Mardi , 28 juin 2022
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Principaux acteurs et aspect géopolitique de l’industrie de l’armement

Quelques chiffres :

Chaque année, l’équivalent de 100 milliards de dollars d’armes est échangé à travers la planète
12 milliards de balles sont produites tous les ans
175 millions d’armes légères et de petit calibre sont en circulation dans le monde.

L’industrie de l’armement desserre la sphère d’influence du pays exportateur et prouve leur force et leur indépendance.

Commençons par l’OFFRE dans le marché de l’armement :

1/ Les États-Unis sont en haut du podium, le pays absorbe 36 % du marché mondial et compte 42 entreprises dans le top 100 des géants de l’armement comme Lockheed Martin, Boeing, General Dynamics etc…, ses principaux clients sont l’Arabie saoudite l’Australie et les Émirats arabes unis

2/ En deuxième position se trouve la Russie qui absorbe 21 % du marché, une deuxième position renforcée par son programme de modernisation de ses forces et l’exportation mais aussi la qualité de sa diplomatie.
Le groupe russe Almaz-Antey (qui fabrique les fameux S 400) a fait son entrée dans le top 10 des plus grandes entreprises mondiales de l’armement.
Comme clients principaux, nous retrouvons l’Inde à 22%, la Chine à 14% et l’Algérie à 14%

3/Le troisième exportateur d’armement n’est autre que la France qui absorbe 6.8% du marché et ses ventes ont d’ailleurs augmenté.

Ses principaux clients sur cette période sont l’Égypte 28 %, l’Inde à 9% et l’Arabie saoudite à 7 %.

4/L’Allemagne vient à la 4ème place (ventes sont sur le recul).

5/La Chine, avec 5 % d’exportation est le cinquième exportateur mondial d’armes et se rapproche toujours davantage de l’autosuffisance. Elle a non seulement réduit ses importations de 19 % mais elle a surtout augmenté ses exportations de 38 %.

6/Le Royaume-Uni arrive sixième avec 4% d’exportation

7/L’Espagne septième, 3% d’exportation

8/Israël huitième 3%d’exportation

9/Italie neuvième 2% d’exportation

10/Ukraine dixième 2% d’exportation

Après l’Offre voyons maintenant la DEMANDE:

Les principaux importateurs se trouvent géographiquement dans la zone Asie océanique qui comprend environ 40 % des importations d’armement suivi par le Moyen-Orient à 35 % qui devrait passer premier dans les années à venir compte tenu de l’augmentation des importations de 87 % sur les dernières décennies au Moyen-Orient.

Ainsi les 5 plus grands importateurs d’armes sont : l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Égypte, l’Australie et l’Algérie regroupant 35 % des importations.

L’armement est un marché qui permet de constater les principaux points chauds du globe.
Globalement, les exportations d’armes sont le thermomètre des conflits du globe. Là où elles chutent, les tensions se sont apaisées. C’est par exemple le cas de l’Amérique du Sud, où les ventes reculent de 29 %, exception faite du Venezuela.

Le marché de l’armement est directement indexé sur la politique internationale d’un pays et, en allant plus loin, permet même de discerner certaines alliances.

La concurrence entre les industries de l’armement est rude et c’est la diplomatie du plus fort qui l’emporte en plus des alliances et négociations traditionnelles entre pays.

Nous pouvons ainsi différencier deux pratiques dans les relations entre les pays exportateur et importateur :

1- La stratégie du “MONOPOLE” :

La plupart des pays importateurs sont soumis à un monopole d’un pays exportateur.

L’objectif de l’exportateur est littéralement de submerger le pays importateur de son armement pour priver tout espoir à la concurrence de s’installer durablement.

Dans le cadre d’une politique d’influence globale, l’industrie de l’armement n’est qu’un des nombreux outils en place pour asseoir son influence dans le pays cible.

Vendre de l’armement c’est vendre une part de son influence, forger des liens profonds entre l’exportateur et l’importateur, développer une coopération, des échanges entre les armées des deux pays, accroître les relations diplomatiques sur ses bases puis justifier cette relation pour vendre plus d’armement pour ensuite renforcer la coopération, etc…

L’importation américaine représente par exemple environ 100 % des importations à Taiwan, 95 % des importations au Japon et 87 % des importations au Koweït.

Nous retrouvons également une sphère d’importation Russe qui représente :

84 % des importations Kazakhstan

66 % des importations en Algérie

70 % des importations en Chine

Et 78 % des importations au Vietnam

La chine, puissance exportatrice, semble avoir adopté la stratégie du monopole où elle représente 70 % des importations d’armement au Bangladesh et au Pakistan. Ici la logique de ceinturer le rival indien est bien visible.

2- La stratégie de la “NICHE”:

D’autres pays comme l’Égypte, l’Indonésie, Oman, la Thaïlande la Jordanie, le Brésil ou encore par exemple la Pologne demeurent des pays où le marché n’a pas encore été suffisamment monopoliser par un exportateur.

Ces pays sont visés notamment par la France.

Le but n’est pas ici de submerger le marché avec son armement, mais de profiter de l’absence d’un monopole pour se greffer à la demande du pays et dominer le marché au moins temporairement.

Il est aussi tout à fait possible de prendre des parts de marché dans un secteur spécialisé ou l’exportateur a fait ses preuves : pour la France, d’Assault et Naval group ont l’expérience et l’influence suffisante pour s’imposer dans un marché saturé par un monopole en proposant l’exception française.

Les meilleurs exemples étant par exemple le contrat des 12 sous-marins signé avec l’Australie par Naval Group ou encore les 300 blindés sherpas de Renault Trucks Défense vendus au Koweït (qui importe pourtant   87 % d’armement américain)

Pour l’importateur, l’achat d’armes a un enjeu politique en interne comme en externe, pendant la guerre froide acheter français ou anglais revient à écarter le bipartisme idéologique imposé par les États-Unis et l’URSS.

Le but pour l’importateur et aujourd’hui davantage de limiter sa dépendance à un exportateur trop monopolisant comme souvent en géopolitique l’allié d’aujourd’hui est l’ennemi de demain.

Diversifier ses importations c’est limiter ses risques.

* Jied Aouij est pharmacien de formation avant de trouver sa vocation dans le commerce des armes. Jied Aouij est actuellement consultant dans la défense et la sécurité des Etats il est le directeur général de FEMCO ltd ( Fournitures Équipements militaires Compagny)

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