Lundi , 19 avril 2021

Archives du blog

Le début de la facture de l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis tombe à l’UTICA

Wided Bouchamoaui, présidente de l’Union Tunisienne de l’Industrie du Commerce et de l’Artisanat ( UTICA ), a déclaré lundi 24 septembre sur les ondes de Mosaïque FM que des rencontres qui étaient programmées par l’organisation patronale, avec des investisseurs étrangers ont été annulées suite aux derniers événements (NDLR : l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis du vendredi 14 septembre) que vient de vivre la Tunisie. Bouchamaoui a déploré que les deux principaux problèmes à savoir le chômage et le déséquilibre régional soient absents du débat public. L’UTICA avait mis en garde à l’issue de sa réunion du 18 septembre contre « la situation socio-économique fragile du pays », notant que « l’économie tunisienne fait face, aujourd’hui, à une dégradation du climat d’investissement et une aggravation des difficultés des entreprises ». L’organisation patronale a évoqué « les conséquences négatives des récents évènements survenus dans le pays, sur la confiance des investisseurs tunisiens et étrangers », mettant l’accent « sur l’importance d’accorder à l’économie nationale l’importance requise dans le débat national, afin de résoudre les vrais problèmes de la Tunisie (emploi, investissement, export, financement, éducation et formation) ».

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Hillary Clinton : « Les US sont prêts à soutenir la Tunisie pour combattre la violence et l’extrémisme »

Reçu à Washington par la secrétaire d’Etat américaine, aujourd’hui, vendredi 21 septembre 2012, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem a tenu à exprimer ses « condoléances suite au décès de l’ambassadeur américain à Benghazi (Libye) » et a « fermement condamné les attaques de l’ambassade et de l’école américaine, vendredi 14 septembre 2012 ». « Ces actes ne reflètent pas la réelle image de la démocratie naissante en Tunisie », a-t-il affirmé. « Nous sommes aujourd’hui en train de construire une nouvelle démocratie et de nous débarrasser des vestiges d’une dictature politique et avons la lourde responsabilité de réussir ce processus afin de renvoyer au monde le message positif que la démocratie est possible dans les pays du monde arabo-musulman ». Et d’ajouter « Nous déployons toutes les mesures nécessaires afin d’assurer la sécurité des missions diplomatiques en Tunisie et je suis convaincu que nous avons le devoir de réussir. La stabilité sécuritaire et politique représentant de véritables priorités pour nous ». La secrétaire d’Etat américaine, a tenu, quant à elle, à remercier le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement tunisien pour « les efforts déployés afin d’assurer la sécurité de l’ambassade US et l’école américaine, après les récents événements de violence » et a insisté sur « le devoir solennel de chaque gouvernement de défendre les missions diplomatiques sur son territoire, conformément à la convention de Vienne ». Elle a également affirmé que les Etats-Unis « travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement tunisien afin d’assurer la sécurité de ses missions diplomatiques et de faire en sorte que les responsables des récents actes de violences soient traduits devant la justice ». Hillary Clinton a également salué la révolution tunisienne ainsi que « les progrès réalisés par les Tunisiens en une très courte période ». « Les Tunisiens ont fourni des efforts et faits des sacrifies trop importants pour être compromis aujourd’hui par des extrémistes ». « Nous insistons sur la nécessité de poursuivre notre partenariat avec le gouvernement et le peuple tunisiens et nous nous tenons prêts à offrir notre aide aussi longtemps que le gouvernement tunisien œuvrera à combattre toute forme de violence et d’extrémisme ». « Il n’existe pas de plus importante priorité pour le président Obama et moi-même que la sécurité de nos concitoyens. Pour ce, nous prenons un certain nombre de mesures dans le monde afin d’assurer la sécurité de notre personnel diplomatique et nous travaillons en étroite collaborations avec les Etats hôtes ».

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Dispositif sécuritaire impressionnant autour de l’ambassade de France à Tunis

Un dispositif sécuritaire impressionnant est déployé ce matin à l’avenue Habib Bourguiba et à l’avenue de France, où se trouve le siège de l’Ambassade de France à Tunis, officiellement fermée aujourd’hui. Pratiquement tous les corps sécuritaires sont présents : les Brigades d’ordre public (Bop), l’armée nationale, des policiers en civil. Les agents sont bien équipés et prêts à en découdre avec d’éventuels manifestants qui transgresserait l’interdiction annoncée hier par le ministre de l’Intérieur Ali Lârayedh. De hauts gradés et de hauts responsables du ministère de l’Intérieur sont aussi sur le terrain. Des hélicoptères survolent le ciel de la capitale, guettant les mouvements de foules. Des agents lancent des mises en garde dans des haut-parleurs: «Toute manifestation est interdite. Les rassemblement seront dispersés» Des informations sur des projets marches qui sortiraient de certaines mosquées après la prière de vendredi sont parvenues aux autorités. Les protestataires viseraient le siège de l’ambassade de France. Ils voudraient protester contre la publication, mercredi, par l’hebdomadaire ‘‘Charlie Hebdo’’, de nouvelles caricatures du prophète Mohammed. Les autorités semblent cependant bien préparées et prête à empêcher des débordements comme ceux survenus vendredi lors de l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis par des groupes salafistes djihadistes.

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Une Française de Tunisie témoigne : Des hommes cagoulés rôdaient autour d’un lycée français

Un témoignage, recueilli par la chaîne de télévision Canal+, a été diffusé en direct hier soir, et dans lequel une Française résidant en Tunisie a rapporté que la fermeture des établissements scolaires était une très bonne décision au vu des indices inquiétants qui existent. Elle a affirmé que les Français de Tunisie ont, désormais, un sentiment d’insécurité et ce, pour la première fois et que ceci ne leur est pas arrivé même en pleine de révolution. Cette mère de famille, dont les enfants sont inscrits au lycée Pierre Mendes France à Tunis, a affirmé que depuis vendredi et samedi derniers, des gens cagoulés ont été aperçus rôdant autour du lycée. Elle a ajouté que le mardi, des trous dans les murs ont été constatés. Elle a affirmé que dès le mardi soir, l’établissement avait réclamé la sécurisation des lieux par les autorités, mais leur demande a été déclinée car l’établissement se trouve dans le centre-ville, donc impossible à sécuriser.

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Les Etats-Unis préfèrent protéger eux-mêmes leurs intérêts en Tunisie, selon le Wall Street Journal

Alors que il ya trois jours Hédi Ben Abbès, secrétaire d'Etat auprès du ministre tunisien des Affaires étrangères chargé de l'Asie et des Amériques, a démenti formellement le fait même de «suggérer l’idée selon laquelle des "Marines" sont en route vers la Tunisie qui est selon lui est très dangereuse car il s’agit là d’une question de souveraineté» (lire notre article à ce sujet), The Wall Street Journal révèle que «le département d’Etat américain est en train d’acheminer des véhicules blindés ainsi que d’autres équipements pour ses missions en Tunisie». Ces démarches font partie de l’effort visant à renforcer, dans les prochaines semaines, la sécurité dans le sillage des missions diplomatiques en Afrique du nord et au Moyen-Orient. La même source indique qu’un énorme avion-cargo, géré par la compagnie russe Volga-Dnper Airlines LLC, a quitté, mercredi 19 septembre 2012 Washington DC, vers Tunis.

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L’ambassade américaine fermée au public, pas de visas

Selon une note publiée sur le site de l'ambassade des Etats-Unis, la représentation diplomatique et les services consulaires américains en Tunisie sont fermés au public, l'ambassade ne fonctionnant qu'administrativement. Il n'est donc pas possible de demander de visa pour les Etats-Unis pour le moment, et ce, jusqu'à publication d'une nouvelle note sur le site de l'ambassade. Les informations se rapportant à la sécurité, et d'autes sujets, sont disponibles sur Internet.

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Incidents de l’ambassade américaine à Tunis : Quelles conséquences ?

Au moins deux conséquences possibles aux deux décisions des Etats-Unis d’Amérique d’évacuer une partie du personnel de son ambassade à Tunis et de déconseiller aux ressortissants américains de ne pas se rendre en Tunisie : altérer l’image de la Tunisie et ralentir la coopération tuniso-américaine. Analyse. Si l’on croit des informations dignes de foi, pas moins de quelque 120 employés de l’ambassade américaine à Tunis ont quitté, dimanche 16 septembre 2012, la Tunisie en direction des Etats-Unis d’Amérique. Des départs qui font évidement suite à la décision prise par les autorités américaines d’évacuer le personnel dit non essentiel de son ambassade à Tunis. Parallèlement à cela, le département d'Etat américain a déconseillé, le même jour, aux Américains de se rendre en Tunisie et au Soudan. Deux décisions qui pourraient avoir des conséquences sur les relations tuniso-américaines. Du moins dans les tous prochains jours. Les incidents se déroulant à l’heure où la campagne pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2012 semble avoir déjà commencé. Le candidat républicain, Mitt Romney, a commencé à donner de la voix en mettant en exergue un manque de fermeté du président (démocrate) Barak Obama concernant tous les débordements qui ont suivi l’introduction sur la toile d’extraits du film anti-islam de l’Israélo-américain Sam Bacile. Vu l’évolution des événements, nous pouvons, sans doute, affirmer que ces deux décisions, et sans jouer aux Cassandre, comporteraient, en cette période de crise, deux risques. Première conséquence évidente : ces décisions ne peuvent qu’altérer l’image de la Tunisie. Sans doute pas beaucoup aux USA où l’actualité tunisienne, hormis l’épisode des incidents survenus le vendredi 14 septembre à l’ambassade américaine à Tunis, ne feront pas longtemps la Une des médias américains. Mais surtout en Europe occidentale : le monde est un village. Il fallait suivre les journaux télévisés du week-end du 15 et 16 septembre en France, en Italie, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, etc. pour se rendre compte que les incidents de l’ambassade américaine ont été largement relayés. Quelquefois à force de reportage mettant en exergue le rôle d’une frange de la population (les salafistes) dans les actes de violence. « Un peu exagéré » Inutile de préciser que cet intérêt des médias n’est pas là pour encourager l’activité touristique et les investissements étrangers. L’insécurité est ce qui rebute le plus le touriste et l’investisseur. Et ce n’est pas un hasard si le ministre du tourisme, Elyès Fakhkaf, ait été le responsable à avoir réagi très rapidement. Il a estimé, lundi 17 septembre, sur les ondes de Radio France Internationale, "un peu exagérée" la décision de Washington d'évacuer son personnels non essentiel. Deuxième conséquence tout aussi évidente : un ralentissement de la coopération avec les Etats-Unis d’Amérique. Le « rétrécissement » du personnel de l’ambassade américaine ne pourrait que ralentir l’exécution de certains dossiers : opportunités d’affaires, programmes de coopération,.. Il est à craindre que ce seront les programmes en cours d’exécution qui souffriront le plus même si l’on comprend bien que l’administration centrale à Washington prendra les relais en la matière. Mais que d’occasion manquées pour tâter le terrain pour les nombreux opérateurs souhaitant faire avancer des dossiers : rien ne vaut le contact direct. Et que dire de ces opérateurs économiques et autres experts à qui l’on a conseillé de ne pas mettre le pied à Tunis. Devinez ces programmes déjà engagés et qui exigent des déplacements à Tunis qui pour juger du degré d’avancement d’un projet, qui pour établir une évaluation des besoins en matière de formation, qui pour la mise en marche de matériel, … et qui nécessitent l’intervention de citoyens américains. Et une question importante qui travaille nombre d’étudiants, chercheurs et évidement opérateurs économiques ou encore citoyens tunisiens qui souhaitent, pour une raison ou pour une autre, se rendre aux USA : va-t-on donner un tour de vis aux visas pour l’Amérique ? Le hasard a voulu –il faut insister sur ce point- que les événements qui ont suivi la diffusion d’extraits du film anti-islam aient eu lieu alors que les candidats démocrate et républicain pour l’élection présidentielle américaine qui aura lieu dans moins de deux moins (6 novembre 2012) ont commencé à fourbir leurs armes !

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Mission officielle de l’ONU sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme en Tunisie

Margaret Sekaggya, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme, sera en mission officielle en Tunisie du 26 septembre au 5 octobre 2012. Elle sera accompagnée par Reine Alapini-Gansou, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples. Lors de leur mission, les Rapporteuses spéciales rencontreront un certain nombre de représentants du gouvernement ainsi que des représentants de la société civile tunisienne et autres intervenant principaux dans le domaine de la défense des droits de l’Homme. Elles effectueront des visites de terrain quelques régions du pays. Leur visite sera clôturée par une conférence de presse afin de partager avec les médias tunisiens les constatations et résultats de leur mission. Rappelons que le mandat sur la situation des défenseurs des droits de l'Homme a été créé en 2000 par la Commission des droits de l'Homme (comme une procédure spéciale) pour soutenir la mise en œuvre de la Déclaration de 1998 sur les défenseurs des droits de l'Homme. Leur mission a pour objectif d’étudier de manière approfondie les tendances, les faits nouveaux et les problèmes liés à l’exercice du droit de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales en Tunisie; de recommander des stratégies concrètes et efficaces pour mieux protéger les défenseurs des droits de l’Homme ; et de solliciter, recevoir et examiner les informations concernant la situation et les droits de toute personne, agissant seule ou en association avec d’autres, de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales.

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Qui a attaqué l’ambassade américaine en Tunisie?

Au lendemain de l’attaque de l’ambassade américaine de Tunis, les liens entre le groupe salafiste Ansar Al-Chariâ et le parti Ennahdha au pouvoir en Tunisie se font de plus en plus apparents. Le vendredi 14 septembre 2012, immédiatement après la prière, une foule immense s’est dirigée vers l’ambassade des Etats-Unis sur les Berges du Lac de Tunis à l’appel du charismatique leader d’Ansar Al-Chariâ, Abou Iyadh Ettounsi alias Seifallah Ben Hassine. La présence de ce dernier sur les lieux fut confirmée par Ridha Belhaj, dirigeant du parti salafiste Hizb Ettahrir, peu après que les troupes d’Ansar Al-Chariâ ont saccagé et brûlé plusieurs bâtiments de la mission diplomatique face à des forces de l’ordre qui se sont illustrées par leur passivité. L’attaque de son ambassade a mené la diplomatie américaine à recommander à ses ressortissants et à ses entreprises d’évacuer sans délai le territoire tunisien. Un signal fort adressé au gouvernement tunisien, suspecté d’avoir une part de responsabilité dans l’échec de la défense des locaux de la mission américaine. En effet, tandis que le ministre de la Santé affirmait sans ciller qu’il s’agissait d’une «intervention réussie» pour la police tunisienne, et que le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem tentait de minimiser en prétendant que l’attaque de l’ambassade n’était qu’une conséquence normale de la transition démocratique, des images mises en ligne ont permis d’affirmer que les forces de l’ordre et les militaires sur place n’ont pas déployé les efforts nécessaires pour assurer au mieux la défense du bâtiment. Selon un témoignage recueilli par Riadh El Hammi, l’un des assaillants aurait prétendu que des militaires lui ont dit : «Faites ce que vous voulez, du moment que vous ne nous touchez pas». Le coordinateur de la sécurité de l’Ecole américaine de Tunis elle aussi visée par l’attaque salafiste, a quant à lui affirmé sur son blog : «Le spectacle dont nous avons été témoins à l’ambassade américaine était planifié et approuvé», avant de recommander à ses compatriotes résidant en Tunisie : «Il ne faut pas faire confiance aux forces de sécurité tunisiennes». Sans aller jusque là, il semble capital d’examiner les relations entre Ansar Al-Chariâ et le parti Ennahdha pour faire la lumière sur l’attitude du gouvernement suite à ce grave incident. Abou Iyadh, le chef salafiste djihadiste impose sa loi dans le pays. Abou Iyadh et la genèse d’Ansar Al-Chariâ L’organisation salafiste Ansar Al-Chariâ, dirigée par un trio composé du prédicateur de Oued Ellil Abou Ayoub, de l’idéologue Al-Khatib al-Idrissi et de Abou Iyadh Ettounsi, fut fondée par ce dernier au cours du printemps de l’année 2011. Abou Iyadh, dont le vrai nom est Seifallah Ben Hassine a hérité son nom de guerre de ses aventures afghanes, interrompues par son arrestation en 2003 en Turquie pour l’organisation du meurtre du leader de la résistance afghane face aux Talibans, le Commandant Ahmed Shah Massoud. Mais avant de fonder en 2000 avec Tarek Maaroufi (récemment relâché par la justice belge et revenu en Tunisie) le Groupe combattant tunisien (Gct), cellule terroriste proche d’Al Qaïda, basée à Jalalabad, Seifallah Ben Hassine a fait ses premières armes au sein de la branche armée d’Ennahdha, le Front islamique tunisien (Fit) fondé en 1986 par le Cheikh Rached Ghannouchi qui était son mentor. Pas étonnant alors de voir le guide du parti islamiste au pouvoir faire l’accolade à Abou Iyadh, et de proclamer l’inoffensivité de la mouvance salafiste. L’ambiguïté des relations entre Ennahdha et Ansar Al-Chariâ A la fois rival d’Ennahdha et «frère» de la tendance islamiste selon Rached Ghannouchi, Abou Iyadh entretient des relations ambiguës avec le parti au pouvoir. Il n’a, par exemple, pas été inquiété après avoir publiquement ordonné la violente attaque qui a visé l’espace Abdelliya en juin dernier. Mais les relations avec le parti Ennahdha ont connu un virage significatif, qui n’a rien fait pour lever l’ambiguïté persistante, lorsque Abou Iyadh et son lieutenant Abou Ayoub ont organisé une manifestation géante en face de l’Assemblée national constituante (Anc) au Bardo afin d’exiger d’Ennahdha qu’elle se rétracte après avoir renoncé à l’inscription de la chariâ dans la future Constitution. Avaient répondu à l’appel, dans le cadre de cette démonstration de force, des milliers de militants et de sympathisants d’Ennahdha. Abou Iyadh, qui tente d’étendre son influence sur la base militante d’Ennahdha, bénéficie également d’appuis haut placés dans l’organigramme du parti islamiste. En effet, Sadok Chourou, qui vient d’affirmer au journal Essarih, que les salafistes d’Ansar Al-Chariâ étaient innocents et n’avaient rien à voir avec l’attaque de l’ambassade américaine, est pourtant l’un des principaux soutiens du djihadiste Abou Iyadh au sein du parti au pouvoir. Le député Chourou, qui s’est illustré l’année dernière par sa proposition de crucifier et de démembrer les opposants au parti au pouvoir, fut l’invité avec Abderraouf Ayadi du CpR (avat de créer son propre parti El Wafa, Ndlr), d’Abou Iyadh dans le cadre du congrès fondateur d’Ansar Al-Chariâ qui s’est tenu à Sidi Bouzid en mai 2011. Nul ne s’étonnera donc de voir le député nahdhaoui tenter de couvrir son allié au moment où la vidéo de son discours de l’année dernière en compagnie d’Abou Iyadh a été supprimée. Mais une autre vidéo, tournée à Tunis à la même période permet d’attester de ses liens avec Ansar Al-Chariâ. Ansar Al-Charia plantent leur drapeau au fronton de l'ambassade américaine à Tunis. Le déni complice de Sadok Chourou illustre bien l’embarras des dirigeants d’Ennahdha suite à l’incident de vendredi qui risque d’éclabousser leur image de modérés. Ces derniers, manifestement au courant du rôle joué par Abou Iyadh dans l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis et de sa présence sur les lieux, sont tiraillés entre l’envie irrépressible d’occulter les liens confraternels qu’ils entretiennent avec le terroriste, et la pression de l’opinion publique, désormais avertie de l’existence et du rôle d’Abou Iyadh. Une tragédie prévisible que l’on aurait pu empêcher Outre l’incompétence voire la malveillance du gouvernement de transition de Mohamed Ghannouchi, qui a fait bénéficier d’une amnistie Abou Iyadh, dont le passé afghan était connu de la justice tunisienne, et les terroristes de l’affaire de Soliman qui ont plus tard rejoint Ansar Al-Chariâ, c’est au gouvernement actuel que revient une part importante de la responsabilité des évènements du vendredi 14 septembre. C’est la peur de voir ses liens avec le terroriste Abou Iyadh révélés sur la place publique, qui a empêché Ennahdha de sévir contre cette organisation qui représente la plus grande menace pour la liberté, la stabilité et la sécurité nationale. Pourtant, une déclaration d’Abou Iyadh datant de mars 2012 aurait du être le signal approprié pour mener l’offensive contre son organisation. Dans cette interview accordée à la chaîne de télévision Nessma, le leader d’Ansar Al-Chariâ s’est exprimé «au nom de la mouvance salafiste djihadiste», rompant ainsi avec son discours initial selon lequel son organisation prônait le «salafisme de prédication», c’est-à-dire non-violent. Quelques semaines plus tard, il ordonnera le saccage de l’exposition du «Printemps des Arts» à la Abdellia à La Marsa. Au moment des faits, Ansar Al-Chariâ, venait de recevoir l’onction du numéro un d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, ainsi que la bénédiction de l’influent idéologue djihadiste mauritanien Abou al-Moundhir al-Shiniqiti, lequel a émis une fatwa autorisant les musulmans à s’engager dans le djihad aux côtés d’Abou Iyadh au sein d’Ansar Al-Chariâ. Mais au lieu de se décider à mettre fin à la terreur exercée par l’organisation salafiste, le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha a préféré profiter de l’incident pour blâmer les artistes qui seraient responsables du déclenchement de la confrontation, et – de manière surréaliste – les membres de l’ancien régime ainsi que les réseaux de contrebande d’alcool. Ce n’est que la pression exercée par la diplomatie américaine, et par l’opinion publique tunisienne désormais moins ignorante du rôle d’Abou Iyadh, que le gouvernement a décidé de mener, à contrecœur, une offensive contre Ansar Al-Chariâ, tandis que des pages Facebook liées à l’organisation djihadiste ont promis au ministre de l’Intérieur Ali Lârayedh une guerre sans merci si jamais il tentait de procéder à l’arrestation d’Abou Iyadh. Alors que le combat contre Ansar Al-Chariâ s’annonce plus rude et sanglant que jamais, on ne peut aujourd’hui que regretter l’angélisme passé de la diplomatie américaine qui a soutenu l’ascension des islamistes prétendument modérés d’Ennahdha sans exiger de garanties s’agissant d’Ansar Al-Chariâ, dont le leader au passé terroriste était bien connu des services américains. Ces derniers avaient même découvert que, durant sa détention entre 2003 et 2011 en Tunisie, Abou Iyadh avait livré des informations à Ben Ali concernant ses anciens compagnons djihadistes. Un salafiste tunisien brandit le portrait de Zawahiri devant l'ambassade US à Tunis. Nul, en effet, ne pouvait ignorer l’amplitude du danger que constituaient, d’une part, la remise en liberté d’Abou Iyadh en 2011 et, d’autre part, la passivité de l’Etat tunisien à l’occasion des violences qu’Ansar Al-Chariâ a perpétrées au cours des deux dernières années. Alors, au moment où nous écrivons, que la police traque le leader djihadiste, il est légitime de craindre qu’il ne soit trop tard et de redouter les sombres perspectives qu’a ouvertes l’attaque du 14 septembre. En effet, il serait malhonnête de nier que l’invasion de l’ambassade des Etats-Unis constitue un tournant majeur dans la Tunisie post-révolutionnaire et que cet incident risquerait d’avoir des retombées quasiment fatales pour l’économie, la diplomatie et le tourisme tunisiens. *Habib M. Sayah est directeur de l’Institut Kheireddine. Juriste spécialisé dans les questions internationales, il est également analyste pour l’Atlas Economic Research Foundation. Il a contribué en 2006 à la création de la revue d’analyse — initialement clandestine — ‘‘La Voix des Tunisiens’’. En 2011, il a participé à la création du collectif El Mouwaten et a été candidat aux élections de l’Assemblée constituante avec la liste Sawt Mostakel.

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Assurer la sécurité et la protection des missions diplomatiques et des communautés étrangères en Tunisie”

Le chef du gouvernement provisoire Hamadi Jebali, s'est entretenu, mercredi en fin de matinée, au palais du gouvernement à la Kasbah, avec l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique à Tunis Jacob Walles. A l'issue de l'audience, M. Walles a déclaré que la rencontre a permis d'examiner les moyens propres à garantir une protection efficace des missions diplomatiques en Tunisie et d'assurer la sécurité de toutes les communautés étrangères, suite aux incidents de violence survenus vendredi dernier devant l'ambassade et l'école américaines à Tunis.”

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