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Attentat de Sbiba : Zones d’ombre, des défaillances et, surtout, où est l’Etat ?!

Ils étaient 12 individus armés à avoir commis et participé, vendredi 12 décembre 2018 vers 16h30 à Sbiba (gouvernorat de Kasserine), à des actes terroristes consistant, notamment, en un braquage d’une agence bancaire et en l’assassinat de Khaled Ghozlani, frère du militaire, Saïd Ghozlani, assassiné le 5 novembre 2016.

Mais, auparavant, ils avaient pris d’assaut une maison proche de Jebel Mghilla et séquestré les membres d’une famille avant de les relâcher. Ils se sont emparés, ensuite, d’un véhicule Isuzu D-MAX appartenant à l’un des habitants de la région et qu’ils ont utilisé dans le hold-up

Ils étaient quatre à s’introduire à l’intérieur de l’agence bancaire, à visage découverts, selon les témoins, alors que le cinquième s’est chargé d’assurer le guet, avant d’emporter un gros magot de plus de 350 mille dinars en devises locale et étrangères.

Et à part la déclaration du porte-parole officiel du Tribunal de première instance de Tunis, on a noté une absence étrange de réactions ou de mesures officielles. Il a fallu, donc, attendre le retour du chef du gouvernement, Youssef Chahed, de son voyage en Arabie Saoudite sur invitation du prince héritier, Mohamed Ben Salman Ben Abdulaziz, pour présider une réunion sécuritaire de haut niveau à Dar Dhiafa à Carthage et à charger le ministre de l’Intérieur de se rendre chez la famille du martyr à Sbiba.

Une remarque s’impose ici avec l’étonnement quant aux déclarations du chef du gouvernement et du ministre de l’Intérieur parlant de « vengeance » après l’assassinat de Khaled Ghozlani. Comment se fait qu’une autorité officielle puisse se permettre d’user du langage de « vengeance » ?!

Dans l’espoir que des mesures et des décisions efficaces aient été prises pour une lutte concrète et efficiente contre les terroristes, les observateurs font soulever certaines remarques et autres points d’interrogation concernant ce qui vient de se passer à Sbiba.

Tout d’abord, ils notent l’absence d’un vrai travail de renseignements. En effet, comment se fait-il qu’un groupe de 12 personnes armées puissent planifier et bénéficient, probablement de connivences sur les lieux sans que les forces de sécurité n’en aient eu vent suffisamment à l’avance ?

Comment se fait-il que les forces de sécurité ne se soient pas manifestées durant tout le long du déroulement de l’opération terroriste. La première action entreprise fut celle de retrouver la voiture abandonnée par les terroristes et d’entamer une action de ratissage des lieux ?

Comment se fait-il que les terroristes soient au courant qu’il y avait une somme aussi importante d’argent dans l’agence bancaire en fin de journée de vendredi ? Et comment se fait-il que les terroristes ne soient pas inquiétés, outre mesure, lors des différentes phases de leur action qui auraient, au moins, une quarantaine de minutes ?

Il est vrai que plusieurs réussites sécuritaires ont été enregistrées, notamment après la fin du pouvoir de la Troïka. On citera les coups anticipatifs à Gafsa, à Kasserine et, bien entendu, à Ben Guerdane.

Mais cette fois-ci, en plus du volet de renseignement qi n’a pas fonctionné, certaines zones d’ombre exigent des éclaircissements et les points d’interrogations suscitées méritent bien des réponses convaincantes.

Quelques remarques encore d’ordre général. Comment se fait-il que, malgré les multiples coups de filet et les arrestations de terroristes avérés, dont le dernier en date d’envergure à Lassouda à Sidi Bouzid, on n’ait aucune information officielle sur l’identité des présumés coupables, de leur vraie appartenance et sur ceux qui les soutiennent et les commandent.

D’autre part, on constante une absence d’information concernant le suivi assuré aux présumés terroristes dans le sens où, durant ces dernières années, les personnes arrêtées par les forces de sécurité se comptent par centaines si on en croit les communiqués du ministère de l’Intérieur qui évoque, souvent, des éléments hautement dangereux et de découverte de plan pour des actions terroristes très graves.

Pourtant, rien n’est communiqué sur le sort de ces individus dont l’appartenance est, souvent, voire toujours, collé à l’appellation, désormais vague, de « Daêch ». Or, des interrogatoires bien menés de ces individus devraient auraient été plus qu’édifiants sur la nature des réseaux et des cellules. Et surtout sur les personnes locales qui les soutiennent et leur servent de relais

En tout état de cause, l’espoir est grand que les premiers responsables du ministère de l’Intérieur redoublent de vigilance et tirent les enseignements de ce revers subi à Sbiba tout en veillant à prendre en considération les multiples critiques adressées par les médias et les députés à propos de certains hauts cadres du département de l’Intérieur nouvellement désignés ou ayant fait leur retour alors que des « soupçons » de diverses natures pèsent sur eux.

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