Dimanche , 23 février 2020
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Matteo Salvini dépasse de nouveau les bornes

L’ancien ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini a été à l’origine d’une vive polémique suite à la diffusion d’une vidéo le montrant à la porte d’un Tunisien habitant à Bologne, en Italie. Accompagné de caméras et de journalistes, le leader d’extrême droite a sonné à l’interphone d’une famille rien que pour demander à ses membres s’ils étaient des dealers de drogue. Un agissement offensant qui a été fortement dénoncé du côté tunisien.

Matteo Salvini s’est retrouvé, encore une fois, au cœur d’une polémique qui a visé, cette fois-ci, une famille tuniso-italienne. Célèbre pour ses propos racistes et radicaux, le comportement xénophobe de M. Salvini à l’égard de cette famille a pris, cependant, une dimension sans précédent.

La vidéo a été, d’abord, diffusée en direct, dans la soirée du 21 janvier 2020, sur la page Facebook du leader de la Ligue qui contient plus de quatre millions d’abonnés. Dans cette vidéo, on peut voir une dame de la région indiquer à M. Salvini, entouré d’habitants du quartier situé à la périphérie de Bologne, un appartement d’une famille tuniso-italienne lui assurant qu’elle hébergeait l’un des plus grands dealers du quartier.

Suite à cela, Matteo Salvini a sonné à l’interphone de l’immeuble et a demandé à l’homme au bout du fil s’il était réellement un trafiquant de drogue. Il lui a, également, demandé la permission de monter chez lui pour s’en assurer, sans le moindre respect de la vie privées des individus concernés puisque l’on peut même entendre leurs noms dans la vidéo.

Il s’agissait d’un ressortissant tunisien en Italie âgé de 58 ans marié à une italienne et qui réside en Italie depuis 38 ans. La situation de l’homme en question en Italie est régulière et il travaille en tant que chauffeur d’un camion poids-lourd.

Pour justifier cet acte, Matteo Salvini a expliqué qu’il a agi en tant que citoyen suite à une plainte déposée par une dame du quartier ayant eu des soupçons autour de la famille en question. Mais sa justification n’a pas réussi à atténuer l’indignation des tunisiens.

L’ambassadeur de Tunisie à Rome, Moez Sinaoui était parmi les premiers à réagir estimant que le comportement de M. Salvini était honteux et portait atteinte à la réputation des immigrés tunisiens en Italie. M. Sinaoui avait, par ailleurs, dénoncé cet incident en adressant un message au président du Sénat italien exigeant des excuses officielles.

Le parti Attayar est, lui aussi, revenu sur la polémique émettant un communiqué condamnant les agissements de Matteo Salvini. La coordination d’Attayar en Italie a, dans ce sens, alerté contre les graves répercussions de ces actes racistes sur les liens amicaux entre l’Italie et la Tunisie.

Le député Yassine Ayari a, de son côté, dénoncé le comportement de Matteo Salvini via un statut Facebook annonçant qu’il avait adressé des correspondances au Sénat italien, à la Chambre des députés ainsi qu’à l’ambassadeur d’Italie à Tunis, Lorenzo Fanara. M. Ayari a, aussi, exhorté le ministre tunisien de l’Intérieur, Hichem Fourati à interdire l’accès à Matteo Salvini et le considérer, désormis, « persona non grata ».

Cet incident a, en outre, déclenché une vague d’appui populaire où un nombre de Tunisiens résidant en Italie ont mis à la disposition de la famille en question un avocat pour leur permettre de déposer une plainte contre Matteo Salvini et ce selon l’élu indépendant, Sami Ben Abdelali.

Pour sa part, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a qualifié Matteo Salvini de « xénophobe » et de « populiste » affirmant sa disponibilité à apporter un soutien légal à la victime de cette humiliation.

Indéniablement, ce n’est pas la première fois que l’ancien ministre italien de l’Intérieur, écarté du pouvoir en août 2019, s’en prend aux Tunisiens. En 2018, Matteo Salvini avait traité les migrants clandestins provenant de la Tunisie vers l’Italie de « délinquants » et d’ « ex-détenus », suite au naufrage d’un bateau de migrants, en majorité tunisiens, au large de Kerkennah.

Ainsi, l’ambassadeur italien à Tunis a été convoqué par le ministère tunisien des Affaires étrangères. Lorenzo Fanara a assuré que les propos de Matteo Salvini ont été sortis de leur contexte et qu’ils ne reflétaient pas la valeur de la coopération bilatérale notamment en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

Toutefois, les positions de Matteo Salvini ne sont pas méconnues des Tunisiens. L’ex ministre ne s’en cache pas d’ailleurs. Matteo Salvini s’oppose fermement à l’immigration irrégulière et prône le rapatriement des clandestins choisissant de s’attaquer en premier lieu aux Tunisiens.

Matteo Salvini, qui est candidat au poste du Premier ministre après son éviction du département de l’Intérieur, est aussi un fervent défenseur de la souveraineté du sol italien. Il a, en effet, défendu le décret sur la sécurité « anti-migrants » attisant, ainsi, la colère de la gauche italienne aussi bien que celle du milieu associatif.

Un décret controversé qui lui a valu une forte mobilisation des citoyens italiens venus par milliers manifester à Rome, en octobre 2018, contre Matteo Salvini et les législations jugées racistes.

Quoiqu’il en soit, les convictions de Matteo Salvini et les valeurs qu’il défend ne doivent, en aucun cas, être exprimées au détriment de la dignité des Tunisiens. Qu’il s’agisse réellement d’une action citoyenne comme il a prétendu ou bien d’un coup de publicité orchestrée, M. Salvini semble avoir la mémoire courte quant à l’histoire commune entre l’Italie et la Tunisie.

La Tunisie, devrait-elle, peut-être, inviter de nouveau M. Salvini devant la même fresque représentant Hannibal Barca traversant les Alpes vers l’Italie au début de la deuxième guerre punique déclenchée contre Rome ? Un clin d’œil que la Tunisie serait, probablement, obligée de refaire…

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