Mercredi , 3 mars 2021
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Comment Hamadi Jebali a présenté son gouvernement

 

Pas moins de 140 membres de l’Assemblée nationale constituante sont inscrits au débat sur le discours programme du chef du gouvernement, Hamadi Jebali, qui doit s’ouvrir vendredi matin.

 

 

A raison de 3 minutes, généralement accordés à chaque intervenant, il va falloir compter pas moins de 7 heures. A ce rythme, et après le vote de confiance qui ne semble poser aucune difficulté, la prestation de serment des membres du gouvernement ne pourrait intervenir que samedi ou lundi et la passation officielle, lundi. Retour sur les coulisses de la présentation, jeudi après midi, du gouvernement.

 


C’est la première fois qu’ils se retrouvent tous ensemble, certains ne se connaissaient pas jusque-là. Avant de se présenter devant les constituants, jeudi après-midi, Hamadi Jebali a réuni les membres de son gouvernement, dans la salle de commission au Bardo. A 14H45, l’équipe n’était pas au complet. Aux ministres et secrétaires d’Etat se sont joints certains conseillers auprès du chef du gouvernement (avec rang de ministre, mais sans siéger en conseil des ministres), notamment Abdelfettah Mourou, Abou Yaareb Marzouki et Rafik Amara.

 

 

Dans le hall, les membres de l’Assemblée étaient heureux de se retrouver de nouveau au Bardo, après 9 jours de trêve. Depuis l’investiture du président de la République, mardi 13 décembre, ils avaient fait relâche et seule la commission chargée du projet du règlement intérieur s’était réunies. Les journalistes présents en grand nombre avaient pris d’assaut le hall pour interviewer les élus, souvent en direct pour les radios et télévisions. Plusieurs chaînes TV étrangères ont dépêché des équipes spéciales.

 

 


15H00 : Le premier ministre sortant, Béji Caïd Essebsi fait son entrée et sera introduit auprès du président de l’Assemblée, le Dr Ben Jaafar. Ils seront rapidement rejoints par le Premier ministre désigné, Hamadi Jebali.

 

 


15H10 : A peine ont-ils terminé leur première réunion que les nouveaux ministres sont assaillis par les journalistes. Abdelfettah Mourou, le plus connu, est le plus sollicité, mais aussi, Rafik Ben Abdessalem, Abdelwaheb Maater, Mohamed Abbou, et bien d’autres.

 

 


15H30 : La séance plénière commence. Chaque élu reçoit la liste des membres du gouvernement ainsi qu’une copie du discours programme de Jebali. Sur les bancs réservés au gouvernement, Caid Essebsi avait pris place au premier siège, avec à sa droite, son successeur Jebali, alors que les nouveaux membres du gouvernement étaient installés derrière eux, et d’autres, dans les bancs d’en face. Certains, membres de l’Assemblée, ont préféré rester à leur siège d’origine, c’est le cas de Noureddine Bhiri, Mohamed Abbou, Abdelawheb Maater et autres.Le ton solennel, le Dr Ben Jaafar ouvre la séance et prononce la phrase-clé: l’Assemblée compte, lorsque la confiance sera accordée au gouvernement, lui apporter son soutien, mais aussi exercer pleinement son rôle de contrôle.

 

 


15H40 : Hamadi Jebali prend la parole pour prononcer son discours qui lui prendra 30 minutes, ce qui est considéré comme raisonnable, les discours-programmes se prolongent souvent au delà d’une heure. Un à un, il énumère les 16 points-clés, après avoir rendu hommage aux martyrs, au président Mebazaa et le Premier ministre Essebsi, à l’Armée et aux forces de sécurité et à la Haute Instance Ben Achour. Studieusement, les élus suivent chaque phrase à partir de la copie du discours qui leur avait été remise.
Puis vient le moment attendu : la présentation des membres du gouvernement. Jebali commence à lire la liste, lorsqu’il est interpellé par des élus lui demandant d’inviter les ministres et secrétaires d’Etat à se lever à l'annonce de leur nom pour qu'ils soient identifiés.Ils obtempèrent et sont applaudis. Trois ministres manquent à l’appel : Hassine Dimassi, ministre des Finances, Abderrazak Kilani, ministre délégué chargé des relations avec l’Assemblée et Sihem Badi, ministre des Affaires de la Femme et de la Famille.

 

 


16H20 : Le Dr Ben Jaafar invite les élus qui souhaitent prendre la parole à s’inscrire sur la liste des intervenants, propose de suspendre la séance pour la reprendre vendredi matin.
Nouveau ministre des Finances, Hassine Dimassi qui n’avait pas été avisé de l’heure exacte de la séance plénière arrive en toute vitesse, confus. Il est reçu par le Dr Ben Jaafar et Jebali, puis rejoint les autres membres du gouvernement qui s’apprêtaient à partir. Juste pour le taquiner, Noureddine Bhiri qui le salue chaleureusement lui lance : « heureusement que vous êtes venu, on a failli vous faire remplacer ! ». La Chaine nationale le cueille tout frais et le passe en direct. Ouf ! La Tunisie a retrouvé son ministre des Finances.
 

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Tunisie : Composition officielle du gouvernement de Hamadi Jebali

 

La composition du gouvernement a été présentée jeudi par Hamadi Jebali devant l’assemblée nationale constituante. La nouvelle équipe gouvernementale comprend 41 membres, soit 30 ministres et 11 secrétaires d’Etat. En voici la liste officielle : 

 



    • Chef du Gouvernement: Hamadi Jebali
   
    • Ministre de la Justice: Noureddine Bhiri    
    
    • Ministre de la Défense nationale: Abdelkrim Zbidi
 
   •  Ministre de l’Intérieur: Ali Laaridh
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur chargé de la Réforme: Said Mechichi
  
   • Ministre des Affaires Atrangères: Rafik Abdessalem
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé du Monde Arabe et de l’
Afrique: Abdallah Triki
   
• Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé des Affaires Européennes: Touhami Abdouli
  
   • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé de l’Amérique et de l’Asie: Hédi Ben Abbes
   
    • Ministre des Finances: Houcine Dimassi
 
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances: Slim Besbès
  
    • Ministre de l’industrie et du commerce: Mohamed Lamine Chakhari
   
    • Ministre délégué chargé du Commerce: Béchir Zaafouri
  
     • Ministre des Affaires Sociales: Khalil Ezzaouia
    
     • Secrétaire d’Etat à l’Immigration et aux Tunisiens à l’étranger:  Houcine Jaziri
   
     • Ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale: Riadh Bettaieb
   
     • Secrétaire d’Etat à la Coopération internationale: Aleya Bettaieb
    
     •  Ministre du Développement régional et de la Planification: Jameleddine Gharbi
    
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Développement régional chargé de la Planification: Lamine Doghri
  
     •  Ministre de l’Education: Abdellatif Abid
  
     •  Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique: Moncef Ben Salem
 
    •  Ministre de la Culture: Mehdi Mabrouk
  
    • Ministre de l’Agriculture: Mohamed Ben Salem
  
    • Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture: Habib Jemli
    
   • Ministre de l’Environnement: Mamiya El Banna
   
   • Ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle, porte-parole officiel du Gouvernement: Samir Dilou
  
    • Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille: Sihem Badi
  
    •  Ministre de la Santé: Abdellatif Mekki
   
    • Ministre des Affaires Religieuses: Noureddine Khademi
   
    •  Ministre de l’Equipement: Mohamed Salmane
   
    • Secrétaire d’Etat à l’Habitat: Chahida Ben Fraj Bouraoui
   
    •  Ministre du Transport: Karim Harouni
   
    •   Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières: Slim Ben Hmidane
  
   •   Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle: Abdelwaheb Maatar
  
   •   Ministre des Technologies de l’Information et de la Communication: Mongi Marzouk
  
   •  Ministre de la Jeunesse et du Sport: Tarek Dhiab
  
   •  Secrétaire d’Etat à la Jeunesse: Hichem Ben Jamee
   
   •  Ministre du Tourisme: Elyes Fakhfakh
   
   • Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la relation avec l’Assemblée Constituante: Abderrazak Kilani
   
   •  Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé des dossiers économiques: Ridha Saïdi
   
   • Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la réforme administrative: Mohamed Abbou
 
     •   Ministre auprès du chef du Gouvernement chargé de la Gouvernance et de la lutte contre la corruption: Abderahmane Ladgham

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Le cadre juridique de la transition : entre légalité constitutionnelle et légitimité révolutionnaire

Depuis la révolution du 14 janvier 2011, la Tunisie vit sous le signe de la transition. Comment s’y prendra le pays ? Quelle articulation réussira-t-il entre légitimité révolutionnaire et légalité constitutionnelle sachant d’une part que le dispositif constitutionnel légué depuis 1959 aété  inapte en l’état à encadrer le changement et que d’autre part la révolution populaire s’est faite sans  leadership politique capable de mener à terme le processus de transition démocratique. 

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Après la publication du décret-loi : Ce que donne l’amnistie et ce qui reste à faire

Le décret-loi sur l’amnistie a été promulgué. Objectif : bénéficier des opportunités disponibles pour recouvrer les droits et la dignité bafoués. Jusqu’à présent, personne ne semble être en mesure de prédire le nombre de personnes concernées par cette amnistie. Certaines sources n’excluent pas la probabilité d’un nombre impressionnant de bénéficiaires 

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M. Mohamed Ghannouchi annonce sa démission du Gouvernement provisoire

 

M. Mohamed Ghannouchi a annoncé, dimanche, sa démission du poste de Premier ministre au sein du Gouvernement provisoire, appelant lesTunisiens à protéger la révolution populaire contre tous ceux qui cherchent à la faire échouer, et à faire face aux actes de violence et de pillage commis par ses ennemis. 

 

 

M. Mohamed Ghannouchi a affirmé qu'il a pris sa décision après mure et profonde réflexion et après de longues concertations avec les membres du Gouvernement, avec ses amis et avec sa famille.

 

 

Il a fait observer qu'il quitte le Gouvernement tout en ayant la conscience tranquille et que sa démission ne signifie nullement qu'il s'est délié de la responsabilité qu'il a assumée depuis le 14 janvier dernier, mais qu'elle procède plutôt de sa conviction qu'elle servira la Tunisie et qu'elle permettra de rétablir la sécurité en Tunisie.

 

 

Il a souligné qu'il refuse catégoriquement de prendre des décisions pouvant éventuellement occasionner des pertes en vies humaines et l'effusion de sang.

 

 

M. Ghannouchi a adressé des reproches aux médias tunisiens qui, de son point de vue, n'ont pas rapporté comme il se doit et avec le professionnalisme requis, les discours du Gouvernement, en ce sens qu'ils ont focalisé l'intérêt sur les mouvements protestataires qui revendiquent la démission du Gouvernement et du Premier ministre, et rapporté les échos des grèves socio-professionnelles.

 

 

Il a indiqué que les médias tunisiens n'ont fait aucune allusion aux acquis majeurs accomplis, en dépit de la courte durée de l'activité du Gouvernement et de la forte pression exercée sur son action, en l'occurrence, l'amnistie générale, le retour des expatriés, l'ouverture politique et les mesures décidées en vue de restituer les biens volés et la saisie des biens et avoirs du président déchu, de sa famille et de leurs proches.Il a insisté sur la nécessité de redoubler d'effort et de persévérance en vue de garantir un climat idoine pour les échéances politiques et électorales à venir et se préparer au mieux afin qu'elles se déroulent dans les meilleures conditions.

 

 

Concernant les évènements survenus en Tunisie le vendredi 14 janvier 2011, M. Ghannouchi a relevé qu'il a été informé des grandes manifestations de protestation qui ont eu lieu au niveau de l'avenue Habib Bourguiba, ainsi que de la proclamation de l'état d'urgence, de la dissolution du Gouvernement et de la décision l'habilitant à former un nouveau Gouvernement alors qu'il était dans son bureau.Il a rappelé, également, qu'il est resté dans son bureau jusqu'à 18H00 alors qu'il était en train de ramasser ses documents personnels pour quitter son bureau sans retour, au vu des circonstances et des dépassements que connaît la Tunisie qui l'ont empêchés de poursuivre son travail.

 

 

"Avant de quitter mon bureau, a-t-il indiqué, j'ai reçu une communication téléphonique du service de sécurité présidentielle me demandant, avec insistance, d'assumer la responsabilité historique, communication à laquelle je n'ai pas accordée d'importance". "J'ai ensuite reçu une deuxième communication téléphonique, m'alertant que dans le cas où je venais à décliner cette demande, un bain de sang aurait lieu car le président de la République a quitté la Tunisie et que des évènements d'une gravité extrême se déroulent en Tunisie.

 

 

Il a ajouté que "sans avoir informé ma famille et après avoir eu la confirmation du départ subite du président de la république, départ qui consistait en une véritable fuite et afin d'épargner les vies des Tunisiens et des Tunisiennes, j'ai décidé de rejoindre le palais de Carthage."Le Premier ministre démissionnaire a indiqué avoir contacter par téléphone le ministre de la Défense nationale avant son arrivée au palais de Carthage afin de l'informer des évènements survenus, précisant que "ce coup de téléphone l'a sauvé et a même sauvé la Tunisie d'un bain de sang".

 

 

Il a affirmé avoir trouvé au palais de Carthage MM. Foued Mebazaa et Abdallah Kallel qui lui avaient demandé d'assumer la responsabilité, compte tenu de la vacance provisoire au poste du président de la République, qui empêche de respecter les procédures ordinaires dans semblables circonstances.C'est ainsi, a-t-il précisé que s'est fait le recours à l'article 56 de la Constitution, le vendredi, puis le passage à l'article 57 de la constitution le samedi, après avoir adopté les procédures constitutionnelles requises en vertu desquelles M. Foued Mebazaa a assumé le poste de président de la République par intérim.

 

 

Il a fait remarquer que depuis cette date, il a assumé sa pleine et entière responsabilité et que la priorité absolue était de rétablir la sécurité et de mettre fin à tout ce qui est de nature à provoquer des pertes en vies humaines parmi les citoyens et à éviter de prendre des décisions à leur encontre "même aux dépens de nos vies".M. Ghannouchi a affirmé que suite aux opérations terroristes perpétrées, samedi, dimanche et lundi, et aux informations attestant l'existence de snipers dans certains quartiers et la réalisation d'opérations d'incendies, le Gouvernement provisoire a été formé en concertation avec toutes les parties y compris l'Union Générale Tunisienne du Travail, Gouvernement qui a suscité des critiques et provoqué un sit-in à la Kasbah.

 

 

Il a rappelé que le Gouvernement a répondu favorablement à cette revendication populaire, relevant que la composition du nouveau gouvernement a bénéficié du consensus de toutes les parties politiques et les composantes de la société civile.M. Ghannouchi a ajouté que le pays a rencontré, au début de l'action de ce nouveau Gouvernement provisoire, des difficultés, qui ont consisté tout d'abord en une dérive sécuritaire, rapidement surmontée, pour virer ensuite vers la dérive sociale, à travers les revendications incessantes de toutes les parties, "comme si la révolution de la dignité, révolution des chômeurs et des catégories démunies, est devenue la révolution des majorations salariales et de l'amélioration des conditions des parties avantagées", qui disposent de sources de revenus permanentes contre l'existence de 500 mille chômeurs, dont 150 mille diplômés du supérieur, ceci outre les régions de l'intérieur qui n'ont pas connu de développement adapté à leurs potentialités humaines et naturelles.

 

 

M. Mohamed Ghannouchi, a poursuivi en déclarant: "ceci a été le premier test pour le Gouvernement et nous avons veillé à traiter cette question en toute sagesse et en adoptant la politique de dialogue avec l'organisation syndicale qui nous a aidé, à maintes occasions, à calmer les ardeurs, à pousser les travailleurs à se remettre au travail et à nous permettre de se consacrer à la priorité absolue qui consiste en la préparation de l'organisation des élections, ce qui exige l'adoption de réformes politiques, notamment, au niveau du code électoral et de l'instauration d'un climat de sérénité et de sécurité, outre, le fait de donner de l'espoir à toutes les personnes démunies qui vivent sous le seuil de la pauvreté et qui représentent environ 200 mille familles, dont 125 mille ont déjà bénéficié jusqu'à la fin de 2010 des interventions de l'Etat.'

 

 

M. Ghannouchi a, également, déclaré 'j'ai toujours affirmé que nous ne disposons pas d'une baguette magique pour changer les accumulations des 23 années écoulées en seulement quelques semaines. Nous n'avons pas de ressources naturelles ni de soutien extérieur pour changer la situation."

 

 

Toutefois, nous avons examiné avec beaucoup de réalisme les différents dossiers afin que les services publics ne soient pas paralysés et ce, en dépit des difficultés et des manoeuvres de certaines parties qui tentaient et oeuvraient à entraver le bon déroulement de ces services pour installer l'insécurité et le doute quant aux perspectives ouvertes grâce à la révolution pour l'ensemble des tunisiennes et des tunisiens.

 

 

Ces manoeuvres, a-t-il indiqué, ont touché plusieurs volets dont notamment le domaine économique, dès lors que la perte de dizaines de milliers de postes d'emploi et la concrétisation des projets annoncés ne feraient qu'avorter la révolution.Il a, d'autre part, indiqué que : "la Tunisie est devenue un pays libre et l'information est aujourd'hui libre', et que le tunisien n'a pas peur de s'exprimer, ajoutant en substance: 'Néanmoins, la démocratie n'est pas encore réalisée, dès lors qu'elle exige une série de mesures, de procédures, de règles et de devoirs qui doivent être consacrés'. Il a précisé qu'un tel objectif ne peut être atteint qu'après l'organisation des élections et la remise du flambeau au nouveau Gouvernement qui sera constitué à l'issue de ces élections.

 

 

Il a affirmé que la période du Gouvernement provisoire a été longue, en ce sens que chaque heure a été marquée par de nouveaux évènements, et courte, dès lors que le Gouvernement provisoire a engagé ses travaux depuis seulement 50 jours et qu'il exerce ses activités dans un climat d'instabilité, au vu des milliers de personnes qui affluaient sur les ministères et des revendications immédiates et excessives d'accès à l'emploi et d'amélioration des conditions "comme si des forces invisibles cherchaient à avorter cette expérience remarquable et cette révolution calme déclenchée par les jeunes grâce aux technologies de communication, et qui a fait plus de 200 martyrs et victimes dans différentes contrées du pays".

 

 

En dépit de l'instabilité, des difficultés et du désordre dans nombre de domaines, le Gouvernement est parvenu en un laps de temps relativement court à concrétiser plusieurs revendications de la collectivité nationale, à l'instar de la libération de tous les prisonniers politiques, du retour de tous les exilés, de l'institution de l'amnistie générale et du recouvrement des droits politiques et civils, dans le souci d'ouvrir une nouvelle page dans le cadre de la réconciliation nationale.Il a rappelé que les obstacles et les restrictions ont été levés pour permettre à quiconque de constituer un parti politique, précisant que 40 demandes ont obtenu les récépissés préliminaires.

 

 

Aussi, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme, qui a depuis toujours, connu des obstacles, a-t-elle recouvré ses droits et qu'elle oeuvre en toute liberté dans le cadre d'un nouveau climat de liberté.Pour ce qui est des affaires de corruption, de malversation et d'enrichissement illégal, M. Ghannouchi a affirmé que des administrateurs judiciaires ou des séquestres judiciaires ont été nommés à la tête de toutes les entreprises appartenant aux proches du président déchu afin que le personnel de ces établissements ne perd pas ses sources de revenu.Il a été également procédé au gel de leurs comptes bancaires en Tunisie ainsi que de leurs biens à l'étranger, en émettant des demandes officielles auprès des pays concernés à ce sujet, outre l'adoption d'un décret-loi portant saisie des biens et avoirs appartenant à la famille du président déchu et à ses proches, soulignant que la justice se prononcera sur ces différents dépassements.Il a fait observer que des commissions rogatoires ont été émises au sujet de plusieurs personnes qui ont fui le pays et qu'il a été procédé à la confirmation des accusations qui leur ont été adressées, dont notamment, l'homicide volontaire, l'incitation au meurtre et autres tel que la haute trahison.M. Ghannouchi a déclaré: 'malheureusement et malgré tous ces efforts, les mesures prises par le Gouvernement n'ont pas été véhiculées comme il se doit par certains médias', s'interrogeant sur les raisons de la focalisation sur la déchéance du gouvernement, comme si c'était le principal objectif de la révolution, indiquant "pourquoi cette focalisation sur le premier ministre ?

 

 

Son départ est-il synonyme d'un règlement de ces problématiques? Pourquoi précisément en cette période ?S'agissant du sit-in de la Kasbah, le vendredi dernier, et des manifestations connues par l'avenue Habib Bourguiba àTunis, M. Ghannouchi a indiqué que des personnes à bord de voitures, non concernées par le sit-in de la Kasbah, se sont infiltrées parmi les manifestants ayant accompli des opérations de pillage, d'incendie, de terrorisme et de violence. Il a ajouté qu'une personne a été arrêtée à Kasserine avec en sa possession plus de 90 mille dinars, somme qu'il allait distribuer à tous les fauteurs de troubles.

 

 

Il s'est interrogé dans ce contexte: "Qui est derrière l'opération de l'avenue Habib Bourguiba et tout ce cycle de violence ?".En ce qui concerne la commission de réforme politique qui préparera les projets de loi, dont en particulier, le code électoral, M. Ghannouchi a affirmé que cette commission qui fait désormais l'unanimité s'est transformée en un comité supérieur de protection de la révolution, de réforme politique et de transition démocratique, et que le président de la république par intérim procédera lundi 28 février à la signature d'un décret-loi relatif à ce comité, afin de le doter du cadre juridique nécessaire pour lui permettre d'accomplir sa mission avec toute l'efficacité requise.Il a ajouté que le président de la république par intérim annoncera, à partir du début de la semaine prochaine, la feuille de route concernant les prochaines élections.

 

 

M. Ghannouchi a conclu sa conférence de presse en adressant ses remerciements à tous ceux qui ont soutenu le gouvernement durant la période post-révolutionnaire, et en déclarant: "Que Dieu préserve la Tunisie de tout malheur". 

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Limogeage de magistrats proches de l’ancien régime

Le gouvernement de Mohamed Ghannouchi publie un ensemble de décrets annonçant le limogeage de magistrats ayant collaboré avec l’ancien régime. Ces limogeages interviennent après l’occupation par les manifestants de la place de la Kasbah face au Siège du Gouvernement. Les manifestations connues sous le nom de « Kasbah I », …

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Comment Mohamed Ghannouchi a-t-il pu former le gouvernement de transition 2

 

Un dream team? Presque, âprement négocié, de part et d’autre, et avec nombre d’étoiles montantes qui illustrent la nouvelle Tunisie! «Ca n’a pas été facile du tout, révèle à Leaders, une source qui a suivi de près les tractations menées intensivement jusqu’à la dernière minutes pour pouvoir obtenir l’adhésion des différentes parties concernées, surtout l’UGTT, et former ainsi le gouvernement de transition dans sa deuxième version. Le Premier Ministre, M. Mohamed Ghannouchi a dû épuiser toute sa patience et plein d’arguments, ajoute-t-elle, pour aboutir aux équilibres souhaités par les uns et les autres. »(Lire la composition complète)

 

 

Prévue mardi au plus tard, la nouvelle composition a dû prendre beaucoup plus longtemps que prévu, pour ne se finaliser, aux forceps, que jeudi soir. A la Kasbah, les regards étaient tournés vers la Place Mohamed Ali, siège historique de l’UGTT, où se réunissait la Commission administrative devant donner son aval. Force sociale structurante, la centrale ouvrière pèse de tout son poids dans l’amorce de la transition démocratique qu’aborde la nouvelle Tunisie. Après le retrait de ses 3 représentants au sein du premier cabinet formé le 17 janvier, l’assentiment de l’UGTT s’est fortement imposé pour contribuer au déblocage général de la situation. Mais, d’autres partenaires aussi, étaient sur la ligne.

 

La grande innovation, c’est sans doute ce savant mélange entre personnalités dignes de faire partie d’une instance de salut public, et de jeunes talents, venus du secteur privé et de l’université qui ont déjà fait preuve à l’international, avec la garantie pour tous de l’intégrité et de l’abnégation. Aucun n’affiche une ambition personnelle, tous cherchent à servir. La symbolique est forte :

 

Départ de figures marquantes, à l’instar de Kamel Morjane, Mohamed Jegham, Ahmed Friaa, Ridha Grira, et Moncer Rouissi, ainsi que Ridha Chalghoum, Slaheddine Malouche, etc.

 

Remplacement de Moufida Tlatli, à la Culture, par Azeddine Bach Chaouach,  historien émérite qui avait quitté la Tunisie depuis longtemps pour travailler en tant que haut responsable au sein de l’Unesco à Paris, avant de vaquer à la recherche.

 

Arrivée de jeunes compétences, issues de la société civile, et plus précisément l’Atuge que les lecteurs de Leaders connaissent bien: Elyes JouiniMehdi Houas et Yassine Brahim, ainsi qu’un grand financier patron de banque au Maroc, Jalloul Ayed. Président du Directoire de BMCE Capital, directeur général de la BMCE elle-même, ancien président de l’American Chamber of Commerce de Casablanca, aprés avoir dirigé Citibank à Tunis et Casablanca, et grand musicien, il revient au pays pour présider aux destinées du ministère des Finances. "Le 25 november 2010, nous rappelle à juste titre, Maher Kallel, Jaloul Ayed présentait au théâtre de Tunis Le concerto des jasmins, aujourd'hui, il se présente dans la révolution du jasmin."

 

On l'attendait à la tête du ministère de lIntérieur et le voilà sur une autre ligne de front. Homme de dialogue social, auteur du pacte social dans les années 70, avant de démissionner du ministère des affaires sociales en décembre 1977,  prévoyant le carnage du 26 janvier 1978, Mohamed Ennaceur, a accepté de revenir, porté la confiance et le respect que lui voue l’UGTT mais aussi tous les partenaires sociaux et les forces démocratiques.

 

A la Santé publique, on retrouve le Pr Habiba Zéhi  Ben Rmdhane (épouse de Mahmoud Ben Romdhane, du Parti Ettajdid), spécialiste en médecine préventive.

Ancien dirigeant de l’UDU, Me Mokhtar Jalleli , originaire de Sidi Bouzidi et défenseur inlassable, ainsi que son épouse, Om Zied, des nobles causes, aura à s’occuper du monde rural, en prenant en main le Ministère de l'Agriculture et de l'Environnement.

Commentant cette composition, le Dr Saadeddine Zmerli, ancien président de la Ligue Tunisienne des Droits de Droits de l'Homme et ancien ministre de la Santé,  s'adresse au Premier Ministre, via Leaders en écrivant: "Si Mohamed, vous avez fait hier soir le 27 janvier 2011 votre meilleur discours en présentant. Le nouveau gouvernement transitoire, jeune ,varié, compétent et défini ses orientations avec conviction et sincérité. Oui, ensemble sauvons notre révolution populaire et démocratique."

M. Mohamed Ghannouchi, le dira en présentation de sa nouvelle équipe : elle est le fruit de concertations approfondies et intenses effectuées entre l'ensemble des parties politiques nationales et les différentes composantes de la société civile, et qui ont abouti à un consensus autour d'une nouvelle formation gouvernementale.

Il en ressort de cette nouvelle formation gouvernementale le maintien de neuf portefeuilles ministériels contre le renouvellement de 12 autres, par rapport à la composition précédente, affirmant que la détermination était grande pour que les ministres choisis soient compétents, expérimentés et capables de relever les défis et de gagner les paris qui se posent au pays.

Gouvernement de transition et provisoire, sa mission consiste à permettre au pays de réaliser la transition démocratique et à réunir les conditions nécessaires pour l'organisation de la prochaine présidentielle, qui offrira au peuple l'opportunité de s'exprimer en toute liberté et avec toutes les garanties afin que cette élection puisse refléter la volonté du peuple tunisien.

Il s’engage, comme l’a rappelé M. Ghannouchi, pour les prochaines élections, à travers les orientations décidées, à ce que cette échéance se déroule sous la supervision d'une commission indépendante et en présence d'observateurs internationaux, afin que le scrutin soit un scrutin transparent et crédible.

Le premier ministre a relevé que la principale mission du gouvernement transitoire demeure l'introduction des réformes politiques requises, sur la base de la participation de l'ensemble des parties du paysage politique et civil et des compétences aux travaux de la Commission supérieure de réforme politique.

Il a ajouté que l'objectif consiste à parvenir à introduire des réformes majeures et de qualité qui toucheraient les différentes législations régissant la vie publique, notamment le Code de la presse, le Code électoral, la loi relative à la lutte contre le terrorisme et la loi relative aux partis, afin de parvenir à une révision de l'ensemble des législations anti-démocratiques et d'élargir le cercle et les garanties de la liberté et du pluralisme.

Le premier ministre a relevé qu'il a été procédé, dans le cadre des concertations intenses, tenues en vue de constituer la nouvelle composition du gouvernement, à l'écoute des différentes visions et positions, de même qu'il y a eu recours à toutes les potentialités nationales connues pour leur crédibilité, leur expérience, leur compétence scientifique et leur rayonnement à l'échelle nationale et internationale.

M. Ghannouchi a exprimé, dans ce contexte, sa considération à toutes les personnalités et compétences qui ont répondu favorablement à l'appel de la patrie, et accepté de faire partie de la composition de ce gouvernement, en dépit de leurs engagements internationaux, avec pour seul objectif de servir la Tunisie et de promouvoir la Nation.

Partant d'une profonde prise de conscience du caractère difficile et délicat de la situation, le premier ministre a indiqué que le devoir commande, aujourd'hui, la conjugaison de tous les efforts et de toutes les énergies pour sauver le pays et assurer le retour à la normale dans les plus brefs délais, de manière à faire face aux répercussions des événements survenus durant la dernière période et à reprendre le rythme normal à tous les niveaux, notamment la reprise par les enfants de la Tunisie, parmi les élèves et les étudiants des cours, soulignant que le gouvernement est au service de tous les Tunisiens et de toutes les Tunisiennes ainsi que de l'intérêt de la patrie.

Il a insisté sur le rôle vital dévolu aux trois commissions nationales constituées récemment et qui ont déjà, a-t-il précisé, commencé leur travaux, dès lors qu'ils seront à la base de l'introduction de réformes radicales et profondes propres à permettre au pays d'engager une nouvelle étape, durant laquelle les libertés et la démocratie seront confortées, et les garanties des droits de l'Homme seront enracinés.

Le Premier ministre a mis en relief, à cet égard, la mission cruciale qui incombe, tout particulièrement, à la commission supérieure de réforme politique, qui comprend dans sa composition l'ensemble des sensibilités de la scène nationale, partis reconnus et non reconnus, organisations de la société civile et compétences, ce qui ne manquera pas de faire en sorte que les conclusions de ses travaux soient le couronnement du consensus de l'ensemble des Tunisiens et Tunisiennes, en cette étape décisive de la marche du pays.

M. Mohamed Ghannouchi a affirmé que la logique exige, actuellement, d'être sincère avec les Tunisiens en leur indiquant que la situation est très délicate, qu'il existe d'innombrables difficultés dans plusieurs domaines et que cette situation nécessite le retour de tous au travail et à la persévérance, faisant remarquer que le monde entier observe la révolution du peuple tunisien avec estime et considération et aspire à voir les Tunisiens se consacrer au travail pour relever les défis qui se posent.

Il a déclaré que la Tunisie et son peuple sont aujourd'hui au rendez-vous avec l'histoire et qu'ils sont tous appelés, à tous les niveaux, à s'acquitter convenablement de leurs missions, partant en cela du devoir de fidélité aux martyrs de la patrie, au premier rang desquels figure le regretté Mohamed Bouazizi, ce qui est de nature à hisser la Tunisie, dont les enfants aspirent à l'ériger en modèle pour un peuple qui exerce sa souveraineté dans la liberté et la démocratie.

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Première réunion du gouvernement d’union nationaleUn projet de loi portant amnistie générale

 

Un  deuil national de trois jours

 

• Rentrée scolaire et universitaire prévue au cours de la semaine prochaine• Restitution des biens mobiliers et immobiliers de l’Etat qui étaient à la disposition du RCD• Suppression de la police universitaire• Accélération de la mise en place des trois commissions nationales d’investigation

 

 M. Taïeb Baccouche, ministre de l'Education, a annoncé que le Conseil des ministres a pris un ensemble de décisions importantes visant notamment à décréter un deuil national de trois jours à la mémoire des martyrs des douloureux événements survenus, récemment, en Tunisie, et ce, à partir d’aujourd’hui, vendredi 21 janvier.

 

S'adressant, hier, à un auditoire de la presse nationale et internationale, à l'issue de la première réunion du gouvernement d'union nationale, M. Baccouche a mis l'accent sur la portée de l'allocution de M. Foued Mebazaâ, Président de la République par intérim, qui, a-t-il dit, a tenu à réaffirmer le caractère intérimaire du gouvernement et à définir sa mission qui consiste, notamment, à veiller à la reprise des activités de tous les services publics dans le pays et à la préparation de la prochaine élection présidentielle.

 

Au début de la réunion, a-t-il relevé, il a été procédé à la fixation de l'ordre du jour de la réunion du Conseil des ministres qui, après un débat riche et fécond, a abouti à un ensemble de décisions.Il s'agit notamment de :

 

- Approuver un projet de loi présenté par le ministre de la Justice portant amnistie générale. Le Conseil a, à cet égard, recommandé de soumettre ce projet de loi à l'examen du pouvoir législatif. - Accélérer la mise en place des trois commissions nationales décidées, dont la commission supérieure pour la réforme politique, la commission d'établissement des faits sur les dépassements commis durant la dernière période et la commission d'établissement des faits sur les affaires de malversation et de corruption.

M. Taïeb Baccouche a, dans ce contexte, précisé que les concertations relatives au parachèvement de la composition de ces commissions démarreront à partir d’aujourd’hui.

 

 

3- Après avoir écouté les exposés présentés par le ministre de l'Education et le ministre de l'Enseignement supérieur, le Conseil des ministres a décidé de confier à ces deux ministres la concrétisation de la décision relative à la rentrée scolaire et universitaire prévue au cours de la semaine prochaine, tout en veillant à ce que l'horaire scolaire soit adapté à l'horaire administratif.

 

- Dans le cadre des décisions relatives à la séparation entre l'Etat et le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le Conseil a recommandé de prendre toutes les dispositions pratiques nécessaires pour restituer les biens mobiliers et immobiliers de l'Etat qui étaient à la disposition des différentes structures du parti.

 

Dans ce contexte, M. Taïeb Baccouche a rappelé la démission, mercredi, de MM. Foued Mebazaâ, Président de la République par intérim, et Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, de leurs postes de responsabilité au sein du RCD, précisant que cette même décision a été prise, hier, par les membres du gouvernement issus de ce parti.

 

- Le Conseil a recommandé de prendre les dispositions nécessaires pour garantir le respect de l'inviolabilité des établissements universitaires, à travers la suppression de la police universitaire.

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