Lundi , 19 août 2019
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Amnesty International appelle le gouvernement tunisien à suivre les recommandations de l’IVD

“Les autorités tunisiennes doivent poursuivre les progrès en matière de justice transitionnelle”, souligne l’organisation.

Dans une ambiance crispée, le mandat de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) touche à sa fin. Plus de 62 mille affaires de violation des droits de l’Homme datant de ces six dernières décennies ont été méticuleusement décortiquées. Des dizaines de débats, des révélations et des témoignages ont été publiquement livrés pour mettre en lumière les dépassements de l’ancien régime. Un vrai travail de fourmi qui s’achève d’ici quelques jours en laissant, après son passage, les séquelles d’un lourd héritage d’abus en matière de droit de l’homme et de dignité.

Les 14 et 15 décembre, après quatre ans et demi, l’IVD, doit présenter ses principales conclusions et recommandations lors d’une conférence réunissant les principaux acteurs concernés (gouvernement, société civile..).

Un rapport final regroupant ses réalisations et les grands chantiers à mettre en oeuvre sera dévoilé d’ici la fin de l’année. Une audition publique finale sur la propagande et la manipulation des médias avant la révolution de 2011 sera également prévue pour le 14 décembre.

A la lumière de ces événements, Amnesty International appelle dans un communiqué rendu public ce jeudi 13 décembre 2018, le gouvernement à s’engager à mettre en œuvre les recommandations de l’IVD .“Afin de garantir que les auteurs de ces violations soient traduits en justice, les victimes obtiendront réparation et des mesures seront prises pour faire cesser ces violations” explique l’organisation.

“La conclusion des années d’enquêtes est un tournant décisif qui déterminera le sort de dizaines de milliers de victimes de violations des droits de l’homme. Les autorités tunisiennes doivent maintenant montrer leur volonté de mettre fin au régime d’impunité qui hante perpétuellement le pays en s’engageant à appliquer pleinement les recommandations de l’IVD, en particulier celles concernant la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice”, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Dans son rapport, Amnesty International appelle les autorités ”à garantir que les procès des responsables présumés se poursuivront de manière impartiale et transparente, que les témoins et les victimes soient protégés contre les représailles et les actes d’intimidation et que les réformes du secteur de la sécurité soient prises avec le plus grand sérieux”.

Pour l’organisation, l’IVD est la première institution au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à pouvoir renvoyer directement devant les tribunaux les affaires relatives à des violations flagrantes des droits de l’homme. Un exploit.

En fait, depuis mars 2018, 30 affaires ont été traduites en justice. “Ce qui constitue un mouvement historique en Tunisie” commente le communiqué.

“Il s’agit notamment de cas de disparition forcée, d’exécution extrajudiciaire, de mort sous la torture, de recours excessif à la force contre des manifestants pacifiques et de meurtres de manifestants pacifiques lors du soulèvement de 2010-2011.

Jusqu’à présent, au moins 20 procès ont été entamés. L’un d’entre eux concerne la mort sous la torture de Faysal Baraket en 1991, qui est devenu un cas emblématique du recours généralisé et systématique à la torture dans le passé de la Tunisie. Amnesty International observe le procès” ajoute le communiqué.

“Cependant, très peu de responsables présumés ont comparu devant un tribunal” regrette Amnesty International en appelant les autorités tunisiennes à faire preuve d’une véritable volonté politique pour instaurer la justice transitionnelle.

“Depuis sa création, l’IVD s’est heurtée à de nombreux obstacles de la part des autorités. Les enquêtes sur l’IVD ont été entravées par le refus des ministères de l’Intérieur et de la Défense de coopérer avec les demandes d’informations, notamment d’accès aux archives de l’État, et de répondre aux convocations aux fins d’interrogatoire” note le communiqué.

Selon Morayef, “les autorités tunisiennes ne doivent pas se dérober de la responsabilité à mettre en œuvre les réformes institutionnelles et législatives nécessaires pour que ces crimes ne se reproduisent plus et pour que les victimes, qui attendent depuis des décennies la vérité et la justice, soient pleinement indemnisées”.

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