Lundi , 30 novembre 2020
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Destination « Covid-safe », la Tunisie pourra-t-elle sauver sa saison touristique ?

La Tunisie a tiré son épingle du jeu face à la première vague de la pandémie Covid-19. Les faits sont là. Depuis plus d’un mois, on compte seulement deux ou trois cas de contaminations locales. Les mesures de confinement et d’interdiction des déplacements ont contribué en partie à circonscrire la contagion.

Maintenant que les restrictions s’assouplissent et que les frontières tunisiennes seront bientôt rouvertes, les autorités n’ont eu de cesse de souligner le rôle crucial du secteur touristique dans la relance économique. En tant que destination « Covid-safe », la Tunisie pourra-t-elle pour autant sauver sa saison touristique ? Dans une récente étude, Oxford Business Group dresse un état des lieux de la situation.

A l’heure où l’activité économique reprend, le gouvernement Fakhfakh espère que le tourisme tirera la reprise économique.

Pour Oxford Business News Group, la Tunisie, de par son succès à endiguer l’épidémie, pourrait devenir une destination privilégiée pour les vacances d’été non seulement de la diaspora et des Nord-africains mais également des Européens.

Le pays a été classé troisième destination la plus « Covid-safe », c’est-à-dire où le risque de contamination est le plus faible en Méditerranée pour la saison touristique estivale, derrière le Monténégro et la Croatie, selon des informations publiées par le cabinet de conseil basé à Tunis Targa-Consult.

S’appuyant sur des données relayées par l’Université Johns Hopkins aux Etats-Unis le 8 juin, Targa Consult a déclaré que la Tunisie comptait seulement 5 cas actifs du virus par million d’habitants, ce qui la place légèrement derrière la Croatie, avec 4 cas, et le Monténégro, qui ne recense aucun cas.

Cela confère à la Tunisie un avantage considérable par rapport aux destinations méditerranéennes traditionnellement populaires comme l’Italie, l’Espagne et la France qui dénombrent respectivement 576, 1329 et 1362 cas par million d’habitants.

Les autorités espèrent que le succès dans l’endiguement du Covid-19 incitera les touristes européens à choisir la destination Tunisie.

Ouverture des frontières

Le gouvernement, de son côté, compte bien tirer profit de cet avantage et a annoncé que les frontières maritimes, terrestres et aériennes rouvriraient le 27 juin.

Dans le cadre de mesures d’hygiène et de sécurité renforcées, toutes les personnes arrivant dans le pays devront présenter des tests négatifs effectués moins de 72 heures avant l’arrivée sur le sol tunisien et se soumettre à des contrôles sanitaires.

Par ailleurs, la levée de l’interdiction des déplacements entre les régions du pays le 4 juin vient s’ajouter à ces mesures destinées à attirer les visiteurs internationaux. Le tourisme interurbain représentant 20% des activités du secteur, ce développement pourrait être synonyme de retombées considérables pour les entreprises locales.

L’importance économique du secteur dans son ensemble apparait clairement au vu des chiffres suivants : avant l’apparition du virus, le tourisme représentait 8% du PIB et employait indirectement 400 000 personnes, le pays ayant accueilli un nombre record de 9,4 millions de touristes l’an dernier.

Les efforts déployés pour sauver la saison touristique estivale pourraient par conséquent poser les bases d’une reprise économique et contrebalancer les pertes essuyées par le secteur à cause du virus, qui atteindraient selon les estimations jusqu’à 1,4 milliard de dollars cette année.

Défis de l’après-virus

La Tunisie, comme bien d’autres pays, se voit confrontée à une série de défis à l’heure où l’activité économique reprend lentement.

D’après les prévisions du FMI, le PIB devrait se contracter de 4,3% cette année, soit la baisse la plus marquée depuis l’indépendance en 1956, tandis que la forte hausse du chômage due aux conséquences du Covid-19 est source d’inquiétudes.

Afin de contribuer à lutter contre les effets immédiats de la crise, le pays a dévoilé le 23 mars un plan d’aide d’un montant de 2,5 milliards de dinars (887,6 millions de dollars) qui comprend un rééchelonnement des dettes fiscales, un report de trois mois des déclarations d’impôt pour les petites et moyennes entreprises, et une aide financière pour les travailleurs au chômage et les familles défavorisées.

Si la chute de la demande mondiale de produits automobiles et aéronautiques – qui représentent un pourcentage considérable de l’économie tunisienne, orientée vers les exportations – aura des conséquences douloureuses pour les entreprises locales sur le court terme, le pays pourrait profiter des efforts mondiaux de diversification des chaines d’approvisionnement déployés en réponse au Covid-19.

Suite à la perturbation des chaines d’approvisionnement qui a accompagné la crise, de nombreuses entreprises cherchent à transférer certaines de leurs activités manufacturières hors de Chine pour les rapprocher de marchés clés.

Pour les entreprises axées sur l’Europe, le Tunisie, avec son secteur industriel développé et sa main d’œuvre bon marché, fait figure de candidat sérieux pour de telles réorganisations, assure Oxford Business News Group.

Miser sur un succès de la saison touristique, avec comme toile de fond la relance de l’économie, est un pari assez risqué. La Tunisie a beau être une destination Covid-safe, l’évolution de la situation à l’échelle internationale pourrait rebuter. Les nouvelles mesures mises en place par les autorités, notamment le test PCR obligatoire et les conditions de transport et de séjour strictes, constituent une contrainte dissuasive. D’ailleurs, les hôteliers affirment que depuis l’annonce des dernières mesures une vague d’annulation des réservations a été enregistrée.

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