuites judiciaires, mais que celui-ci n’a pas retiré sa plainte. La famille de l’agresseur dont l’instruction de l’affaire est en cours, a présenté un dossier médical attestant que le prévenu souffre de troubles mentaux

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Sit-in jeudi à Sidi Bouzid pour la libération de Kaïs Bouazizi

Demain jeudi 16 août, les habitants de Sidi Bouzid vont observer un sit-in devant le poste de police en guise de soutien à Kaïs Bouazizi. Seul des 11 manifestants incarcérés à n’avoir pas été libéré. Après la grève générale de mardi et la pression de tout bord, les autorités ont fini par libérer les jeunes ayant manifesté contre les coupures répétées à Sidi Bouzid. Sauf Kaïs Bouazizi. Selon ses proches, le fait que Kais Bouazizi ne soit pas libéré est une honte pour le gouvernement. Car, ce jeune homme de 30 ans a longtemps milité sous Ben Ali et il était l’un des organisateurs de la Kasbah 1 et Kasbah 2. Il a aussi organisé la marche de Sidi Bouzid jusqu’à Tunis à pieds pour protester contre le gouvernement Caïd Essebsi. Selon certaines sources, Bouazizi a été arrêté (plutôt kidnappé) par des agents cagoulés, alors qu’il était au café avec ses camarades. Il aurait été accusé «d’un délit qu’il n’a pas commis et le juge a dit à ses proches que c’est le parti Ennahdha qui a porté plainte contre lui. Et pour sa libération, il faut négocier avec les membres de ce parti afin qu’ils retirent leur plainte».

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La police tire des balles en caoutchouc sur des manifestants

La police tunisienne a procédé à des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène à Sidi Bouzid (centre-ouest), berceau de la révolution de 2011, pour disperser une manifestation d’opposants. Une personne blessée par une balle en caoutchouc et quatre autres qui se sont senties mal en raison du gaz se sont rendues à l’hôpital, a indiqué le surveillant général de l’hôpital de Sidi Bouzid, Adel Dhaï, assurant que ces blessures n'étaient pas graves. Les forces de l’ordre ont commencé à tirer en l’air lorsque des manifestants, qui réclamaient la démission du gouvernement dirigé par les islamistes du parti Ennahda, ont cherché à pénétrer par la force dans le siège du gouvernorat (préfecture) de Sidi Bouzid, selon la même source. Les protestataires ont brisé le portail d’entrée du gouvernorat. Après les tirs, un mouvement de panique a débuté et la foule de manifestants s’est dispersée pour échapper au gaz lacrymogène. Les manifestants avaient scandé auparavant des slogans hostiles au gouvernement tels que «le peuple veut la chute de régime», «le peuple veut la chute du gouvernement», «non à l’hypocrisie, le travail est un droit». Plusieurs formations politiques d’opposition ont participé à cette manifestation comme le parti républicain, le parti des Travailleurs tunisiens, Al-Watan (la nation) ainsi que des indépendants. «Les revendications du peuple relatives à l’amélioration de sa situation sociale deviennent de plus en plus insistantes mais malheureusement le gouvernement n’est pas au service de ce peuple», a déploré à l’AFP Mohamed Ghadri, membre du parti républicain. Fin juillet, la police avait dispersé de la même manière des dizaines de manifestants qui avaient attaqué le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, y jetant des pneus enflammés, pour protester contre des retards de versement de salaires. Les revendications sociales, notamment en raison du fort chômage des jeunes et de la pauvreté, étaient au coeur des causes de la révolution. Les lenteurs de l’amélioration des conditions économiques et sociales ont entraîné des nouvelles tensions dans le pays. Régulièrement des grèves et action de protestation interviennent et la police intervient pour les disperser. Sidi Bouzid est le berceau de la révolte en Tunisie, qui a abouti le 14 janvier 2011 à la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage. Son point de départ avait été la mort le 17 décembre 2010 de Mohamed Bouazizi, 26 ans, un vendeur ambulant qui s’est immolé par le feu pour protester contre les multiples saisies musclées par la police des denrées qu’il vendait sans permis pour faire vivre les siens.

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Affaire El Abdellia : l’huissier Bouazizi bénéficie de la liberté provisoire

 

La chambre correctionnelle du tribunal de Carthage a décidé hier d’accorder la liberté provisoire à l’huissier de justice, Mohamed Ali Bouazizi, poursuivi par le conseil de l’ordre des huissiers pour violation du secret professionnel. Dans son audition par le juge, Mohamed Ali Bouazizi a déclaré que le jour des faits, il a constaté un amas de déchets devant le Palais d’El Abdellia à la Marsa. En sa qualité de responsable politique dans la région, sans préciser en quoi consiste cette responsabilité, il a demandé au gardien du Palais d’enlever ces déchets. Mais une fois sur les lieux, il a remarqué l’exposition des tableaux de peinture portant atteinte à la sacralité religieuse. Il en a pris des photos puis s’est adressé à des prieurs dans une mosquée à la Marsa où il leur a montré les photos. Ces derniers accompagnés de l’huissier de justice se sont dirigés vers le Palais d’El Abdellia, décidés à sommer les organisateurs d’enlever les tableaux incriminés. Son récit s’arrête à ce stade en concluant qu’il n’a fait qu’exprimer une opinion à travers l’appel à un rassemblement pacifique pour protester contre les atteintes à la divinité et au prophète.

 

 

Comparant devant le tribunal, il n’a pu expliquer en quoi consiste exactement sa responsabilité politique l’autorisant à intervenir pour la propreté de la ville. Sur Facebook, des internautes affirment que du temps de Ben Ali, il était au sein du RCD. Mais sur la chaîne Hannibal TV, il a indiqué qu’il était dans le Mouvement des Démocrates Sociaux (MDS). Or, qu’il s’agisse du parti au pourvoir ou d’un parti de décor, les Tunisiens savent pertinemment que les deux étaient au service de la dictature et que les adhérents à ces partis n’avaient d’engagement que pour Ben Ali et son régime totalitaire. Si la qualité de responsable politique dont il s’est prévalu s’attache à son appartenance au Parti dissout ou à son antichambre précitée, ceci en dit long sur les mobiles et les intentions qui sont derrière son initiative.

 

 

Cette initiative, justement, a entraîné dans plusieurs régions une vague de violence sans précédent depuis la révolution du 14 janvier, ayant nécessité une réaction énergique de la part des autorités qui ont procédé à l’arrestation de plusieurs salafistes parmi les auteurs de ces troubles, dont des délinquants et des repris de justice. Bon nombre d’entre eux ont été toutefois relâchés.

 

 

Quant à Mohamed Ali Bouazizi dont le geste a été à l’origine de tous les dérapages, le seul fait qui lui a été reproché est de ne pas avoir respecté le secret professionnel en divulguant l’objet du constat et de la sommation qui lui ont été requis. L’action a été déclenchée par le conseil de l’ordre devant le tribunal cantonal de Carthage qui dans son audience d’hier a relevé, outre le vice inhérent à la violation du secret professionnel, l’accomplissement d’un acte de procédure pendant un jour férié. En effet, selon le code de la procédure civile et commerciale, il est interdit à l’huissier de justice d’intervenir en dehors des jours ouvrables sauf s’il est de permanence.

 

 

Concédant à la demande de la défense, le tribunal a accordé au prévenu la liberté provisoire sous les conditions d’usage. Parmi ces conditions, il ne doit pas quitter la Tunisie et doit être en mesure de comparaître aux prochaines audiences et de se soumettre aux décisions du tribunal. Contrairement à ce qui a circulé sur certains médias, l’octroi de la liberté provisoire ne vaut pas un non-lieu.

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Les propositions de l’UGTT au gouvernement pour sortir de la crise politique actuelle

 

L’UGTT a présenté lundi 18 juin 2012 son initiative nationale pour atteindre les objectifs de la révolution. La centrale syndicale tient à participer à trouver des solutions face aux difficultés économiques, sociales et sécuritaires que vit la Tunisie en l’absence de dialogue entre les différents intervenants et d’un cadre adéquat pour ce dialogue. 

 

L’UGTT invite toutes les parties, gouvernement, partis, associations et organisations à un congrès national pour un dialogue qui confirme les principes généraux et ne supporte aucun tiraillement. 

 

Parmi ces principes, l’attachement à l’Etat civil, au régime républicain, au respect des droits de l’Homme, à la garantie des libertés publiques et individuelles, à la justice, à la lutte contre la violence… 

 

L’UGTT insiste sur le respect de la neutralité de l’administration, des mosquées, des entreprises, de l’Education et de l’Enseignement supérieur et de leur abstention de toute activité partisane. Elle appelle à créer un mécanisme chargé de contrôler cela. 

 

L’UGTT appelle au consensus à propos de : - dossier des blessés de la révolution et les familles des martyrs ; - dossier de l’emploi et du recrutement des chômeurs ; - l’agenda précis pour l’élaboration de la Constitution ; - la date précise des élections ; - la composition de l’ISIE de telle sorte qu’elle soit neutre et indépendante; - le code électoral ; - la composition de l’Instance supérieure indépendante de l’Information ; - la composition de l’Instance supérieure provisoire de la magistrature ; - la composition de l’instance chargée de lutter contre la corruption ; - les nominations dans les administrations ; - l’attribution des hautes fonctions de telle sorte que la neutralité soit préservée ; - la réforme urgente du système bancaire de telle sorte qu’il puisse encourager l’investissement et la création d’emplois ; - la réforme du système de sécurité de telle sorte que la sûreté républicaine soit garantie et la révision des conditions sociale des forces de l’ordre. 

 

L’UGTT insiste sur le fait que le dialogue autour de ces sujets, l’unité nationale et le consensus sont indispensables en cette deuxième période transitoire. Elle propose, dans cette optique, de créer un Conseil national du dialogue qui se réunit périodiquement et se charge, le cas échéant, d’arbitrer les litiges et de trouver le consensus. 

 

L’UGTT insiste que cette initiative n’est qu’une proposition et que la décision revient aux autorités constitutionnelles et législatives. 

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