Mardi , 7 avril 2020
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Baisse des prix du pétrole et des céréales: Des opportunités à saisir

« A quelque chose malheur est bon ». C’est, à tout le moins, ce que dit un proverbe. Et, justement, la situation par laquelle passent le monde et la Tunisie s’y prête parfaitement. En effet, l’arrivée de l’épidémie de coronavirus (qui s’est vite transformée en pandémie) a bouleversé toutes les données et créé de nouvelles tendances auxquelles personne ne s’attendait.

Aujourd’hui, c’est l’humanité entière qui se trouve dans un univers inédit dans lequel un nouvel ordre mondial est en train de s’instaurer et, avec lui, de nouveaux rapports sont en train de se dessiner à tel point qu’on est en train de parler d’un « avant » et d’un « après » corona.

Mais pour rester dans le corona immédiat, les nations se démènent pour éviter le pire malgré les moyens limités de lutte contre le fléau. Même si tout est là pour indiquer que l’issue n’est pas pour l’immédiat, il existe une conjoncture assez favorable pour permettre aux Etats qui le veulent de prendre les mesures adéquates afin de « profiter » de certains avantages qui ont découlé de l’apparition subite et inattendue du Covid-19.

Pétrole : – de 60 % de sa valeur.

Les marchés internationaux des matières premières, notamment, sont, aujourd’hui, au plus bas. Les activités économiques des pays développés étant au ralenti (particulièrement le géant chinois), beaucoup de matières premières ont vu leur prix baisser de façon spectaculaire. Il suffit de prendre en compte, uniquement, deux produits de première importance comme le pétrole et les céréales. Sur ces volets, tous les indicateurs vont dans le sens d’une baisse, voire d’une chute des prix.

Concernant, d’abord, le pétrole, par exemple, le budget de l’Etat, pour 2020, a tablé sur le baril à 65 dollars. Or, actuellement, les cours du marché sont très en decà de ce seuil. La courbe descendante s’est traduite par une division par deux de cette marge. Selon des analystes internationaux, le cours du pétrole aurait perdu ces derniers temps près de 60 % de sa valeur. Le baril est descendu à moins de 30 dollars. Cela est dû, surtout, à la lutte que se livrent la Russie et l’Arabie Saoudite. Cette dernière veut que la Russie se plie à la stratégie de baisse de la production adoptée par les pays de l’Opep. Ce qui, de toute évidence, n’est pas fait pour arranger les affaires de l’économie russe qui se base sur les recettes issues du pétrole, entre autres.

De ce fait, ce sont les pays importateurs de cette matière qui se frottent les mains (même si ce n’est que provisoire). Il est vrai que le président américain attend le moment propice pour intervenir et donner un coup de fouet au marché du pétrole. Toutefois, cette conjoncture est on ne peut plus favorable pour notre économie si on veut s’investir et saisir l’occasion de desserrer l’étau à ce niveau. Il faut savoir que la hausse de 1 dollar du baril de pétrole signifie une augmentation des dépenses de subvention de 142 millions de dinars. En d’autres termes, une baisse de 1 dollar équivaudrait à une économie de ce montant.

En outre, l’acquisition d’importantes quantités de pétrole dans la conjoncture actuelle ferait gagner tout autant de devises en même temps qu’elle permettrait des bénéfices conséquents. Certes, nos responsables sont conscients de cette possibilité. Nos spécialistes savent, aussi, qu’il est de l’intérêt de notre pays de ne pas laisser passer cette opportunité même si la situation impose une pression au niveau des priorités.

Ce qu’on relègue, également, au second plan c’est l’impossible démarrage du champ gazier Nawara. Sur ce point, il y a lieu de réaffirmer la primauté de l’Etat dans des domaines éminemment stratégiques et d’imposer par la force (de la loi) l’intérêt national. N’oublions pas que cette réalisation est à considérer comme l’un des plus grands projets dont le coût dépasse les 3.000 milliards de nos millimes. Sous quels prétextes veut-on freiner la production de ce champ ?

Est-il concevable qu’il y ait des tunisiens qui soient en première ligne pour bloquer un si grand projet ? Qu’y a-t-il derrière cet entêtement à mettre les bâtons dans les roues de cet important programme ?

En vérité, rien ne peut expliquer cet acharnement à empêcher que la Tunisie avance.

C’est, d’ailleurs, ce que devrait admettre tous ceux qui cherchent le bien du pays.

Toujours est-il que la Tunisie est là qui lutte contre non seulement le fléau sanitaire, mais également contre ces fléaux politiques et sociaux qui se sont mis en travers du développement.

Bien que le constat soit amer, l’écrasante majorité des tunisiens est convaincue que nous sommes capables de surmonter tous les obstacles tant que nous disposons d’une bonne volonté.

Les céréales aussi

Pour revenir aux opportunités que nous devons saisir, il faudrait signaler la baisse des prix des céréales. Sur ce point et, selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), dans son bulletin mensuel de veille, la Tunisie a acquis 125 mille tonnes de blé tendre (en date du 24 février 2020) à un prix moyen de 233.64 dollars la tonne. Les cargaisons de cette céréale atteindront les ports tunisiens au cours des mois d’avril et de mai prochains.

La Tunisie recevra aussi une livraison de 150 mille tonnes d’orge fourrager, acheté, également, en février 2020, à un prix moyen estimé à 206.15 dollars la tonne. La conjoncture est favorable puisque le marché international des céréales a vu les prix chuter sensiblement depuis l’apparition de la pandémie du coronavirus en décembre 2019.

Les prix du blé tendre européen ont, ainsi, chuté de 5.37 %, entre janvier et mars 2020, passant d’un prix moyen mensuel de 597.37 dinars la tonne en janvier 2020, à 565.27 dinars la tonne en mars de la même année.

Pour le blé tendre sur le marché américain, les prix se sont inscrits sur la même courbe descendante, en chutant de 7.16 % durant les trois premiers mois de l’année en cours, pour passer de 587.77 dinars en janvier à 545.67 dinars la tonne en mars 2020.

Il en est de même pour les prix de l’orge fourrager, qui a baissé de 9.11 % au début de l’année 2020, passant de 510.98 dinars la tonne en janvier à 464.43 dinars la tonne, alors que les prix du blé dur ont évolué de 6.12 % pour atteindre, en mars, 811.2 dinars la tonne contre 510.98 dinars la tonne au début de l’année.

Ce qu’on peut remarquer, c’est qu’il y a, en dépit d’une situation stressante, des niches à exploiter pour atténuer la crise.

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