Mercredi , 23 septembre 2020
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Fakhfakh prépare le déconfinement. Le scénario le plus probable !

Une gestion à la petite semaine, de manière spontanée, très court-termiste et sans réfléchir à l’avenir. C’est qu’on pourrait jusque-là dire de la manière dont le gouvernement Fakhfakh, ministre de la Santé y compris, de l’épidémie tunisienne du Coronavirus. Une gestion, dont le seul fait visible est le décompte macabre quotidien du nombre des morts et des contaminés tunisiens.

Un décompte, jusque-là incompréhensible, fait sur la base d’un nombre toujours variable de personnes testées, et dans lequel le ministère de la Santé vient d’introduire une nouvelle variable, celle des cas testés négatifs et qui redeviennent positifs au Covid-19. Une gestion statistique donc, désormais, sujette à plus d’une question. La première et l’essentielle, est que le cri d’alarme quotidien du ministère de la Santé quant à la vitesse d’expansion du Corona virus, semble Inversement proportionnel au chiffre quotidien de la contagion. Le ministère en saurait-il plus qu’il ne dit ?

Ce qui est sûr, c’est que la nécrologie quotidienne n’a jamais été accompagnée d’une quelconque analyse, ni statistique, ni de tendance ou de perspective, qui donnerait un tant soit peu de visibilité sociale et surtout économique aux opérateurs. Le haut comité scientifique que réunit le chef du gouvernement serait-il toujours incapable, après un mois et 10 jours, de dire où va l’épidémie du Covid-19 en Tunisie ? Et s’il le sait, pourquoi ne le dirait-il pas ?

  • Le désastre, social et sanitaire, des 200 DT

Une gestion sociale des effets du Covid-19, désastreuse, avec l’affaire des aides financières. On les avait conseillés de ne pas distribuer du cash, pour risque de meute populaire avide d’argent sonnant et trébuchant. Ils n’en ont fait qu’à leur tête, et la course au cash a certainement accéléré la contamination dans plus d’une région du pays, et la distribution des aides tourne au désastre.

Il était prévu que la distribution se fera sur l’unique critère de la base de données des détenteurs de carnets jaunes, et de confier cette tâche aux techniciens des affaires sociales, les représentants régionaux des affaires sociales qui connaissent l’outil et en ont le moyen technologique (des tablettes liées à cette base de données qui devient interrogeable à temps réel). Ils choisissent de politiser l’exercice de distribution des aides financières, le confiant aux délégués régionaux ou sous-préfets. Sous la pression de la horde des demandeurs d’aides financières, ces derniers finissent par distribuer l’argent à la « va-comme-je-te-pousse », et presqu’au faciès. 4000 fonctionnaires bénéficieront indûment de l’allocation, et certains délégués seront soupçonnés de corruption, comme l’a noté l’instance chargée de la lutte contre la corruption.

  • Le scénario, le plus probable, pour le déconfinement

Ce qui est tout aussi sûr selon nos sources, c’est que le gouvernement Fakhfakh planche, depuis quelques jours, sur l’élaboration de scénarios de déconfinement. Et ce, malgré l’avertissement de l’OMS, et pour des raisons économiques qui pourraient au moins lui éviter les affres politiques d’une récession économique « la plus grave depuis l’indépendance du pays en 1956 » de l’avis même du FMI.

Selon nos informations, le scénario de déconfinement le plus probable pourrait être, non seulement progressif comme l’avait déjà dit le chef du gouvernement, mais aussi et surtout sélectif. Cela, dans le sens où il ne sera pas d’une seule traite et total. Nos sources indiquent qu’il pourrait d’abord concerner les employés de certains secteurs d’activités, jugés vitaux dans un plan de maintien de l’activité économique, seule capable de sauver le tissu d’entreprises et minimiser l’impact du confinement général, jusque-là en vigueur, sur l’emploi et le chômage.

Néanmoins, nos sources estiment que le gouvernement ne pourra pas éviter une hausse conséquente du taux de chômage qui était de 14,9 % au 4ème trimestre 2019. La décision de déconfinement des employés des secteurs concernés, ne devrait cependant pas aller au-delà des 50 % et sous réserve, peut-être, d’un dépistage post-déconfinement, le port du masque et la prise en charge du transport privé par les employeurs, prestations qui pourraient être prises en charge par l’Etat pour ne pas alourdir encore plus les coûts des entreprises ou secteurs concernés.

Courbe de propagation du Coronavirus en Tunisie, mise à jour 11 AVRIL 2020

  • Où sont les 4 Milliards DT ?

Gestion, enfin, financière incompréhensible de l’impact économique du Covid-19 sur les personnes et les entreprises. Le gouvernement d’Elyes Fakhfakh n’a cessé de crier sur tous les toits depuis l’éclatement de la crise, qu’il lui fallait de l’aide financière urgente pour pouvoir y faire face. De bon gré ou sous la menace, l’argent a afflué. Les banques ont donné plus de 200 MDT, le 1818 a jusque-là rapporté plus de 81 MDT des particuliers, l’Union Européenne a donné 250 M€, l’Italie 50 M€, et tout dernièrement, le FMI a donné 752 M$. Des particuliers, locaux (comme les Driss et beaucoup d’autres), ou étrangers (l’exemple de Samsung qui a équipé un hôpital de campagne de 250 lits, ou l’homme d’affaires chinois d’Ali Baba qui a fourni des masques et autres).

Et alors que le ministre de la Santé affirme n’avoir rien encore dépensé de l’argent du 1818, force est de se poser la question de savoir où sont allés, où iront les presque 4 Milliards DT qui ont été ou seront récoltés ? De cette frénétique mobilisation des ressources, de cette politique de lissage des retombées sanitaires du Coronavirus, et de ce cri d’alarme quotidien sur la vitesse de propagation de la maladie, devrait-on comprendre que le gouvernement d’Elyes Fakhfakh ne faisait que se préparer à la catastrophe sanitaire dont le peuple ne se doute pas encore, drogué par les effets d’une communication, minimaliste et de lissage des chiffres ?

  • Tentative de réponse, faute de communication officielle

Mais on pourrait aussi comprendre que le gouvernement gère ses ressources du mieux qu’il peut. Il faut d’abord rappeler qu’Elyes Fakhfakh avait mis en place son gouvernement après plusieurs mois d’une attente qui avait frappé toute l’administration de paralysie et d’une inertie productive pour manque de visibilité. Une situation qui avait fini par arrêter le programme d’aide du FMI, on se le rappelle.

A l’approbation du budget 2020, le gouvernement n’avait déjà aucune cagnotte. Il se devait de fonctionner au mois, et selon les dispositions financières issues des ressources propres, notamment les différents taxes et impôts. Force est de rappeler encore que l’économie était déjà presqu’à l’arrêt. Le Covid-19 et le confinement ont alors arrêté toute activité, et mis à mal le recouvrement des ressources propres pour l’Etat. Or, un seul mois de salaires pour les fonctionnaires et les retraités, nécessite une dépense mensuelle nettement supérieure à un milliard DT. Cela, sans compter les achats mensuels de carburants par la Steg et la Stir, payés en devises, ainsi que le remboursement de la dette. On pourra opposer à cela tout ce qu’on veut, comme le non-paiement de la dette ou son rééchelonnement, ou encore plus d’austérité dans les dépenses de l’Etat, les dépenses incompressibles, de compensation, de salaires ou d’achat de denrées de consommation, resteront incontournables. Le chef du gouvernement avait promis des dettes autres que pour la consommation, le Covid-19 lui impose d’autres priorités et l’oblige à des dépenses inattendues. C’est là que seraient allés, selon nous, les Milliards de Dinars jusque-là récoltés, en interne et en externe. Et c’est pour tout cela qu’Elyes Fakhfakh n’est pas à envier dans son poste de chef de gouvernement, dans cette conjoncture plus que difficile et dans un pays ingouvernable !

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