lundi , 5 décembre 2022
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Tarek Cherif : en termes de bonne gouvernance, on doit être les derniers

Le président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), Tarek Cherif, est revenu, jeudi 15 septembre 2022, sur l’actualité économique notant que la situation difficile du pays est la conséquence d’une mauvaise gouvernance.
Invité de Myriam Belkadhi dans la Matinale de Shems FM, il a signalé que les choses avaient empiré après 2011 rappelant que le taux de croissance en Tunisie a régressé durant les dix dernières années passant d’une moyenne comprise entre 4 et 5% à une moyenne de 1,5 et 2%.
Il a pointé du doigt le recrutement dans la Fonction et entreprises publiques précisant que cela a fortement impacté les dépenses de l’État notamment en termes de masse salariale qui est passée de six milliards de dinars à 23 milliards de dinars. « En termes de bonne gouvernance on doit être les derniers haut la main ! » a-t-il cinglé.
Tarek Cherif a ajouté que cette politique avait donné l’illusion que l’Etat a absorbé le chômage alors que cela n’a fait qu’alourdir les dépenses publiques au lieu d’orienter ces sommes vers l’investissement dans l’infrastructure, entre autres.
« C’est normal d’en arriver là et d’être dans l’incapacité d’acheter les produits de première nécessité, le budget qui devait être consacré au développement ayant été dépensé ailleurs », a-t-il affirmé expliquant que la Tunisie est restée prisonnière d’un modèle économique datant de l’époque du socialisme expérimental instauré par Ahmed Ben Salah. « Quel est l’intérêt d’avoir encore des offices qui importent le thé, le sucre et le café ?!! ».
La Tunisie souffre depuis des semaines de pénuries et perturbations d’approvisionnement de plusieurs produits de première nécessité ; sucre, riz, huile végétale, entre autres…
Interpellé sur l’accord que le pays souhaite obtenir auprès du Fonds monétaire international (FMI), Tarek Cherif a manifesté une réticence. Il a avancé que l’idée aurait été bienvenue s’il s’agissait d’une solution pérenne. « Que compte-t-on faire avec cet argent ?! », s’est-il interrogé.
Le gouvernement s’est, rappelons-le, engagé dans des négociations avec le bailleur de fonds afin d‘obtenir un accord lui permettant de renflouer les caisses et ainsi clôturer le budget de l’Etat pour l’année 2022.
Revenant sur les appels à la privatisation de certaines entreprises publiques déficitaires, le président de la Conect a assuré que les préoccupations à ce sujet étaient totalement infondées. Citant l’exemple du transporteur national et l’accord sur l’Open Sky renvoyé aux calendes grecques, il a fait savoir qu’en l’absence d’opérateurs aériens quatre aéroports étaient aujourd’hui fermés. Il a dénoncé, dans ce même contexte, l’impact de cette gouvernance sur le secteur touristique.

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