Mardi , 25 janvier 2022
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La Tunisie fête le 3ème anniversaire de la bataille de Ben Guerdane

Une attaque d’une autre nature.

C’est une bataille qui aura marqué l’histoire de la lutte antiterroriste en Tunisie. Elle demeurera dans l’histoire du pays comme l’une des attaques terroristes les plus sérieuses et inquiétantes, car l’objectif de l’attaque de Ben Guerdane était bien plus sombre que celui de “terroriser”, comme il est le cas de la majorité des attentats terroristes.

C’était une bataille qui s’apparentait plus à une tentative d’occupation de territoire par l’Etat Islamique, dont l’ultime objectif était d’instaurer un émirat en s’emparant d’une partie du sud tunisien.

Aux portes de la Libye, la ville de Ben Guerdane qui grouillait alors de cellules terroristes, ne représentait que la première étape du plan terroriste de Daesh. La ville avait quelques jours auparavant été le théâtre d’une opération antiterroriste durant laquelle cinq extrémistes venus de Libye et retranchés dans une maison avaient été abattus par les forces de sécurité.

Mais le pire est survenu à l’aube du 7 mars 2016, au moment où des groupes terroristes armés avaient mené de multiples attaques contre des sites sensibles de la ville.

Une attaque d’une autre nature

Les attaques étaient simultanées, mais surtout très coordonnées. Ce fût un assaut sans précédent en Tunisie, et qui ne ressemblait en rien aux attaques terroristes qui avaient visé le pays à plus d’une occasion. L’attaque a alors suivie d’une opération antiterroriste de grande envergure.

À la différence des attaques du musée du Bardo, de l’hôtel Impérial Marhaba, ou encore du bus présidentiel en 2015, les djihadistes de l’attaque de Ben Guerdane espéraient prendre le contrôle de lieux stratégiques de la région, et avaient tenté de s’emparer d’une caserne de l’armée, un poste de police et un poste de la garde nationale.

Seulement voilà, cette attaque, aussi coordonnée fût-elle, avait été contrée avec succès par l’armée et la gendarmerie tunisienne. Le bilan a été lourd, et les pertes civiles avaient ébranlé la nation. Le pays était toujours marqué par les attaques de 2015, durant lesquels touristes, civils et forces de l’ordre avaient péri.

L’attaque terroriste de Ben Guerdane s’était vite transformée en une bataille. Les affrontements étaient violents et avaient duré des heures, causant la mort de 13 membres des forces de l’ordre, 7 civils, et 55 djihadistes.

L’effet de surprise révèle que les forces de sécurité avaient été prises de court, alors même que la majorité des djihadistes étaient vraisemblablement sur place depuis un moment. Bien que la Tunisie ait réalisé de nets progrès dans sa lutte antiterroriste, notamment avec l’appui des Etats-unis et de la France, les affrontements de Ben Guerdane avaient révélé de graves lacunes au niveau de la sécurisation des frontières avec la Libye, exacerbant les craintes d’une extension du chaos libyen.

L’union fait la force

Des experts avaient estimé que l’attaque visait vraisemblablement à tester les défenses de l’Etat et donner le coup d’envoi d’une campagne prolongée contre le sud tunisien, mais que ceux-ci auraient sous-estimé la capacité de réaction des forces de sécurité et compté sur le soutien d’une population qui a majoritairement coopéré avec les forces de l’ordre.

D’ailleurs, c’est ce que souligne le chef du Gouvernement, Youssef Chahed, qui dans une publication Facebook à l’occasion du 3e anniversaire de la bataille, a salué la solidarité de la population de Ben Guerdane avec les forces de l’ordre.

“Le 7 mars 2016 restera une journée à part dans la mémoire du peuple tunisien. La bataille de Ben Guerdane marquera notre histoire” a noté Youssef Chahed.

“C’était le jour où la volonté de vivre de notre peuple, et les efforts héroïques de nos soldats s’étaient unis (…) Il a été démontré qu’il n’y a pas d’incubateur populaire de terrorisme dans notre pays. Seule la volonté de vie triomphe en Tunisie” écrit le chef du gouvernement.

L’enquête sur cette attaque a été clôturée en avril 2017.

77 accusés y sont impliqués, dont 42 sont en état d’arrestation, 26 en liberté et 9 autres en fuite. Les chefs d’inculpation retenus contre eux sont: homicide, complot contre la sûreté de l’Etat et crimes terroristes.

L’affaire est jusqu’à ce jour entre les mains de la justice.

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