Lundi , 19 avril 2021
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Attayar et Echaab rebattent les cartes, Tahya tue la partie !

L’issue ne pourrait pas être plus désespérante. Après de longues semaines qui ont tenu en haleine une bonne partie des Tunisiens et toute la classe politique, le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli, a quitté, ce dimanche après-midi, la résidence Dar Edhifa comme il y est entré le premier jour… les mains vides, sans le soupçon d’un embryon d’une équipe ministérielle dont le pays a cruellement besoin. Des semaines de consultations intensives alternant espoir et fâcheux contretemps qui partent ainsi en fumée, par la volonté de deux partis politiques à l’appétit vorace, Attayar de Mohamed Abbou, et Achaab de Zouhair Maghzaoui, Ennahdha n’ayant pas été en reste avec des manœuvres, teintées tantôt de malice, tantôt de chicane, qui ont pulvérisé une l’opportunité, rare et ardemment souhaitée, de doter le pays d’un attelage gouvernemental qui se met à l’ouvrage, toutes affaires cessantes.

Les deux formations politiques majeures, Attayar et Achaab, et à leurs trousses Qalb Tounès et Tahya Tounès ne sont pas de cet avis, pour des raisons pas forcément similaires. Les deux premières citées se sont signalées par une fiévreuse pêche aux maroquins ministériels, croyant disposer de suffisamment de poids pour ramasser l’essentiel du magot. Et faute d’arracher à Jemli, et deriière lui Ennahdha, ce à quoi elles aspiraient, ont tout sèchement décrété qu’elles ne rejoindront pas le gouvernement.

Attayar, par la voix de l’un des membres de son bureau politique, s’est défendu de voir dans sa position une volte-face par rapport à ses dernières décisions, expliquant qu’Attayar est retourné à la table des négociations après avoir reçu, le 16 décembre 2019, une proposition officielle signée par Imed El Hammami, dirigeant du parti Ennahdha.

Une question de maroquins

Dans un communiqué publié, dimanche, à l’issue de la réunion de son bureau politique, le Courant démocratique (Attayar) affirme que «  la composition ne répond pas aux défis posés devant le pays », soulignant que « malgré l’absence de confiance expliquée par les retournements des positions de certains partenaires » il a «  réagi de manière positive pendant tous les rounds de négociations », et ajoutant qu’il n’a reçu aucune proposition sérieuse qui explique clairement son rôle au sein du futur gouvernement, jusqu’au 16 décembre courant. Mais l’essentiel, doit-on le comprendre, loge dans sa demande insistante et irréversible de trois ministères clés, dont deux de souveraineté, nommément l’Intérieur, la Justice, et la Fonction publique. Le chef du gouvernement désigné et son mentor Ennahdha ont fini par lui en accorder la Justice et la Fonction Publique. Mohamed Abbou lie alors son acceptation à un rattachement de la Police judiciaire à la Justice, et un rattachement direct de toutes les structures de contrôle administratif à la Fonction Publique. Le parti de Mohamed Abbou a fini par tout refuser et se déclarer, ce dimanche 22 décembre 2019, non concerné par la participation dans un quelconque gouvernement de Habib Jemli.

Le mouvement Echaab, a formulé des revendications à peu près de la même eau. Son secrétaire général, Zouhair Maghzaoui, a précisé qu’il cherchait à obtenir quatre 4 portefeuilles ministériels dont celui des TIC et celui de la Jeunesse et des sports, au moins. L’autre raison invoquée par Maghzaoui, pour expliquer le refus de son parti de prendre part au gouvernement Jemli, tient aux questions litigieuses discutées avec Jemli. «On n’est pas d’accord sur les entreprises publiques, où le Mouvement du peuple voulait faire dire officiellement au chef du gouvernement qu’il n’en cèdera aucune, l’indépendance de la BCT, et les conventions pétrolières et notamment le cas Nawara», a-t-il détaillé.

Qalb Tounès en embuscade

Quant au parti Qalb Tounès, il a affirmé, à l’issue de la réunion de son bureau exécutif, qu’il n’a désigné aucun député ou membre du parti pour participer au prochain gouvernement, appelant le mouvement Ennahda à assumer ses responsabilités constitutionnelles et politiques, afin de former un gouvernement capable de faire face aux défis socio-économiques.

Le bureau exécutif de Qalb Tounes a également, demandé aux forces politiques, aux organisations nationales et à l’ensemble des acteurs politiques, à faire prévaloir l’intérêt national et assumer pleinement leurs responsabilités envers le peuple et la patrie et à se tenir à l’écart des surenchères. Il a, par ailleurs, mis en garde contre les manigances orchestrées par certaines parties, visant à perturber le processus de formation du gouvernement, avertissant de la gravité de la situation politique, économique et sociale et du vide institutionnel par lequel passe le pays.

Enfin, Tahya Tounès, ne disposant pourtant que de 14 députés, n’y est pas allé du dos de la cuiller. Ne cessant de délibérer, il n’avait pas encore livré le fin du fin de l’histoire, mais le membre de son Instance politiques, Mehdi Abdeljawad, a affirmé que la position officielle et invariable de son parti est un gouvernement d’intérêt national, ajoutant que Tahya Tounès n’est pas concerné par une participation au prochain gouvernement.

Dans une déclaration à Mosaïque fm, il a expliqué que l’entrée en lice de son parti dans la dernière phase de la formation du futur gouvernement visait à faciliter l’opération de participation suite au piétinement du processus, imputant la responsabilité de l’impasse à Ennahdha qui a chargé Habib Jemli de former le gouvernement.

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