Mercredi , 27 janvier 2021
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Tunisie: Les protestations régionales et le rôle du président de la République

Conformément à l’article 72 de la constitution, le président de la République est le Chef de l’État et le symbole de son unité. Ainsi, bien plus  que la détermination des politiques générales dans les domaines de la défense et des relations étrangères, le président de la République doit défendre l’unité de l’Etat.

D’ailleurs, la constitution elle-même lui octroi le rôle de la protection du territoire national des menaces intérieures et extérieures, et ce, après consultation du Chef du Gouvernement.

La présidence de la République envisagerait déjà d’intervenir

Le 25 novembre courant, le président de la République a convoqué le Chef du gouvernement Hichem Mechichi au palais de Carthage pour parler des différentes protestations que les régions connaissent en ce moment, notamment celles aux graves incidences économiques.

En ayant ladite rencontre, Kais Saied semble avoir déjà fait le premier pas pour l’application de l’article 77 de la constitution, qui rappelons-le, n’oblige le chef de l’Etat qu’à « consulter » le Chef du gouvernement, sans octroyer un quelconque caractère obligatoire à son avis.

La deuxième condition imposée par le texte est l’existence d’une véritable menace pour la sécurité du pays. Une condition qui semble également avoir été remplie, avec l’arrêt de la production du phosphate dans certaines régions, la menace de la fermeture de la vanne de Gaz à Kairouan, et toutes les révoltes régionales qui font prévaloir les intérêts des gouvernorats sur ceux de l’Etat.

Les difficultés liées à l’intervention de la présidence de la République 

D’un point de vue légal et surtout théorique, l’intervention du Chef de l’Etat apparaît comme faisable, voir même nécessaire. Il serait alors légitime de se demander pourquoi Kais Said n’a pas encore profité de ce plein pouvoir que lui procure la constitution à ce sujet ?

En réalité les choses ne sont pas aussi simples. L’intervention de la présidence, implique l’intervention d’une autre institution : celle de l’armée nationale. Cette dernière risque fort de se trouver face à l’obligation d’user de la force.

Or, l’histoire a prouvé que l’armée tunisienne n’use jamais de la force contre les citoyens tunisiens. Rappelons que durant la période survivant les émeutes du 17 décembre 2011, pas une seule balle n’a été tirée de la part de ce corps. Bien au contraire, les manifestants poursuivis par des agents de police se réfugiaient près des soldats.

Ainsi, faire appel à l’armée reviendrait à la laisser choisir entre l’Etat et son caractère civil, et peu importe l’option pour laquelle elle optera, les répercussions seront des plus graves.

Une situation qui arrange les ennemies politiques de Kais Saied

Plusieurs politiciens, notamment, Samia Abbou et Abir Moussi, ont qualifié la manière avec laquelle la crise d’Al Kamour, et surtout, les discours du Chef du gouvernement et du président de l’ARP qui s’en suivis d’irresponsables, estimant même que ces déclarations ont participé au déclenchement des diverses protestations régionales qui menacent aujourd’hui l’unité du pays.

Sur un autre plan, le président du bloc Qalb Tounes Oussama Khlifi a déclaré que le président de la République doit agir et trouver des solutions à crise que le pays traverse en ce moment, une manière tacite de lui demander de faire appel à l’armée.

Pour résumer Kais Saied doit, semble-t-il faire face à un ultimatum, et quoi qu’il choisisse, sa popularité légendaire, en particulier dans les régions de l’intérieur, n’en sortira pas indemne.

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