dimanche , 4 décembre 2022
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Lutte contre la torture en Tunisie: des résultats ‘décevants’ selon l’ONU

 

La torture persiste en Tunisie en dépit de la volonté affichée des autorités de mettre fin à cette pratique largement répandue sous le régime de Ben Ali, a affirmé, vendredi 6 juin 2014, le rapporteur des Nations unies sur la question, Juan E. Méndez.

 

Il y a certes "des développements très encourageants" dans le domaine des droits de l’Homme, a dit M. Méndez lors d’une conférence de presse à Tunis, en citant notamment la création de l’Instance Vérité et Dignité chargée de recenser et d’indemniser les victimes des abus depuis 1955.

 

Mais "je dois dire qu’il y a des résultats plus décevants quand on en vient spécifiquement à la torture (...).Beaucoup de plaintes ont été déposées parce que les gens n’ont plus peur de porter plainte, mais malheureusement il y a très peu de suivi de la part des procureurs et des juges", a-t-il ajouté.

 

Les autorités tunisiennes reconnaissent l’existence d’affaires de torture ces dernières années mais parlent de "cas isolés".

 

"Il est difficile de savoir à quel point la pratique est répandue mais elle n’est certainement pas isolée", a dit M. Méndez, qui a parlé à des victimes de torture ainsi qu’aux ministres de l’Intérieur et de la Justice lors de sa courte visite en Tunisie.

 

"La volonté politique se démontre avec des actions spécifiques et je crains que les actions spécifiques concernant la prévention et la punition de la torture ne se fassent attendre", a déclaré le responsable onusien.

Inauguration du premier commissariat pilote de la Garde nationale à Menarat Hammamet

 

Le Ministère de l’Intérieur, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) inaugure le 1er Commissariat Pilote dans le cadre de la nouvelle politique de « Police de Proximité en Tunisie ».

Dans le cadre du projet d’appui à la Réforme du Secteur de la Sécurité, mis en œuvre avec l’appui du PNUD, le Ministère de l’Intérieur a développé un « Modèle tunisien de police de proximité », visant à rapprocher les forces de sécurité de la population et offrir ainsi aux citoyens un service de qualité.

 

Depuis la révolution, les services de sécurité ont redoublé d’efforts pour regagner la confiance des citoyens et s’adapter aux exigences de l’Etat de droit. A cet effet, le Ministère de l’intérieur a mis en place un groupe de travail chargé de développer une nouvelle approche pour améliorer les relations des services de sécurité avec les citoyens. Cette réflexion, qui s’est nourrie de l’étude des exemples étrangers, notamment de l’Angleterre, de la Belgique, du Canada et de la Suisse, a abouti à l’élaboration et à l’adoption d’un modèle tunisien de « Police de Proximité ».

 

Ce concept correspond à une méthodologie de travail qui redéfinit le rôle de l’agent de sécurité pour le transformer de simple exécutant en un agent de changement.

 

Dans ce cadre, ce dernier est appelé à écouter les citoyens, prendre connaissance de leurs inquiétudes, s’intégrer dans la vie des quartiers, les faire participer au diagnostic de leurs problèmes et proposer des solutions.

 

La mise en œuvre de cette nouvelle approche, qui se fera par étapes au niveau de six commissariats pilotes (Manaret Hammamet, Naassene et Sidi Ali Ben Oun pour la Garde Nationale et Marsa Ouest, Sidi Hsine El Attar et Sakiet Ezzit pour la Police Nationale), repose sur 4 piliers :

 

-  La réhabilitation de la structure existante des postes pour garantir des conditions de travail acceptables aux agents de sécurité ;

 

-  La formation des agents à l’approche et aux fondements de la police de proximité ;

 

- La mise en place des outils d’application de l’approche (technologiques, juridiques et de gestion) ;

 

- et la communication avec la population civile ainsi qu’au sein du Ministère de l’Intérieur.

 

Au-delà de la réhabilitation du poste-pilote de Manaret Hammamet pour le rendre conforme aux normes de la police de proximité, l’inauguration d’aujourd’hui marque, surtout, l’adoption de la nouvelle politique ministérielle en matière de police de proximité, fruit d'un travail conjoint de la Police et de la Garde nationales.

 

Cette activité s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la réforme du secteur de la sécurité mis en œuvre par le PNUD, avec l’appui financier et technique des gouvernements du Japon, de la Norvège et de la Belgique.

 

Examen des obstacles ayant empêché la réalisation de projets de coopération avec l’UE

 

Une séance de travail s’est tenue, aujourd’hui mercredi 4 juin 2014, au siège du ministère de l’Intérieur, sous la présidence du secrétaire d’Etat chargé des affaires régionales et des collectivités locales, pour examiner la question de la coopération à travers les frontières grâce à des dons de l’Union européenne.

Le secrétaire a indiqué, selon un communiqué rendu public sur la page officielle du ministère de l’Intérieur, que ce projet, ouvert sur la société civile et accordant au pays adhérent une large autonomie en matière de programmation et d’exécution, porte, sur deux programmes.

 

Le premier concernant les pays du Bassin méditerranéen et touchant au développement économique, social et environnemental ainsi qu’à des projets d’ordre culturel et auxquels une enveloppe de 173 millions d’euros a été allouée et le second

Le second concerne un programme de coopération à travers les frontières avec l’Italie et consiste à impulser le développement régional et durable ainsi que la coopération culturelle et scientifique pour une enveloppe de 48 millions d’euros.

 

Cette séance de travail a permis, notamment, d’examiner les obstacles ayant empêché la réalisation de ces projets dans les délais impartis et de dépenser les allocations allouées aux opérations programmées.

Jacob Wallas: Les États-Unis aideront la Tunisie à attirer des investisseurs

 

L'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, Jacob Wallas, a déclaré que la stratégie d'aide de la Tunisie a pris plusieurs formes. Au niveau économique, le crédit de 500 millions de dollars servira à aider la Tunisie à attirer des investissements. Au mois de novembre, un sommet sera organisé dans le but d'attirer des investisseurs, a-t-il indiqué.

La coopération au niveau sécuritaire évolue avec les ministères de l'Intérieur et de la Défense, a fait savoir l'ambassadeur américain.

Jacob Wallas a indiqué que le partenariat au niveau éducatif évolue bien, surtout après l'accord de plus de bourses d'études pour les étudiants tunisiens.

Le crédit de 500 millions de dollars permettra à la Tunisie de faire des réformes économiques dans le but d'atteindre l'autosuffisance et la croissance en plus d'une meilleure intégration au sein de l'économie mondiale, a assuré l'ambassadeur des États-Unis.

Jacob Wallas a assuré que son pays est prêt à aider la Tunisie à mettre en place une économie capable de créer plus de postes d'emploi. C'est aussi un pas pour améliorer les relations entre les deux pays, a-t-il ajouté.

l’UMA fait du surplace , le 5+5 redémarre

 

Alors que les différends entre Alger et Rabat continuent à bloquer la coopération intra-maghrébine, le Dialogue 5+5 semble avoir marqué une nette reprise après la récente réunion de Lisbonne.

 

Deux réunions des ministres des Affaires étrangères viennent de se tenir successivement au mois de mai, dans la sous-région de Méditerranée occidentale: la première est celle de l'Union du Maghreb arabe (UMA), à Rabat, les 9 et 10; la seconde est celle du 5+5**, à Lisbonne, le 22. Il est important de considérer ces deux réunions dans cette séquence pour bien en apprécier les résultats.

 

Vers une stratégie maghrébine de sécurité

 

Les observateurs s'accordent à reconnaître que la réunion de l'UMA a été décevante; et effectivement on ne peut qu'en souligner le manque apparent de résultat. Les différends entre Alger et Rabat continuent à bloquer les progrès de la coopération intra-maghrébine; l'absence du ministre des Affaires étrangères algérien témoigne clairement de l'état des relations entre les deux capitales et rien n'indique que les choses puissent bouger dans un avenir proche. Cela dit, le jugement doit être relativisé car M. Lamamra s'est fait représenter par le secrétaire général de son ministère, qui est le diplomate algérien du niveau le plus élevé; l'absence du ministre n'a donc eu qu'une conséquence d'ordre protocolaire.

 

Manifestement, on n'est toujours pas dans une perspective de relance de l'organisation maghrébine et les multiples déclarations sur la nécessaire intégration donnent un fort sentiment de déjà-vu. Mais il y a probablement aussi des raisons de penser que les choses avancent malgré tout. Ainsi, on peut se féliciter de la proposition algérienne d'organiser une réunion sur communauté économique maghrébine avant la fin de l'année.

 

Surtout la part accordée aux questions de sécurité retient l'attention, ce qui n'a rien pour surprendre compte tenu de l'actualité. La façon dont les dossiers ont été abordés donne une idée du chemin parcouru depuis deux ans: orientée vers le concret, la réflexion a porté sur les différents aspects de la sécurité (terrorisme, drogue, immigration clandestine) tandis que l'approche s'est étendue à toute la zone Sahara-Sahel. Alger est d'ailleurs revenu avec sa proposition de stratégie maghrébine de sécurité.

 

La question de l'organisation d'un sommet à Tunis a de nouveau été évoquée; rien ne semble avoir été définitivement agréé et, de façon paradoxale, c'est dans la conclusion des travaux du 5+5 qu'on trouve l'appui le plus clair à sa tenue.

 

Cette remarque permet de souligner un point important : la réunion des ministres des pays de l'UMA a surtout permis de préparer entre Maghrébins la réunion du 5+5. Et ce n'est pas un hasard si les travaux de l'UMA sont largement repris dans le document final de la réunion du 5+5 qui s'y réfère avec un niveau de précision inhabituel.

 

La position centrale du 5+5

 

La réunion du 5+5 à Lisbonne semble bien avoir marqué la reprise du 5+5, bien plus que le sommet de Malte l'an dernier ne l'avait laissé imaginer. On est en effet frappé par la façon tout à fait directe dont les questions ont été abordées et leur niveau de détail, ainsi que par la liste des réunions annoncées pour les mois à venir.

 

La part consacrée au dialogue politique a été significative. Traditionnellement la discussion permet de préciser des approches communes; cette fois-ci on est probablement allé plus loin, à travers la recherche d'une coordination des actions. La situation en Libye a été ainsi l'occasion d'annoncer la tenue d'une réunion ad-hoc à Tunis le 2 juin, aujourd'hui reportée. Les longs développements consacrés à la sécurité ont abouti à une prise de position par laquelle les ministres ont déclaré vouloir «œuvrer en faveur d'une stratégie de coopération coordonnée et intégrée pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé»; et les travaux réalisés entre les pays de l'UMA dans ce domaine ont été pris en compte par le 5+5. Vis-à-vis du Sahel, la déclaration mérite également d'être citée: «Les ministres soutiennent l'adoption d'une approche globale pour la région associant les pays du Maghreb, de l'Union européenne et du Sahel, pour faire face aux défis communs et soulignent l'importance du Dialogue 5+5 dans ce cadre».

 

Une place également importante a été consacrée aux coopérations sectorielles qui ont été abordées avec un degré de précision notable. On assiste ainsi à une relance des réunions ministérielles, sur la base d'un calendrier précis. Pour la seule année 2014, les réunions suivantes sont annoncées: Environnement et Énergies Renouvelables (Lisbonne, octobre); Education (Paris, 10 octobre); Transports (Lisbonne, octobre); Tourisme (Lisbonne, décembre); Défense (Grenade, décembre); Migrations (Malte avant la fin 2014). La tenue de réunions ministérielles dans les secteurs de la santé (au Maroc); du commerce et de l'investissement et de la culture (en Tunisie) est envisagée. La coopération décentralisée et les collectivités locales ont fait l'objet d'échanges de telle sorte que la question est désormais à l'ordre du jour des travaux du 5 +5.

 

Ceci souligne l'impression que le rôle de coordination des ministres des Affaires étrangères pour l'ensemble des aspects du processus a été renforcé. Une telle évolution, si elle se confirmait, placerait le 5+5 dans une position centrale pour la conduite de la coopération en Méditerranée Occidentale. On constate d'ailleurs que l'Union pour la Méditerranée (UpM) n'a pas été en mesure de profiter de l'éclipse relative du 5+5 pour s'imposer, écartant ainsi le risque d'affaiblir le processus comme certains avaient pu le craindre

 

La réunion des ministres des Affaires étrangères a été immédiatement précédée par deux réunions, également tenues à Lisbonne dans le cadre du 5+5 et dont les résultats ont contribué à donner plus de substance aux travaux des ministres.

 

Les parlementaires en première ligne

 

La première réunion a été celle de l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM). Elle répondait au souci, exprimé il y a déjà quelque temps par les ministres, de relancer la dimension parlementaire du 5+5. L'APM qui affiche sa volonté de s'impliquer d'avantage dans la sous-région a évoqué des questions précises et importantes: immigration clandestine, situation en Libye, changement climatique. On devrait aussi aller plus loin dans la coordination, car il est envisagé d'organiser à l'avenir un dialogue entre les ministres et les parlementaires. Il s'agirait alors d'une évolution importante dont les conséquences pourraient se faire sentir à Bruxelles où la définition d'une nouvelle approche de la politique européenne vis-à-vis de la région se fait toujours attendre.

 

En outre, le second Forum économique du 5+5 s'est réuni pour aborder le thème du développement durable, autour de quatre axes : gestion des déchets et de l'eau, transport urbain, infrastructures de l'énergie et environnement. Ces questions ont également été abordées par les ministres du 5+5 au travers des réflexions sur les coopérations sectorielles, soulignant là aussi la cohérence des travaux menés dans les différentes enceintes.

 

Visite en Tunisie du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture

 

Le haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme a publié, aujourd’hui 3 juin 2014, un communiqué dans lequel est annoncée la visite en Tunisie du rapporteur spécial des Nations Unies Juan E. Méndez, du 4 au 6 juin 2014. Celle-ci s’inscrit dans le cadre du « suivi des recommandations visant à lutter contre la torture et autres peines et traitements cruels inhumains ou dégradants ».

 

Le rapporteur spécial visite la Tunisie pour la deuxième fois après une première visite en 2011 et ce à la demande du gouvernement. Il rencontrera les ministres des Affaires étrangères et de la justice et plusieurs cadres sécuritaires et présentera un rapport au conseil des Droits de l’Homme en mars 2015. Cette visite vise à « promouvoir l’obligation de rendre des comptes pour les violations présentes et passées », précise le communiqué.

Situation à la frontière tuniso-libyenne: Examen des mesures de précaution

 

Disposition des Nations unies et du HCR à soutenir la Tunisie. Une équipe composée du Haut- Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), du Croissant-Rouge tunisien et de plusieurs autres intervenants s’est réunie samedi à Médenine pour l’examen des mesures de précaution à prendre face aux développements de la situation à la frontière tuniso-libyenne si la situation en Libye venait à s’aggraver.

 

Le Représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Tunisie, Mounir Thabet, a affirmé que l’organisation onusienne est disposée à soutenir la Tunisie de manière à lui permettre de faire face à toute probable dégradation de la situation en Libye en particulier avec l’afflux de réfugiés sur le territoire tunisien.

 

Il a salué l’élan de générosité de la population tunisienne en 2011 marqué par l’accueil d’un grand nombre de réfugiés ayant fui la Libye.

 

Des concertations sont engagées pour définir les besoins de la Tunisie si la situation en Libye venait à dégénérer avec le déferlement de réfugiés vers le pays, a indiqué  Mounir Thabet qui a appelé les pays donateurs ayant soutenu la Tunisie en 2011 à lui apporter toute l’aide requise en cas de nécessité.

 

De son côté, le représentant du bureau du HCR à Tunis, Mazen Abou Chanab a exhorté les pays donateurs à appuyer le gouvernement tunisien et les organisations humanitaires, affirmant la disposition du HCR à se tenir aux côtés de la Tunisie et à l’aider à faire face aux développements de la situation sur les frontières.

Lokman Abou Sakhr, chef des terroristes de Chaambi, arrêté en Libye

 

Le présumé terroriste algérien Khaled Chaïeb (alias Lokman Abou Sakhr), suspecté dans plusieurs attentats en Tunisie, a été arrêté par les forces du général Haftar en Libye.

 

Selon Mohamed Hijazi, porte-parole du colonel Khalifa Haftar, qui a annoncé cette nouvelle aux médias, Lokman Abou Sakher a été arrêté aux frontières tuniso-libyennes, au lendemain de l’attaque contre le domicile du ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou, à la Cité Ezzouhour, à Kasserine, dans la nuit du mardi 27 mai 2014, qui a causé la mort de 4 agents de la sécurité.

 

Lokman Abou Sakher a été nommé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à la tête de la branche tunisienne des Ansar Charia, en remplacement d’Abou Yadh, en fuite en Libye. Il a été chargé de mener des opérations terroristes en Tunisie à partir de son refuge au Jebel Chaambi, près de Kasseine (centre-ouest).

 

Le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou, qui ne s’est pas encore exprimé à propos de cette arrestation, a déclaré, au lendemain de l’attaque de Kasserine, que Lokman Abou Sakhr est retranché dans les massifs du nord-ouest et qu’il a participé dans l’assassinat, à Fernana, de l’agent de l’ordre Anis Jelassi, le 10 décembre 2012, ainsi que dans l’égorgement des soldats au Jebel Chaâmbi, le 28 juillet 2013.

Obama : Des fonds américains sécuriseront les frontières tuniso-libyennes

 

Le président américain Barack Obama a proposé la création d'un fonds de partenariat de 5 milliards de dollars pour lutter contre le terrorisme, dans un discours prononcé à West Point prestigieuse école de l'armée de terre située dans l'Etat de New York, mercredi 28 mai 214. Une partie de ces fonds permettront la sécurisation des frontières de la Libye et, en l’occurrence, de la Tunisie, avec la formation de des forces de sécurité libyennes et en mettant en place une « police des frontières opérationnelles ».

«Aujourd'hui, j'appelle le Congrès à défendre [la proposition] d'un nouveau fonds de partenariats contre le terrorisme allant jusqu'à 5 milliards de dollars, qui nous permettra d'entraîner, de renforcer les capacités et de faciliter le travail des pays partenaires qui sont en première ligne», a, en effet, souligné le président Obama. 

Vers un axe Alger-Le Caire: Quelle place pour la Tunisie?

 

Pour faire face aux menaces des groupes terroristes déployés en Libye, l'Algérie et l'Egypte renforcent leur coopération sécuritaire et politique. Que doit faire la Tunisie?

 

 

Des changements géostratégiques sont en cours dans la zone de l'Afrique du Nord, couvrant l'Egypte. Les Américains dans leur jargon politico-militaire ont d'ailleurs toujours considéré que l'Egypte fait partie du Maghreb.

 

L'armée algérienne sur ses gardes

 

Selon le 'All Monitor' du 21 mai 2014, citant des sources militaires algériennes et diplomatiques égyptiennes et algériennes, un axe Alger-Le Caire serait en cours de constitution. L'armée algérienne aurait même changé de doctrine et il serait dorénavant possible que des soldats algériens opèrent en dehors du territoire national. La raison principal en est le danger que constituent les groupes terroristes agissant à partir de la Libye.

 

Le 5 mai dernier, l'armée algérienne avait fait échouer une tentative d'infiltration d'un groupe terroriste constitué de Libyens, de Tunisiens et de Maliens portant des armes lourdes à Tinzaouatin, dans la 4e région militaire. Le groupe serait parti de l'ouest de la Libye, du nord du Mali et du sud tunisien, selon le correspondant de 'All Monitor' à Alger.

 

Un rapport publié début mai par le département d'Etat américain aurait, selon le même site, révélé que l'Algérie fait face à des défis sérieux concernant sa sécurité intérieure. Et lors de sa visite à Alger, le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait déclaré que l'Algérie constitue un partenaire-clef des Américains pour la lutte contre le terrorisme.

 

 

Le grand désert est devenu une menace pour la sécurité des pays de la région notamment après la chute du régime libyen et l'intervention française au Mali, car tous les groupes terroristes notamment Al-Qaida au Maghreb islamiste (Aqmi) s'y sont repliés et s'adonnent aux trafics d'armes, de la drogue et de la contrebande.

 

Pour beaucoup d'observateurs, le Sahara va devenir une grande scène d'opérations militaires de plusieurs Etats dont l'Algérie et l'Egypte, sachant qu'il n'y a plus d'Etat libyen.

 

L'axe Alger-Le Caire dérange le Maroc

 

Un nouvel axe puissant Alger-Le Caire pourrait prendre naissance et la réunion après 5 ans de la haute commission mixte égypto-algérienne, qui se tiendra début juin et sera présidée par les deux premiers ministres, lui donnera le coup de départ.

 

Selon des diplomates bien informés, les armées des deux pays constitueraient les bras puissants d'une tenaille qui essayera d'étouffer les groupes terroristes qui écument le désert, et stopper leurs trafics juteux, principale source de leurs financements, et surtout les empêcher de mettre la main sur les puits de pétrole et de s'équiper en armement lourd.

 

Cet axe Alger-Le Caire va-t-il passer par Tunis? La visite en Tunisie, dans les jours qui viennent, du souverain marocain, qui semble surprendre certains, est peut-être à lier cette nouvelle donne stratégique. Que ferait la Tunisie? Que ferait le Maroc?