Samedi , 23 novembre 2019
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Tunisie – Quelles solutions possibles pour Ennahdha pour constituer son gouvernement ?

Ennahdha s’évertue, depuis la parution des résultats préliminaires des élections législatives, la donnant vainqueur au premier rang, au parlement, à s’entretenir avec tous les partenaires possibles, pour pouvoir former son gouvernement.

Mais Ennahdha semble pressée, cette fois-ci, de gouverner coûte que coûte, au vu des transformations qui s’opèrent à l’échelle internationale et régionale, en rapport avec les révolutions du « printemps arabe », et l’accession au pouvoir de l’Islam politique. Et cet empressement devient évident, rien qu’à la regarder gesticuler dans tous les sens, et frapper à toutes les portes. Mais le problème majeur avec Ennahdha, c’est qu’elle n’adopte jamais un discours direct. Il faut, toujours, qu’elle contourne son but principal, en prêchant le faux pour obtenir le vrai.

Ainsi, et croyant, pouvoir mieux gérer les pourparlers, Ennahdha a choisi d’agiter ses épouvantails, histoire de faire semblant de faire des concessions, plus tard, en y renonçant.

Le premier épouvantail qu’elle a agité étant celui de confier la présidence du gouvernement à Rached Ghannouchi, qui sait, lui-même, qu’il est incapable de gérer ce poste, sans oublier qu’il n’a pas envie de se brûler les ailes dans le fiasco économique et social actuel. Mais en faisant ainsi, Ennahdha pense que les autres partis qui auraient, au départ, été contre la présidence par Ghannouchi de l’ARP, n’y verraient plus d’inconvénient, pensant que çà serait un moindre mal.

Le deuxième épouvantail qu’Ennahdha a agité, a été celui des « ultras », parmi les nouveaux élus, en prétendant conduire avec eux des pourparlers, en vue de gouverner ensemble. Et en faisant cette déclaration, Ennahdha est assurée que les autres partis qui ont fait part de leurs réticence, seraient bien plus enclins à négocier et, surtout, à voter pour le gouvernement d’Ennhdha, quelle que soit sa formation, pourvu qu’il ne soit pas, en partie, composé de ces « ultras ».

Mais de toutes les façons, et quelles que soient les gesticulations d’Ennahdha, la réalité veut qu’elle ne pourra pas se passer d’une alliance contre nature avec le deuxième parti de l’ARP, à savoir 9alb Tounes, qui devra être d’accord pour voter pour le gouvernement sans, pour autant y prendre part. Et ces négociations avec 9alb Tounes ne paraissent pas difficiles à conduire, vu que les députés de ce parti ne peuvent pas se permettre le luxe de remettre leur siège en jeu, dans une répétition des élections. Ceci sans compter sur les nombreux, et assez lourds, dossiers juridiques qui restent comme des épées de Damoclès, suspendues au dessus de la tête de Nabil Karoui.

Enfin, il ne faudrait pas oublier un possible accord entre Ennahdha et Tahya Tounes. Un accord où chacun aura un joker à jouer. Pour les islamistes, ils pensent qu’il serait préférable qu’une autre personnalité et un autre parti fasse les frais de l’échec économique et social. Mais pour Tahya Tounes, ils sont prêts à risquer de jouer le jeu, sachant qu’ils sont dans le secret des chiffres, qu’ils savent que c’est jouable, que le pire est derrière eux, et que le moment serait venu pour récolter les fruits de trois ans de mesures impopulaires mais nécessaires.

Dans tous les cas, et pour conclure, rien ne vaut une bonne tisane et un cachet d’aspirine, pour faire passer le mal de tête que nous donne cette situation et les jeux de rôles qui l’animent.

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