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L’année 2019 a du pain sur la planche !

L’année 2019 commence à peine et pourtant, les Tunisiens auront tout juste le temps de digérer leur dîner du nouvel an qu’ils devront s’atteler à plusieurs chantiers. Les mois à venir devront voir la finalisation de la cour constitutionnelle, l’élection d’un président pour l’Isie et l’organisation du prochain scrutin électoral, un réexamen de la loi de finances, le vote du code des libertés individuelles, une résolution de la crise politique, un apaisement social et économique et bien d’autres projets encore.

L’assemblée des représentants du peuple reprend ses activités lundi 7 janvier 2019. Après quelques jours de vacances de fin d’année, le bureau du parlement a planifié des séances plénières prévues pour le début de la semaine prochaine.

A partir du lundi 9 janvier, les députés discuteront de l’élection des trois membres manquant de l’Isie dont son président.  En effet, l’Instance supérieure indépendante pour les élections est actuellement dirigée par un président provisoire, et ce, depuis la démission de Mohamed Tlili Mansri en juillet 2018, quelques semaines après l’organisation des élections municipales. Le parlement devra également élire le tiers des membres du conseil de l’Isie, et ce dans les semaines à venir afin de donner à l’instance le temps nécessaire pour organiser les élections législatives et la présidentielle dans les temps. Un processus qui est bloqué depuis des semaines au Parlement qui n’arrête pas de reporter la plénière prévue à cet effet.

Ces reports suscitent l’inquiétude d’une partie de la société civile et de la classe politiques tunisiennes compte tenu du message que pourrait renvoyer un report de la date des élections, prévues avant la fin de l’année 2019. Un scrutin très important qui permettra, du moins en partie, d’apaiser la crise politique actuelle et de parvenir à de nouveaux équilibres sur la scène nationale.

Un autre chantier de taille attend les députés cette année. Il s’agit du vote des membres de la cour constitutionnelle, prévue par la constitution de 2014 et ayant une importance fondamentale pour l’avenir des droits et des libertés en Tunisie. La finalisation du vote des quatre membres de la cour constitutionnelle devant être élus par le Parlement, aurait dû être bouclée depuis le mois d’octobre 2018. Il n’en est encore rien aujourd’hui face à un énième blocage au parlement à cause, une fois encore, de divergences d’opinions entre les élus des différentes formations parlementaires.

A partir du lundi 7 janvier, les parlementaires discuteront également des articles à voter dans le cadre du projet de loi du Budget mais aussi des amendements à apporter à la loi de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent. En effet, des amendements devront être apportés pour compléter la loi organique n° 2015-26 et ce afin de permettre plus d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent mais aussi pour  mettre en application les engagements pris par l’Etat envers le Groupe d’action financière (GAFI) en la matière.

Ces nouveaux amendements, validés en commission il y a deux jours, comprennent entre autre, l’interdiction de l’armement et la prolifération des armes de destruction massive, un traitement spécial réservé aux enfants impliqués dans des opérations terroristes, une nouvelle composition du pôle judiciaire de lutte anti-terroriste, une meilleure définition de la notion de crime terroriste, etc. Des amendements très importants afin de faciliter la mission des forces armées contre les terroristes, le pays étant en proie à une menace constance. La plus récente opération étant celle d’hier à Jelma (Sidi Bouzid) qui a permis de neutraliser 5 terroristes grâce au travail des services de renseignements.

La balle est aussi dans le camp du parlement en ce qui concerne le code des libertés individuelles et du fameux, et très délicat, projet sur l’égalité successorale. L’égalité successorale, validée en conseil des ministres en novembre 2018, sera une des lois qui divisera le plus le parlement. Les élus d’Ennahdha auront grandement leur rôle à jouer dans le vote de cette loi qui représente à la fois une grande avancée, mais aussi « une menace aux principes de l’Islam », de l’avis de ses détracteurs, et à leur tête le mouvement islamiste.

En plus des nombreux projets de loi qui s’entassent au Parlement, d’autres chantiers importants devront être finalisés en cette année 2019. Le redressement de la situation économique est en tête des priorités du gouvernement actuel. Même si la crise vécue aujourd’hui ne risque pas d’être résolue en seulement quelques mois, les équilibres de la balance commerciale, le redressement du taux de change du dinar et du taux de croissance, la baisse du taux d’inflation et du chômage sont également sur la table. Selon Taoufik Rajhi, ministre auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes, la Tunisie devra réaliser en 2019 un taux de croissance de 3,5%, grâce notamment à la reprise du tourisme et à la croissance de l’agriculture. Le ministre annonce également une réduction du déficit budgétaire à 3,9% du PIB durant l’année en cours.

La Tunisie prévoit également la signature du tant attendu Aleca (accord de libre échange complet et approfondi) entre la Tunisie et l’Union européenne, avant la fin de l’année 2019. C’est ce qu’a déclaré le chef du gouvernement Youssef Chahed, lors de sa dernière visite à Bruxelles en avril dernier après sa rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Ces négociations avaient démarré en 2015 et l’accord, une fois conclu, promet d’assurer « une meilleure intégration de l’économie tunisienne dans le marché européen uni ainsi que l’approfondissement des relations ».

La situation sociale, les différents accords en cours de négociation et les blocages de la centrale syndicale, notamment sur le dossier des enseignants et de la fonction publique, font aussi partie des projets brûlants de 2019. Le syndicat annonce, par ailleurs, une grève générale prévue le 17 janvier, insistant sur le fait que « rien ne présage l’annulation de cette grève », à l’heure actuelle.

L’année 2018, chargée en événements marquants, vient de s’achever en laissant derrière elle une année 2019 qui s’annonce tout aussi mouvementée.

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