Jeudi , 2 juillet 2020
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Influence, Nabil Karoui, UReputation… C’est quoi l’affaire « Opération Carthage » ?

Les dernières élections tunisiennes de 2019 ont marqué un tournant dans l’histoire de l’utilisation des réseaux sociaux et notamment Facebook à des fins politiques et électorales en Tunisie.

Ces pratiques sont légales et interviennent dans le contexte d’une explosion de la communication digitale politique dans le monde entier. Sauf que durant ces derniers scrutins électoraux c’était beaucoup plus que de simples opérations de E-Réputation et de communication politique. On parle d’éventuelle affaires d’ingérence et de manipulation des choix électoraux et des élections.

En tout cas c’est le géant des réseaux sociaux Facebook qui a révélé dernièrement avoir démantelé un réseau de faux comptes s’activant en Tunisie. En effet, dans un rapport publié récemment, Facebook a annoncé avoir supprimé deux réseaux de faux comptes, dont l’un s’activant depuis la Tunisie.

D’après la firme, ce réseau s’est concentré sur les pays francophones d’Afrique subsaharienne en utilisant de faux comptes pour se faire passer pour des locaux et publier du contenu en vue de rediriger les utilisateurs ciblés vers des sites hors plateforme.

Au total, 446 pages ont été supprimées par Facebook, au même titre que 182 comptes, 96 groupes, 60 événements et 209 comptes Instagram. Revenant sur ce rapport, le Think Tank américain, Atlantic Council a publié une investigation portant sur ce réseau de désinformation, pour affirmer qu’une société tunisienne serait dernière ces actions.

On affirme dans ce sens que la société de communication digitale baptisée UReputation a mené ces opérations de désinformation ciblant 10 pays africains pour le compte de quatre hommes politiques candidats aux présidentielles de leurs pays, dont l’ex-candidat à la présidentielle et président du parti Qalb Tounes Nabil Karoui, d’où l’appellation de cette affaire « Opération Carthage ».

Selon le média tunisien Nawaat, une recherche sur le Registre National des Entreprises a abouti à la découverte du propriétaire du lobbyiste franco-tunisien Lotfi Bel Hadj.

« Les différentes sources médiatiques évoquant un intérêt de Lotfi Bel Hadj pour la vie politique tunisienne révèlent un appétit instable et aux penchants variés. Rapprochement avec Ennahdha en 2014, pourparlers avec Tahya Tounes en mars 2019 avant de collaborer avec Nabil Karoui et son Qalb Tounes plus tard lors de la même année », explique le site d’information.

Dans le cadre précis de cette affaire, l’avocat et dirigeant de Tahya Tounes, Aslan Ben Rejeb, a tenu, mercredi 10 juin, une conférence de presse pour évoquer la position de son parti.

Tahya Tounes estime en effet, qu’il y a eu une désinformation digitale durant les dernières élections qui l’a privé de voix. Aslan Ben Rejeb a indiqué que son parti allait saisir le parquet afin d’enquêter sur cette affaire, signalant toutefois que son parti ne compte pas mettre en doute les résultats des élections.

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