Vendredi , 7 octobre 2022
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Oui a la civilianisation de la défense nationale, mais…

 

Ce terme barbare de civilianisation est employé pour qualifier l’ouverture de l’armée aux civils ; la civilianisation passe en particulier par l’attribution d’un certain nombre d’emplois, jusqu’alors destines aux militaires, a des non-militaires.

 

Sans vouloir m’arc-bouter sur une définition figée de l’identité militaire, l’objectif de cette contribution est de mettre en évidence les quelques incohérences occasionnées par cette mesure insensée.

 

Après cette période estivale de réflexion, je reprends le clavier avec entrain en dépit d’une conjoncture qui me laisse un sentiment diffus d’inquiétude sur le fonctionnement de notre pays. La période écoulée voit peu les questions militaires se développer. Les questions sociétales, économiques et surtout politiques dominent. L’avènement d’un nouveau gouvernement représente sans doute la question principale qui occupe le devant de la scène. Pour l’Armée, qui dans sa grande majorité ne s’identifie ni au pouvoir politique en place, ni à un régime politique donné et qui cultive une neutralité qui lui est demandée statutairement, ne peut prendre position sur un changement d’hommes au sein de l’exécutif .Ceci étant écrit, et sans être le porte-parole de qui que ce soit, je crois pouvoir relever la satisfaction de la communauté militaire dans sa composante active comme celle à la retraite du maintien de l’actuel Ministre de la défense à la tête de cette institution. Sans lui faire des éloges, il n’en a cure, et en dépit de quelques dossiers restés «en sommeil », son bilan est largement positif. Ceux parmi les militaires qui prônent l’opportunité de la réappropriation de ce poste au profit d’un des leurs seraient déchantés, et pour cause .La civilianisation, à ce niveau, de ce poste est, poureux, primordiale.

 

Justement de la civilianisation de la défense, parlons –en.Elle est devenue réellement un sujet à polémique et en phase avec l’instabilité du climat politique ambiant.

 

Contre la politique dogmatique de la civilianisation

Si la désignation d’un homme politique à la tête du MDN est facilement admissible et est dans la nature des choses pour la bonne cohérence de la politique générale du pays ,la politique dogmatique , sinon idéologique de la civilianisation de certains postes-clés au sein de ce ministère ne satisfait personne et pouvait à la longue conduire, à mon sens,à un raidissement de la communauté militaire qui se sent de moins en moins chez elle. La mainmise par les civils des postes de haute responsabilité comme le Cabinet du ministre, l’Administration Centrale,le Tribunal Militaire et autre l’OLM et la Santé militaire est quasiment un fait accompli. L’exemple le plus édifiant est celui de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et Universitaire Militaire où les dégâts sont les plus perceptibles.Cet important département était confié à une équipe de cadres civils pilotée par un homme issu d’une école d’un pays de l’Est européen !! Cette malheureuse décision était à l’origine des absurdités qui caractérisent le domaine de la formation des cadres en général. J’étais personnellement ‘’ victime ‘’ de cette aberration lorsque, étant Commandant d’une grande école d’officiers, j’ai été mis sous les ordres d’un civil qui était à l’origine… un attaché de presse du ministre ! N’est – ce pas une manière détournée de civilianiser le corps des officiers, si je peux me permettre ce raccourci ? L’argument du « Glaive cédant le pas à la toge « n’est pas suffisant pour justifier cette sémantique. J’ai dû payer tout simplement la rançon de l’aveuglement irresponsable de la hiérarchie de l’époque.

Qu’attendons- nous des personnels civils au sein du MDN?

Qu’ils soient aussi mutables que les militaires au sein du MDN. Servir dans ce ministère implique un statut particulier. C’est à la fois un honneur et des contraintes, en particulier, un fonctionnaire civil de la défense doit être mutable pour le bien du service.

 

Qu’ils acceptent l’autorité des militairesau sein du MDN

Qu’ils aient l’esprit de la mission du service de la nation, même si beaucoup l’ont mais j’ai aussi beaucoup entendu, ou constaté l’appétit pour les avantages matériels qui font que certains en tiennent compte avant toute désignation. 

 

Que des postes de responsabilité normalement disponibles aussi bien pour un militaire que pour un civil soient en alternance ou interchangeables, chose qui n’a jamais été respectée.IL n’y a pas de cas connus, à ma connaissance, qu’un civil prenant une haute responsabilité ait un jour laissé le poste à un militaire. Comment s’étonner que la communauté militaire se méfie, alors, des politiques ?

 

Un ministère des armées ?

Le nouveau concept de la défense dite globale a fait de l’armée de simple contributrice à la protection des citoyens et du pays par le biais des politiques de sécurité intérieure et de sécurité civile. Si cette nouvelle vocation venait à se concrétiser, pourquoi ne pas dénommer notre ministère de MINISTERE DES ARMEES afin que les soldats puissent s’identifier à “leur” ministère.Cette dénomination était en vigueur en France au temps du Général de Gaulle.

 

Doit–on encore redéfinir les relations entre l’armée et la nation ? L’idée de la simple contribution à la sécurité du territoire est à revoir. L’armée ne fait pas que ‘’contribuer ‘’, elle est le garant de la pérennité du pays. Elle est l’expression de la communauté nationale dans sa diversité et dans la volonté de servir avec abnégation. Cette place doit être confirmée par des signes forts.

 

Quant à la civilianisation de l’armée, je me demande s’il n’y aurait pas lieu plutôt de militariser la fonction publique ? Mais ceci est un autre problème.

 

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