Vendredi , 26 février 2021
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Scandale des déchets d’Italie : des remous des deux côtés de la Méditerranée

L’affaire des déchets importés d’Italie semble déchaîner des réactions en cascade; et ce, aussi bien en Tunisie qu’en Italie. Pour preuve, le limogeage brutal du DG de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED). Ainsi que l’enquête diligentée par le Parlement italien; pour élucider les dessous de cette sale affaire, au sens propre comme au figuré.

En effet, l’affaire des déchets importés d’Italie qui a fait couler de l’encre semble prendre de l’ampleur avec une première tête qui tombe. Celle du directeur général de l’Agence nationale de gestion des déchets. Et l’entame d’une enquête au sein même du Parlement italien.

Ainsi, selon le député de la circonscription d’Italie, Mejdi Karbai, les parlementaires italiens ont ouvert une enquête. Elle concerne le dossier sensible des ordures italiennes exportées vers la Tunisie. Une transaction immorale perçue par l’opinion publique tunisienne comme une agression humiliante; visant à transformer le pays d’Hannibal en un dépotoir de Rome.

Un bouc émissaire?

Alors, c’est probablement pour apaiser les esprits que le chef du gouvernement Hichem Mechichi limogeait hier jeudi le directeur général de l’ANGED. Et ce, via un communiqué laconique du ministère des Affaires locales et de l’Environnement.

Un limogeage d’évidence lié à la polémique soulevée par la sale affaire des déchets importés d’Italie. Sans que les motifs de cette éviction brutale n’aient été dévoilés.

Pour rappel, le ministère des Affaires locales et de l’Environnement s’était disculpé de l’affaire. En précisant n’avoir octroyé aucune autorisation à l’entreprise tunisienne spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques industriels; et sise dans la zone industrielle de Sidi Abdelhamid à Sousse. Puis, il annonçait, au cours de la semaine dernière, l’ouverture d’une enquête. Sur ce marché conclu par la dite société pour l’importation des déchets ménagers; dont des déchets hospitaliers d’une extrême toxicité, en provenance d’Italie.

Gammoudi: « Un crime de corruption »

Mais les explications embarrassées du ministre des Affaires locales et de l’environnement dans cette affaire ne semblent pas avoir convaincu le président de la Commission de la réforme administrative et de la lutte contre la corruption à l’ARP, Badreddine Gammoudi. Puisqu’il déclarait, à l’issue d’une séance d’audition tenue le 9 novembre 2020, que « le ministre a tenté de présenter un bouc émissaire; sans évoquer les soupçons au sein de son département ».

Donc, une allusion au communiqué du ministère qui avait accusé l’entreprise de Sousse « d’avoir mis en place des combines pour violer les procédures. Notamment en ce qui concerne les procédures d’import spécifiées dans la législation nationale et les accords internationaux ».

Et d’enfoncer le clou: des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires locales et de l’Environnement « sont impliqués dans ce crime. A travers la fraude, la complicité et l’implication directe dans le processus ». C’est ce que déclarait le député du Mouvement du Peuple. En évoquant la présence de dépassements dans les plus hautes structures du ministère de l’Environnement. Tout en soulignant que « l’affaire est désormais un crime de corruption et non une suspicion ».

« Des réponses confuses »

Pour sa part, la députée du bloc de la Réforme, Nessrine Laameri, a qualifié les réponses du ministre des Affaires locales et de l’Environnement de « confuses et loin d’être convaincantes. Et ce, lors de son audition par la commission de la réforme administrative et de lutte contre la corruption le lundi 9 novembre 2020. De plus, plusieurs documents relatifs à la transaction en question avaient été « falsifiés », selon la plus jeune députée de l’ARP.

Fausse déclaration douanière !

Soulignons enfin que le contrôleur général des directions publiques à la Douane tunisienne, Rim Amdouni Hawat, annonçait que l’affaire d’importation des déchets italiens par une société tunisienne fait actuellement l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Sousse. Et ce, lors d’une conférence de presse tenue jeudi 12 novembre 2020.

« Il s’avère, en effet, que ces déchets sont municipaux. Leur importation est totalement interdite en Tunisie; conformément à la législation nationale et aux conventions internationales. Et ce, contrairement à la déclaration douanière faite par la société en question; selon laquelle ces ordures sont de type plastique recyclable », affirme la responsable douanière.

« Compte tenu de la provenance européenne des conteneurs de ces déchets, la douane a exigé de la société contrevenante Soriplast de présenter un document prouvant l’autorisation du gouvernement tunisien. Mais le document en question ne comportait aucune signature du ministère de l’Environnement », ajoute le contrôleur général de la Douane.

Au final, dans ce contexte, 70 conteneurs de ces déchets importés par cette société ont été mis sous scellés. En attendant l’application de la décision relative au renvoi de ces conteneurs. Pour ce qui est du reste des conteneurs qui sont au nombre de 212, ils sont encore en attente dans le port de Sousse.

Affaire à suivre.

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