Vendredi , 7 octobre 2022
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La SMU débat des entraves au financement des opérateurs économiques tunisiens en Afrique

Dans le cadre de son cycle de conférences mensuelles intitulé “Les Jeudis de l’Afrique“, la South Mediterranean University (SMU : MSB/MedTech/LCI) située aux Berges du Lac 2 à Tunis, vient d’organiser, en partenariat avec le Forum tunisien des politiques publiques (FTPP), une conférence-débat sur « La diplomatie économique tunisienne en Afrique, financement et perspectives ».

La rencontre, qui s’est déroulée en présence du président-fondateur de la SMU, Pr Mahmoud Triki, a enregistré la participation de responsables de haut niveau, entre autres Mourad Ben Hassine (CEPEX), Raoudha Boukadida (Banque centrale de Tunisie), Sami Gargouri (BSIC Sénégal) et Bilel Gmati (Attijari bank), sans oublier le concours de Ridha Mahjoub, EMBA Alumni et expert en développement commercial pour la zone Afrique.

A noter également la présence à cet événement de l’ambassadeur du Sénégal en Tunisie, Ramatoulaye Bâ Faye.

Problématique

Il s’agissait donc de débattre de la problématique financière de la diplomatie économique tunisienne en Afrique subsaharienne et de la collaboration entre partenaires publics et privés.

A cette occasion, Hela Chaari, directrice du Centre de carrière et des Alumni à la SMU, rappellera que « la diplomatie économique vise à promouvoir les produits et services tunisiens à l’étranger et n’est pas la chasse gardée du département des Affaires étrangères ».

Elle estime également nécessaire de multiplier les efforts pour attirer les IDE en Tunisie.

La politique au service des objectifs économiques

Pour ce faire, il s’avère donc nécessaire d’user de l’outil politique pour atteindre les objectifs économiques et, par conséquent, mettre en place des mécanismes de financement afin de pallier à l’éparpillement des efforts.

LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE, QUI VISE À PROMOUVOIR LES PRODUITS ET SERVICES TUNISIENS À L’ÉTRANGER… N’EST PAS LA CHASSE GARDÉE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Quid du nouveau Code des changes ?

L’annonce récente du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (Marouane El Abassi, ndlr) de la promulgation d’un nouveau Code des changes qui sera dévoilé en juillet 2022 a laissé entrevoir, chez les opérateurs économiques, un espoir pour l’amélioration des procédures dont certains textes datent de plusieurs décennies et constituent des freins au développement des opérations d’investissement ou d’exportation, notamment vers l’Afrique.

LA BCT EST CONVAINCUE DE LA NÉCESSITÉ DE MODERNISER LE CODE DES CHANGES POUR FACILITER LA MOBILITÉ DES PERSONNES ET DES CAPITAUX

« Ce nouveau code prévoit un meilleur engagement d’une levée des restrictions restantes aux opérations de change », s’est réjouie Donia Jemail, présidente du FTTP, rappelant qu’il permettra « une meilleure adéquation avec les mutations technologiques et la levée de toute incohérence dans certains textes ».

Débat autour du rôle des institutions publiques…

Concernant la rencontre proprement dite, le rôle de plusieurs institutions publiques dans la facilitation des procédures au quotidien a occupé une grande partie des débats, notamment pour ce qui concerne le Cepex, la Banque centrale de Tunisie, mais aussi les banques dans leurs relations avec leur clientèle quand il s’agit de transactions en devises ou concernant les garanties qu’elles peuvent apporter.

« La BCT est plus que jamais convaincue de moderniser le Code des changes pour faciliter la mobilité des personnes et des capitaux, mais également pour l’introduction des nouveaux systèmes de payement », soulignera pour sa part Raoudha Boukadida. La responsable au sein de la BCT a expliqué que cela concernait l’évolution économique de manière générale et surtout les relations financières entre la Tunisie et les pays étrangers.

Une consultation de la BCT auprès des entreprises

Les problèmes et les goulots d’étranglement étant identifiés, la BCT a lancé une consultation auprès des entreprises afin de connaître la proportion des transactions qu’occupe cette réglementation avec l’étranger, l’objectif essentiel étant l’amélioration du climat des affaires et apporter plus d’assouplissement.

CE FUTUR CODE TÉMOIGNE DE L’ENGAGEMENT FERME DE LA BCT DE LEVER LES RESTRICTIONS QUI EXISTENT DANS LA RÉGLEMENTATION DES CHANGES.

« Nous avons également pensé à tout ce qui est commerce électronique dans le contexte digital actuel nécessitant des plateformes de paiement d’e-commerce en dépit de l’étroitesse du marché tunisien qui n’intéresse pas les plus grandes sociétés internationales », a ajouté Boukadida.

Ce futur Code témoigne donc de l’engagement ferme de la BCT de lever les restrictions qui existent dans la réglementation des changes. Cette libéralisation va cependant tenir compte du contexte actuel de l’économie tunisienne, mais les messages à percevoir sont très forts à l’endroit des investisseurs étrangers en Tunisie et des exportateurs.

Impératif de la restructuration du CEPEX

De son côté, le PDG du CEPEX, Mourad Ben Hassine, a admis que l’écosystème qui devrait être agile « est accablé par des textes juridiques qui remontent à très longtemps et qui n’évoluent pas rapidement ». Il a tenu à rappeler le rôle de leadership du Centre qu’il dirige et annoncé le lancement d’une réflexion en vue de le restructurer pour améliorer ses fonds propres ou encore la mise en place de contrats-programmes avec des objectifs pour une meilleure efficience en termes d’accès aux marchés.

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