Vendredi , 7 octobre 2022
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La contestation gagne les régions : Les Tunisiens pointent le manque de fermeté du gouvernement !

Les protestations sociales gagnent plusieurs régions de Tunisie, sur fond de revendications, désespérément insatisfaites,  pour le développement, l’emploi et de la justice sociale. Provoqué par une exaspération populaire, face à une attente qui n’a fait que trop durer pour que le vécu de ces régions connaisse un début de changement,  ce mouvement contestataire s’est enflammé par l’accord d’el-Kamour. Dès son annonce  le règlement de cette crise dont le gouvernement s’est enorgueilli, a suscité une vague d’indignation…dans des régions qui s’estiment, elles aussi, exclues, marginalisées et prioritaires en termes de développement.

Pour faire entendre leur voix, les populations ont eu recours à la méthode forte, comme cela a été le cas au cours de ces dernières années, face à des autorités centrales et régionales désemparées. Fermeture de l’unité de traitement de gaz à Ghanouch (Gabes) engendrant une de pénurie de gaz à Sfax et dans d’autres gouvernorats du Sud, grève générale et suspension du trafic des trains à Béja, blocage de la vanne de pétrole à Douleb (Kasserine), contestations nocturnes en plein couvre-feu à Jelma (Sidi Bouzid)….Des actes qui envenime le climat, et mettent à mal une économie au bout de souffle.

Pour recueillir les avis des Tunisiens à ce sujet, Gnetnews est allé à leur rencontre  sur l’Avenue de Habib Bourguiba.

Un passant s’est penché sur la question de la fermeture de la vanne de gaz à Ghanouch (Gabes). A cet effet, il nous a expliqué que de telles réactions de la part des sudistes, étaient prévisibles.

«Le sud Tunisien a, de tout temps, profité de sa proximité avec la Libye pour gagner son pain. Echanges commerciaux illégaux avec l’approbation de l’Etat : vente illégale de carburant, trafic de devise, contrebande…Avec la crise en Libye, toutes les zones transfrontalières sont désormais fragilisées…Ce n’est ni la faute au gouvernement, ni à celui qui le précède…La situation est  devenue tellement compliquée,  qu’on ne sait plus qui est le responsable de toutes ces problématiques ».

Un autre intervenant a reproché au gouvernement les mauvaises décisions qu’il avait prises pour résoudre le problème d’El Kamour. « Mechichi devrait exiger la réouverture de la vanne de pétrole, avant même le démarrage des négociations avec les demandeurs d’emploi. Maintenant toutes les régions ont compris que le gouvernement va se plier à leurs demandes, s’ils optent pour le chantage. En effet, Mechichi a renvoyé le mauvais message au peuple, notamment dans cette période délicate que vit la Tunisie ».

Un autre quadragénaire  qui partageait le même avis, a reproché au gouvernement le manque de visibilité, et l’absence d’autorité, notamment dans la prise des décisions cruciales pour l’avenir du pays.

«Les  habitants du Sud tunisien et de toutes les régions de Tunisie disposant de richesses naturelles et qui subissent la stigmatisation et l’appauvrissement, ont le droit de protester contre la marginalisation notamment avec la détérioration de leur situation économique, dû à la crise sanitaire. D’une autre part, le gouvernement doit prendre en compte leurs revendications, non pas avec des décisions aléatoires et  provisoires et les fausses promesses mais avec des solutions réalistes et applicables à court terme. »

Pour d’autres citoyens, les disparités régionales ne représentent en aucun cas un argument suffisant pour bloquer la production pétrolière, du gaz ou du phosphate. « A cause du blocage du gaz, des malades hospitalisés ont été privés de nourriture, et les dégâts sont innombrables », a commenté un citoyen.

Ce passant, lassé de cette interminable instabilité, a critiqué le manque de visibilité. « L’autorité est absente en Tunisie. Le président de la République Kais Saied, n’envisage pas d’intervenir, l’assemblée des représentants du peuple est devenue le théâtre des querelles politiques, et le chef du gouvernement manque de fermeté. Il faudra bien trouver cette personne qui tiendrait les reines dans ce pays… », conclut-il.

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