Dimanche , 26 juin 2022
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Tunisie : La réforme du secteur des médias est-elle possible ?

Le président de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA), Nouri Lajmi, affirme que son instance oeuvre, depuis sa création en 2013, à garantir la neutralité des médias et à les maintenir à l’écart de toute instrumentalisation politique.

S’exprimant lors de la réunion préparatoire de la conférence nationale sur les politiques publiques dans le secteur des médias, lundi 20 décembre 2021, Lajmi a souligné l’existence de lacunes au niveau du cadre législatif organisant les institutions médiatiques, rappelant que le secteur est toujours soumis aux décrets de 2011.

Il a également indiqué que la crise économique menace la pérennité de plusieurs institutions médiatiques, et que cette réunion permettra d’examiner les moyens susceptibles de mettre en place un système de formation approprié et profitable à toute la scène audiovisuelle.

Plusieurs acteurs de la scène médiatique et des structures représentatives telles que le Syndicat des journalistes tunisiens, la Fédération générale de l’information et le Conseil de la presse ont participé à la réunion.

Yassine Jelassi, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), dira pour sa part que cette réunion préparatoire intervient dans un contexte politique “caractérisé par la violation du droit d’accès à l’information” et qui “menace gravement la liberté de presse et d’expression”.

Selon lui, “le rapport de l’Etat avec les médias n’est pas basé sur une vision claire ou une approche consultative”, rappelant au passage que depuis 2011, les gouvernement successifs n’ont pas adopté de politique sérieuse à l’égard de la presse mais ont au contraire entravé toutes les possibilités de réforme en retirant les projets de loi proposés par les professionnels du secteur pour les remplacer par des propositions des partis politiques.

” Il s’agit là d’un exemple de tentative d’asservissement de la presse et de domination des médias exercées au cours de la décennie écoulée “, a-t-il lancé.

Parmi les failles dans les rapports de l’Etat avec la presse figure également la question de la publicité publique, qui demeure soumise au clientélisme et à l’anarchie, a-t-il dit, appelant dans le même sens à l’institutionnalisation des sociétés de sondage d’opinion pour assurer justice et équité à tous les organes médiatiques.

Jelassi a, par ailleurs, souligné la nécessité d’une vision claire pour la presse écrite qui doit prévoir un passage au numérique pour s’adapter à son temps et assurer sa pérennité dans ce contexte complexe et imbriqué.

Etidel Mejbri, présidente du Conseil de la presse, a pour sa part relevé le retard des réformes dans le secteur des médias, notamment en matière de gouvernance et d’équilibre entre liberté d’expression et pérennité de l’institution qui est soumise à la loi du marché.

Elle a, en outre, indiqué que le chevauchement entre les médias traditionnels et les nouveaux médias a créé des défis qui doivent être étudiés en profondeur.

Hédi Tarchouni, secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’information (UGTT), a affirmé que la Fédération a élaboré un document pour la réforme des médias qui prévoit des objectifs à court et à long terme, soulignant la nécessité de trouver des financements publics pour les médias qui connaissent des difficultés financières et sont menacés de faillite.

Il a, par ailleurs, rappelé le combat des professionnels du secteur qui ont barré la route aux multiples tentatives de parties politiques qui ont voulu mettre la main sur le secteur.

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