Lundi , 30 novembre 2020
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Moody’s annonce la modification des perspectives de la Tunisie en négatives et confirme la notation d’émetteur B2: La dégringolade se poursuit !

Depuis le 17 avril dernier, l’agence de notation Moody’s a annoncé le placement de la notation de la Tunisie « B2 » sous revue à la baisse. Hier, cette même agence confirme cette notation et change les perspectives en négatives. La période de revue, qui  a dépassé l’horizon habituel de trois mois, a été consacrée à l’évaluation de la capacité des autorités tunisiennes à gérer le choc économique sans précédent lié au Covid-19 et ce dans un contexte marqué par des pressions économiques, financières et sociales.

La Tunisie a été placée sous la surveillance de l’agence de notation internationale Moody’s, depuis avril  2020. Hier, cette dernière vient d’annoncer son verdict, la note d’émetteur «B2» de la Tunisie est désormais confirmée avec, en plus, des perspectives négatives. L’agence a, aussi, confirmé la notation «B2» de la BCT,  responsable des paiements des créances émises pour le compte du gouvernement.

Pour l’agence, cette confirmation de la note « reflète la résilience au niveau des réserves de change observée depuis l’ouverture de la revue. Ce qui constitue un filet de sécurité pour les remboursements des crédits extérieurs arrivant à échéance au cours de l’année prochaine ». Toujours selon la même source, l’arrivée d’un nouveau gouvernement de technocrates en septembre soutient l’évaluation de Moody’s. «Les institutions et la gouvernance tunisiennes contribueront à la continuité des politiques. Ce qui se traduira probablement par la mise en œuvre de réformes fiscales et économiques à moyen terme. Et ce dans le cadre d’un nouveau programme du FMI».

L’agence américaine de notation assure, par ailleurs, que les perspectives négatives placent le nouveau gouvernement sous pression et reflètent les défis économiques, financiers, sociaux et politiques auxquels il sera confronté. Ce dernier doit mettre en œuvre l’assainissement fiscal et des réformes structurelles nécessaires «pour obtenir un soutien officiel et maintenir des options de financement fiables, alors que les risques de refinancement prévalent avant les prochaines échéances des euro-obligations», affirme Moody’s.

Une décennie noire

Pour rappel, le 20 juillet dernier, Moody’s a déjà publié une note d’information financière dans laquelle elle a annoncé que la démission d’Elyès Fakhfekh et l’impasse politique qui en découle augmentaient les risques de manque de liquidité et la probabilité du blocage du processus d’octroi des crédits à la Tunisie par ses principaux bailleurs de fonds.

Depuis quelques mois déjà, Moody’s lance un signal clair aux bailleurs de fonds afin de mesurer convenablement le risque du crédit extérieur tunisien. L’agence souligne que le pays est confronté à un resserrement aigu des conditions de financement au niveau mondial, aggravé par l’affaiblissement des perspectives de croissance économique, la détérioration de la situation budgétaire et la fragilité de la position extérieure. Selon la plupart des experts,  la dette tunisienne est considérée comme insoutenable. L’encours de celle-ci dépasse trois fois les avoirs nationaux en devises et 9 fois le solde de la balance courante extérieure. Cette situation laisse perplexes les acteurs majeurs de la finance internationale qui ont voulu, durant toute une décennie, soutenir la Tunisie, pour contribuer à la réussite de la «transition démocratique». Ils semblent, aujourd’hui, changer de cap en considérant que les risques d’insolvabilité du système financier public national sont sévères et intenses.

Entre 2010-2020, la Tunisie a vécu une décennie noire sur les plans économique et des équilibres des finances publiques, et a reculé de 7 crans dans sa notation souveraine.  « La Tunisie était alors notée « Baa2 » par l’agence de notation Moody’s, « BBB » par S&P et Fitch, soit 7 crans de plus qu’aujourd’hui. En fait, la notation actuelle nous ramène à l’avant 1994, date de l’entrée de la Tunisie au marché financier international et l’obtention de son grade Investissement», a rappelé Taoufik Baccar, ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), dans un post Facebook en août dernier. Baccar considère cette note comme étant « une perte d’un quart de siècle de travail profond mené par des patriotes qui n’avaient d’autre motivation que de servir leur pays ». Il regrette également les lourds dommages collatéraux, les coûts supplémentaires et les pertes d’opportunités réelles et durables de développement que doit endurer la Tunisie. Il invite les pouvoirs en place à parer aux déficiences, à travers une feuille de route de réformes qui doit être applicable d’urgence. Hélas, en Tunisie nous naviguons encore à vue !

Historique des notations de la Tunisie

Les notations souveraines obtenues par la Tunisie auprès des principales agences de notation internationales en 2019 et début 2020, et ce par rapport à l’année de référence (2010)selon la BCT.

– L’agence de notation financière Fitch Ratings a maintenu la notation souveraine de la Tunisie à B+ assortie de perspectives négatives, depuis 27 juin 2019.

– L’agence de notation R& I n’a pas présenté une notation (la dernière notation date depuis le 4 septembre 2019) BB avec perspectives négatives.

– L’agence de notation américaine Standard & Poor’s a suspendu la notation de la Tunisie suite à la demande du gouvernement tunisien.

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