Lundi , 9 décembre 2019
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Des horreurs que la Tunisie devra gérer, seule, de plus en plus

C’est un problème que la Tunisie n’a pas vu venir, dont elle se serait bien passée vu ses gros ennuis par ailleurs, auquel elle ne s’était pas préparée mais qu’il va falloir gérer, de plus en plus. Le pays n’a jamais connu une telle série de naufrages d’embarcations de migrants, avec ses drames humains, épouvantables, insupportables. La Tunisie, avec ses faibles moyens, devra faire face, face à une Europe qui accepte de moins en moins de prendre sa part dans la misère du monde. L’Europe, notamment les portes d’entrée des migrants que sont l’Italie et la Grèce, a changé; des gouvernements moins conciliants sont aux commandes, enhardis par une opinion publique que ces hordes de migrants effraient. Bien entendu c’est plus une peur irrationnelle, irraisonnée, une vision fantasmée qu’autre chose puisque les statistiques ont démontré que les vagues de migrants ont bien dégrossi. Par contre pour des pays aux portes de l’Europe comme la Tunisie et la Libye, les problèmes enflent, avec ces morts atroces en pleine mer qu’ils n’ont pas l’habitude de prendre en charge et dont ils n’ont pas la logistique.

Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) a réitéré son appel aux autorités nationales et régionales à collecter et gérer les informations relatives aux immigrés décédés de manière à les enregistrer dans une base de données centrale, accessible pour toutes les institutions concernées et en vue de faciliter aux familles l’identification de leurs enfants. Il a rappelé dans un communiqué publié dimanche 14 juillet 2019 que des correspondances ont été adressées depuis 2016 aux autorités centrales : la présidence du gouvernement, le ministère des domaines de l’Etat et des Affaires foncières et le ministère des Affaires sociales, les invitant à assumer leur responsabilité en ce qui concerne la désignation d’un lieu pour abriter un cimetière des cadavres des immigrés.

Le forum a réclamé un plan de travail commun, engageant les autorités régionales et locales et associant les organisations humanitaires concernant le traitement des cadavres des immigrés de manière à préserver la dignité après la mort et à donner espoir aux familles de pouvoir identifier les corps de leurs enfants et les ré-enterrer.

Le FTDES, qui suit depuis plusieurs jours l’affaire du naufrage d’une embarcation partie de Libye et transportant plus de 85 migrants, estime que ce qui s’est passé lors du repêchage des corps et leur transport vers l’hôpital de Gabès et la recherche d’un lieu d’enterrement, constitue ” une honte ” quant au respect de l’être humain après la mort, d’autant que plusieurs cadavres ont été transportées dans “des camions destinés essentiellement au transport des déchets”.

Le forum a pointé du doigt les tentatives menées par plusieurs municipalités d’échapper à leur responsabilité morale et humaine, en ce qui concerne la désignation d’un lieu adapté pour l’enterrement des cadavres repêchées, selon le communiqué. Le FTDES a particulièrement dénoncé l’enterrement par la municipalité de Zarzis le 13 juillet 2019 de tous les cadavres dans une fosse commune.

Par ailleurs, il s’est félicité de la réalisation des analyses d’ADN afin de permettre aux familles d’identifier leurs enfants ainsi que de la décision du conseil municipal de Bouchemma d’accepter l’enterrement des cadavres des immigrés.

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