Vendredi , 6 décembre 2019
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Tunisie: Tahar Belkhodja présente une stratégie pour lutter contre le terrorisme en Tunisie

 

Tahar Belkhodja expert en sécurité et ancien ministre de l’Intérieur sous Bourguiba a présenté dans un entretien accordé à Tunisienumerique, une stratégie intégrée pour lutter contre le terrorisme en Tunisie.

 

Cette stratégie est fondée sur une réforme du ministère de l’Intérieur, la création d’organes indépendants au service de l’Etat, la création d’une centrale de renseignements et l’alliance avec les grandes puissances occidentales  pour acquérir la technologie et les équipements nécessaires permettant de vaincre les groupes terroristes.

 

Restructuration du ministère de l’Intérieur

La restructuration du ministère de l’Intérieur est une priorité lancinante pour Tahar Belkhoja qui plaide pour transformer le ministère en un département chargé de la sécurité de l’Etat.

 

Il a donné l’exemple du ministère de l’Intérieur aux Etats-Unis dont le rôle se limite à la préservation des parcs nationaux mais en contrepartie, il existe de grandes institutions indépendantes en Amérique qui s’occupent de la sécurité et s’en acquittent très bien et sont contrôlées par le Congrès , a souligné Belkhoja.

 

Selon lui , il est impérieux de créer à l’image des Etats-Unis de grandes institutions indépendantes qui s’acquittent de la sécurité avec efficacité sous le contrôle de commissions spécialisées au niveau de l’Assemblée des représentants du peuple par exemple, mais jouissant de l’autonomie nécessaire pour réaliser leur travail.

 

Le système de renseignements base de la sécurité

Toutefois, l’expert en sécurité a souligné que les renseignements constituent le système central de la sécurité, se félicitant de l’existence de services de renseignements fonctionnels au niveau de l’armée et que la garde nationale et  la sécurité essaient d’en faire autant.

 

Pour Tahar Belkhoja bien que  cette prise de conscience  soit une bonne chose, il faut, cependant centraliser le travail de sorte que tout converge vers la centrale de renseignements, c’est à dire l’institution centrale de l’Etat. Il s’agit d’un organe indépendant auquel peuvent s’adresser le président de la République et le chef du gouvernement mais qui soit réellement indépendant au service de l’Etat et non d’individus ou de partis politiques ou des conjonctures.

 

Il a reconnu que nous n’avons pas encore un  Tunisie un tel organe, soulignant l’importance absolue d’en créer.

 

Spécialiser les organes de sécurité

L’ancien ministre de l’Intérieur de Bourguiba a rappelé que la France oeuvre actuellement à regrouper les services et organes de sécurité DST, DGSE et autres pour travailler ensemble.

 

Il a également  cité l’Algérie qui a crée une direction de sécurité spécifiquement chargée de la lute contre le terrorisme, appelant à ce qu’en Tunisie on spécialise au maximum de gens dans la lutte contre le terrorisme.

 

Belkhoja a donné l’exemple de la création du corps des BOP en 1967, brigades antiémeute  pour répondre à la sécurisation des manifestations afin de les prémunir contre des casseurs qui s’infiltrent.

 

Les renseignements et lutte contre le terrorisme

Concernant le terrorisme il a affirmé l’existence de commandos et brigades comme la BAD, reconnaissant que cela ne suffit pas car l’élément essentiel dans ce domaine se sont les renseignements.

 

Il a plaidé aussi pour que le ministère de l’Intérieur sort de ses bâtiments et qu’il crée ses structures en devenant un ministère de la sécurité de l’Etat loin des tiraillements comme c’est le cas dans d’autres pays.

 

Belkhoja a affirmé que le terrorisme à ses propres exigences  et qu’il ne s’agit pas d’une guerre classique ni une confrontation ordinaire, signalant que lorsqu’on a un ennemi on peut s’allier avec le Diable.

 

Il a affirmé que nous avons besoin de l’expérience, des équipements  tels que les drones, avions, satellites et autres des pays amis pour faire face à un ennemi qui n’est pas ordinaire et difficile à vaincre.

 

L’expert en sécurité a affirmé que les pays occidentaux ont reconnu que la lutte contre le terrorisme prend du temps, appelant à ce qu’on s’organise en Tunisie et qu’on fasse les choses depuis la source  en revenant aux associations et au travail de formation.

 

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