mardi , 31 janvier 2023
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Kaïs Karoui : rien n’a changé depuis le 25 juillet

Le membre de la campagne explicative du président de la République, Kaïs Karoui a considéré que le faible taux de participation au premier tour des élections législatives résultait de la taille des circonscriptions électorales. Il a estimé que le découpage électoral actuel ne permettait pas aux électeurs de rencontrer ou de découvrir les candidats.

Invité le 25 janvier 2023 par Malek Khaldi à « La Matinale » sur Shems FM, Kais Karoui a affirmé que le découpage électoral devait aboutir à des circonscriptions encore plus petites. Il a, également, évoqué comme cause de ce faible taux de participation le désintérêt et le rejet par les citoyens du parlement. Il a considéré que le prochain parlement devait se pencher sur cette question.

« Notre projet considère que chaque délégation doit représenter une circonscription électorale… Ceci n’a pas eu lieu en raison des pressions intérieures et étrangères… Ils ont transformé la gouvernance par les bases en véritable catastrophe… Il (le président de la République, Kaïs Saïed) a fait des concessions… L’élection par tirage au sort est primordiale. Elle ne permettra pas l’achat des voix des candidats ou des élus. Le résultat de ces élections est le fruit du hasard. On ne peut pas la contrôler… Sur dix candidats d’une seule circonscription, un tirage au sort est réalisé afin de désigner l’un d’entre eux comme député. Un deuxième tirage au sort est réalisé pour désigner le membre du conseil régional », a-t-il ajouté.

Kaïs Karoui a indiqué que le projet de la gouvernance par les bases ne comportait pas de Conseil national des régions et des districts. Il existe seulement un parlement, un conseil régional par gouvernorat et un conseil local par délégation. Kais Karoui a estimé que le président de la République n’a pas pu mettre en place ce projet politique. Il a sous-entendu que ceci pourrait avoir lieu dans le futur. « L’élection des membres du Conseil national des régions et des districts est tributaire de la tenue des élections régionales… Le sujet est assez complexe… La loi relative aux conseils régionaux a été promulguée en 2019… Près de mille élus composent les conseils régionaux… Je pense que le conseil national ne pourra pas être formé avant la fin de l‘année 2023 », a-t-il dit.

Le membre de la campagne explicative du président de la République a affirmé que des investisseurs avaient l’habitude de louer les terres agricoles pour des sommes dérisoires. Il a assuré que ces investisseurs exploitaient les terrains agricoles à des fins personnelles telles que les fêtes et les week-ends entre amis. Les entreprises communautaires permettront l’exploitation adéquate des terres agricoles dans le but de créer de la richesse. Il a rappelé qu’une partie des revenus sera versée aux localités. Il a indiqué que tout citoyen avait la possibilité d’intégrer et de participer à une entreprise communautaire créée au niveau de sa localité et d’être membre de son conseil d’administration.

« Nous n’avons jamais présenté la gouvernance par les bases comme étant un nouveau modèle économique. Il n’y a aucun lien entre les deux… Il s’agit d’une nouvelle méthode d’organisation de la vie politique et de prise de décision… Tout citoyen a la possibilité de participer à la prise de décision de façon quotidienne… Certains individus exploitent la fausse démocratie qui existe actuellement… Leurs intérêts dépendent de l’existence de ce système… Ils manipulent les citoyens… Nous vivons encore une fausse démocratie… Rien n’a changé depuis le 25 juillet… Le seul point positif est que nous connaissons est l’identité de la personne gouvernant le pays », a-t-il déclaré.

Par la suite, et se trompant totalement dans les faits, Kaïs Karoui a indiqué que la loi relative aux startups, dite Startup Act, existait depuis près de quinze ans, soit avant la révolution. Or, le texte en question a été promulgué en 2018. Il a appelé à évaluer le système relatif aux startups. Il a enchaîné en affirmant que les entreprises communautaires ne faisaient pas partie du projet de la gouvernance par les bases et s’inscrivait dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. Il a, également, indiqué que 35% des revenus des entreprises communautaires seront redistribués aux localités.

Revenant sur les verdicts prononcés par le tribunal militaire permanent de Tunis dans le cadre de l’affaire de l’aéroport, Kaïs Karoui a assuré que la justice militaire n’était pas exploitée à des fins politiques. Il a, également, estimé que ceux qui étaient au pouvoir auraient dû réviser les lois en vigueur afin de mettre fin à ces pratiques. Il a, également, indiqué que des civils avaient été jugés par les tribunaux militaires avant le 25 juillet 2021. Il a cité les noms de Yassine Ayari et Chafik Jarraya. Il a avancé que plusieurs propositions de révision de la loi avaient été rejetées. Il a assuré que le président de la République n’exerçait pas de pressions sur la justice militaire et civile.

« Le président s’est retrouvé dans l’obligation de révoquer 57 magistrats à cause de la défaillance des mécanismes chargés de contrôler le fonctionnement de la justice… Le décret est clair… Les 57 magistrats ont été révoqués pour des suspicions d’actes criminels… Le tribunal administratif a tranché dans la forme et n’a pas traité le fond… Plusieurs magistrats sont impliqués dans de très lourds dossiers… Ils seront réintégrés en cas de non-lieu… La magistrate ayant obtenu un non-lieu devrait retrouver ses fonctions… Ce dossier date de 2020… Le président de la République n’a jamais évoqué son nom… L’affaire a été constituée en 2020 au temps d’Ennahdha Nous devons revoir le Code pénal… Ce genre de crime ne doit pas être sanctionné par des peines de prison », a-t-il poursuivi.

Concernant l’initiative lancée par l’UGTT, l’Onat, la LTDH et le FTDES, Kaïs Karoui a critiqué les déclarations du secrétaire général de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi. Il a rappelé que le chef de l’Etat était élu pour décider et que le secrétaire général n’avait pas à agir ou à prendre des décisions au nom du peuple tunisien. Il a estimé que le chef de l’État se penchera sur cette initiative. Il a le droit, selon lui, de s’y opposer et de ne pas y participer.Kais Karoui a, aussi, considéré que le gouvernement présidé par Najla Bouden a échoué dans quelques points. Il a évoqué l’importance de procéder à un remaniement ministériel. 

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