Vendredi , 7 octobre 2022
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Amendement de la loi électorale : Le casse-tête du modèle démocratique tunisien

La polémique autour de l’amendement de la loi électorale ne cesse d’enfler depuis quelques jours. Tout a commencé par une proposition du gouvernement soumise au Parlement portant sur ce sujet.

Ce texte du projet soumis à l’ARP, donne la prérogative à l’ISIE de refuser la candidature de toute personne qui ne respecte pas les principes de la démocratie et de l’alternance pacifique au pouvoir, ou tout candidat qui prône la haine, la division du peuple, ou qui fait l’éloge de la dictature.

Il est question également d’interdire la candidature aux personnes dirigeant des associations de bienfaisance ou utilisant leurs médias à des fins propagandistes pour se présenter aux échéances électorales.

Hier, le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, Abdelfatteh Mourou a décidé de lever la séance plénière consacrée à l’amendement de ce projet de loi, seulement 63 députés étaient présents.

Des voix se sont élevées pour crier au scandale notamment en ce qui concerne la date de la soumission de ce projet de loi qui intervient quatre mois avant la tenue des élections. Ainsi les parties qui se disent visées par ce projet, le patron de la chaine Nessma Nabil Karoui et la président du parti destourien libre Abir Moussi.

Karoui a estimé même qu’il s’agit d’un détournement du parcours démocratique. Ce candidat à l’élection présidentielle, a ciré à la violation de toutes les conventions internationales. « L’histoire se rappellera de qui aura mis fin à la démocratie en Tunisie », a-t-il dénoncé.

Idem pour Abir Moussi qui a critiqué les propositions d’amendement de la loi électorale, qualifiant ces mesures d’anticonstitutionnelles. Pour elle, la « montée de la côte » de Nabil Karoui et du parti destourien libre inquiète la coalition au pouvoir, ce qui justifie « ces intentions d’exclusion ».

L’association 3ich Tounsi, également concernée par cet amendement, a estimé, dans un communiqué, que ce projet de loi vise les Tunisiens même, et les prive de leur droit de choisir leurs représentants.

Loin des détracteurs de cette loi, des parties ont félicité cette initiative législative à même de protéger le parcours démocratique. C’est notamment le cas du parti Ennahdha qui s’est félicité de ce projet de loi. Dans ce sens, Ennahdha a tenu à « renouveler son opposition à toute tentative de manipulation de l’opinion publique et des électeurs à travers une instrumentalisation du travail associatif, caritatif, de la religion et des médias ».

Pour sa part, le président du mouvement Rached Ghannouchi, a fait savoir que l’approbation par son parti de la proposition du gouvernement sur l’amendement du projet de loi électorale s’inscrit dans le souci de protéger la démocratie contre toute tentative de manipulation par des associations, des institutions médiatiques ou autres.

Parmi les réactions importantes portant sur ce projet de loi, on cite notamment celle de l’UGTT qui appelé au report de l’amendement de la loi électorale et à l’ouverture d’un dialogue loin de la pression électorale et pour garantir des ajustements stratégiques et en profondeur contribuant à la réussite du cheminement démocratique.

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