Mercredi , 11 décembre 2019
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La Tunisie sera gouvernée par une coalition de partis disparates !

Ce n’est pas de la politique-fiction, mais une analyse qui puise ses ressorts dans des observations objectives et rapportée à un contexte qui sera très probablement façonné par les prochaines élections. On doit cette projection à Jake Walles, ex-ambassafeur des Etats-Unis à Tunis, et actuellement chercheur principal non résident du programme Moyen-Orient du Carnegie Endowment for International Peace, où il se concentre sur les questions israélo-palestiniennes, la Tunisie et le contre-terrorisme.

Une analyse livrée, pourtant, dans la foulée de la sereine passation du pouvoir à la suite du décès du feu président de la République, Béji Caïd Essebsi, « un transfert du pouvoir sans heurt, conformément aux procédures constitutionnelles… illustrant la force de la démocratie tunisienne ». Et malgré l’absence d’une Cour constitutionnelle opérationnelle, la Constitution a fonctionné comme prévu et le pays gardé son calme. De surcroît, avec l’élection d’un nouveau président et d’un nouveau parlement prévue dans les mois à venir, l’avenir de la Tunisie sera entre les mains des Tunisiens. Le décès de BCE avant la fin de son mandat signifie que le cheminement des élections sera inversé, les présidentielles précédant désormais le vote parlementaire. Cela aura une incidence sur certains calculs politiques, mais ne modifiera pas fondamentalement le processus démocratique, assure le diplomate américain.

Un bémol ayant rang de défi

Mais il y a un bémol, et selon Jake Walles un défi important, c’est «  l’état peu développé du système des partis politiques en Tunisie ». Explication : En fondant Nidaâ Tounes, Caid Essebsi avait espéré que la Tunisie évoluerait vers un système bipartite plus stable. Toutefois, cela ne s’est pas avéré être le cas, car des divisions ont éclaté au sein de Nidaâ’ et aucun parti n’a encore émergé pour rivaliser avec Ennahdha. Cela pourrait changer au cours des prochaines élections, a-t-il pronistiqué.

C’est que, estime-t-il, cette fragmentation du système des partis donne à penser que le nouveau gouvernement qui sortira des prochaines élections sera à nouveau une coalition d’éléments disparates. C’est pourquoi les principes d’inclusion et de consensus encouragés par Béji Caïd Essebsi continueront d’être pertinents pour guider les dirigeants du pays dans la période à venir. Il affirme qu’Il sera particulièrement important de forger un consensus alors qu’un nouveau gouvernement doit faire face aux difficultés économiques auxquelles la Tunisie est confrontée. Les gouvernements précédents ont différé les réformes nécessaires pour sortir le pays de son modèle de croissance économique faible et inégale et de corruption endémique.

L’impératif de coopération

La pression sociale qui en résulte représente peut-être le défi le plus sérieux pour la stabilité de la Tunisie à l’avenir. Dans cette situation, les parties devront coopérer pour résoudre les problèmes économiques et sociaux dans l’intérêt du pays, recommande l’ex-ambassadeur américain en Tunisie.

Et il explique qu’en cette qualité, il a souvent conseillé aux Tunisiens de ne pas désespérer des complications d’une transition démocratique et, ajoute-t-il, «  j’ai souligné ce à quoi les États-Unis avaient également été confrontés dans les premiers temps de la construction d’un système démocratique. Je me souviens de la réponse du père fondateur américain Benjamin Franklin lorsqu’il est sorti de la Convention constitutionnelle lorsque des citoyens de Philadelphie lui ont demandé quel genre de gouvernement les États-Unis allaient avoir. “Une république, si vous pouvez la garder”, aurait-il répondu. Une pensée similaire, je soupçonne, aurait pu être le message d’adieu de Caïd Essebsi au peuple tunisien ».

Cette réflexion, l’ambassadeur Jake Walles l’a livrée dans un hommage posthume rendu à BCE qui « , restera dans l’histoire de la Tunisie comme une figure emblématique… ayant développé sa propre approche basée sur l’inclusion politique et le consensus national, ce qui a aidé à assurer la transition du pays vers la démocratie après le soulèvement de 2010-2011. Il laisse derrière lui un riche héritage dont les Tunisiens devront s’inspirer pour préserver la nouvelle démocratie du pays face aux défis qui l’attendent ».

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