Jeudi , 2 juillet 2020
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Où est le plan de relance ?

Il ne suffit pas de sauver les âmes (Merci pour cela, notamment à tous les corps médicaux et paramédicaux, ainsi qu’à l’ex ministre de la Santé, Sonia Becheikh, qui a été la 1ère à penser au confinement et à la quarantaine, et dans une moindre mesure à Abdellatif Mekki qui n’a fait qu’appliquer les consignes du Comité médical), et les laisser sans aucune perspective économique. Le Covid a certes touché, jusqu’au 6 juin 2020, 1087 personnes et en a tué 49. Ses effets sur l’emploi, les salaires, le coût de la vie et tout l’avenir économique d’un pays seront nettement plus désastreux.

Le confinement est fini. Le Coronavirus est presque parti. Le déconfinement en est déjà à sa phase 2. Et toujours aucune annonce de la Kasbah, ministère des Finances compris, quant à un quelconque plan de relance d’une économie au bord de l’asphyxie. Cela nous rappellerait presque la loi de l’urgence économique, qui avait passé toutes les urgences, pour ensuite finir aux poubelles.

Comme la loi sur l’urgence économique partie avec Fadhel Abdelkefi, le plan de relance économique fait du surplace avec un chef de gouvernement qui a renvoyé sa révélation une première fois sous prétexte de Coronavirus, et pourrait le renvoyer de nouveau.

Fayçal Derbel, député et rapporteur de la commission des finances, du plan et développement, le confirme : « il n’y a pas de plan de relance économique. Il y a juste des mesures dont l’objectif est juste d’éviter l’asphyxie et pour que les gens continuent de subsister. La relance, aucun n’y pense ». Une déclaration faite à Africanmanager que confirment les dernières séances de débats parlementaires, qui ont d’ailleurs fait beaucoup de bruit dans une bordée d’injures échangées pour rien. Les députés étaient, en effet, plus préoccupés du sort de la Libye menacée d’interventions étrangères, et du sort de Rached Ghannouchi au Perchoir que de celui du tissu entrepreneurial menaçant ruine dans un Etat dont les finances sont déjà en ruine.

La relance ? Personne n’y pense !

Le ministre Slim Azzabi avait promis que le chef du gouvernement sera le 25 juin à l’ARP pour dresser le bilan de ses premiers 100 jours et présenter le plan de relance économique. « Or, ce plan devra faire l’objet d’une loi, car son droit de passage en force par décret-loi, prendra fin le 11 juin 2020. Et pour ainsi faire, le projet de loi ne pourra pas être prêt avant début juillet 2020, ni être examiné par les commissions de l’ARP avant le 25 juillet, lorsque commenceront les vacances parlementaires. Pratiquement donc, le plan de relance ne passera pas à l’ARP avant début septembre 2020, où il sera bousculé par le budget de l’Etat et sa loi de finances qui deviendra alors la 1ère des urgences », explique encore le député, qui estime que « ils jouent avec le feu ».

Une assertion, celle du député Derbel, qui se confirme davantage lorsqu’on voit à quoi on pense, dans cette conjoncture plus que difficile et de misère profonde, comme dit par Elyes Fakhfakh. Pour le transport aérien par exemple, le ministre se révèle être un sinistre pour la compagnie, en refusant d’y mettre un sou. Il se fait rabrouer par le syndicat, selon nos sources, et se fait tirer l’oreille par l’IATA. Ce faisant, Anouar Maarouf aura ainsi détruit la plus importante compagnie de transport, avant même de penser à la relancer.

Pour le tourisme, hôteliers, agences de voyages et TO, attendent toujours les mesures, pour ne pas dire la politique qui n’est toujours pas définie pour ce secteur lequel représente 15 % du PIB, de la relance de leur secteur sinistré, après quelques saupoudrages d’aides aux entreprises impactées par le covid-19, tous secteurs confondus. Côté développement économique, le ministre Slim Azzabi est confiné dans le rôle de tête chercheuse de conventions d’aide financière, et en oublierait presque le volet investissement de son ministère.

L’argent qui devait financer un possible plan de relance d’une économie plus que touchée par le Coronavirus, est « détourné » par le gouvernement pour boucler un budget, où les ressources propres se raréfient, soit sous l’effet Covid, soit sous celui des « mesurettes » ou demi-mesures, uniquement guidées par la recherche effrénée d’argent pour le budget.

Entretemps, le ministre des Domaines de l’Etat et son copain Mohamed Abbou jouent à faire peur à tout cadre tunisien qui aurait le malheur de vouloir diriger une entreprise, en ébruitant des enquêtes sur de prétendues affaires de corruption, et en recueillir les effets Buzz.

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