Samedi , 14 décembre 2019
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« Ça sent le roussi » en Libye. La Tunisie se tourmente !

L’inquiétude de la Tunisie monte d’un cran vis-à-vis de ce qui se passe en Libye où les combats dont l’enjeu est Tripoli semblent s’être installés pour longtemps, alors que Daech, vaincu à Syrte en 2016, refait surface dans le sud du pays, se signalant par des attaques répétées depuis le début de l’offensive du maréchal Khalifa Haftar. Des développements qui sont pris très au sérieux par les autorités tunisiennes alors qu’en plus, les ressortissants libyens, fuyant les combats, se bousculent à la frontière pour chercher refuge chez leur voisin du Nord.

Il n’en fallait pas davantage pour susciter la vive préoccupation de la Tunisie dont le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a appelé, ce lundi, les Libyens à « arrêter les combats et reprendre le dialogue », affirmant que « la Tunisie n’a aucun agenda en Libye, sauf le retour de l’entente, de la sécurité et de la stabilité » chez son voisin, avec l’assurance qu’elle « se tient à égale distance de toutes les parties ».

Ne se limitant point à des préconisations, Tunis organisera la semaine prochaine une réunion ministérielle avec les pays voisins de la Libye afin de débattre du conflit en cours dans le pays. Les chefs des diplomaties algérienne et égyptienne y examineront les moyens de sortir de l’escalade militaire en Libye qui a fait déjà plus de 450 tués, 2200 blessés et 100 mille déplacés, selon les derniers rapports de l’OMS et d’autres organisations internationales.

La Tunisie et l’Europe concernées

La situation en Libye est très compliquée avec des implications significatives non seulement pour la Tunisie et la région, mais également pour la sécurité européenne et mondiale, a déclaré, d’ailleurs le ministre tunisien de la Défense, Abdelkrim Zbidi, la semaine dernière, devant le « United States Institute of Peace », au motif, a-t-il expliqué, que contrairement à l’Algérie, la Libye n’a pas d’institutions étatiques reconnues ou respectées comme l’armée algérienne.

Ce qui est certain, c’est que l’anarchie en Libye a eu un impact direct sur la sécurité de la Tunisie, entraînant des flux de terrorisme, une immigration clandestine et diverses formes de trafic (drogue, armes, êtres humains) en provenance de ce pays livré au chaos. L’afflux de Libyens fuyant vers la Tunisie a même eu un impact sur le coût des loyers résidentiels. Avec le soutien des États-Unis et de l’Allemagne, la Tunisie a déployé un système de surveillance le long de sa frontière avec la Libye, un effort qui a permis de “contenir la menace terroriste”, a affirmé le ministre Zbidi.

La bataille en cours entre le gouvernement d’entente nationale et l’armée nationale libyenne, dirigée par le général Khalifa Haftar, a ravivé l’intérêt régional et international en Libye, et pas nécessairement pour la bonne cause. «Un élément fondamental qui aggrave la situation en Libye tient aux interventions extérieures».

L’homme fort « providentiel » !

Et pour cause, l’internationalisation du conflit s’est intensifiée. D’après le quotidien français « La Croix », l’ONU enquête ainsi sur la très probable implication des Émirats arabes unis aux côtés du maréchal Haftar après des tirs de missiles de fabrication chinoise sur Tripoli. Seuls trois pays sont en possession de ces missiles couplés à des drones, à savoir la Chine, le Kazakhstan et les Émirats. Or ces derniers figurent parmi les principaux soutiens de l’ANL, avec l’Arabie saoudite et l’Égypte, sans oublier les aides russes, françaises, et celles de tous ceux qui se sont ralliés à l’idée que seul un homme fort serait à même de ramener une forme de stabilité en Libye, quel qu’en soit le moyen.

Pis encore, prévoit la même source, la guerre menace aussi de s’étendre sur le terrain économique. Dans une tribune publiée par l’agence Bloomberg, le 8 mai, Mustafa Sanalla, le patron de la NOC, la compagnie pétrolière libyenne, s’alarme ainsi des velléités de vente illégale du pétrole libyen par des entités parallèles. Si cela se produit, alerte-t-il, cette fin de monopole de la NOC plongera le pays dans une guerre civile durable, les acteurs de la guerre pouvant s’approvisionner et s’armer avec l’argent du pétrole.

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