Lundi , 27 juin 2022
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La militarisation de la Méditerranée sous couvert de lutte contre l’immigration

 

 

La Tunisie est au centre d’une politique européenne répressive et stérile contre l’immigration irrégulière. Début juillet, la machine s’emballe avec son cortège de morts, de lois liberticides et de montée en puissance des militaires sous l’égide de l’OTAN.

 

Un navire en provenance de Ben Guerdane qui faisait route vers l’Europe a chaviré, samedi 2 juillet 2016, au large de Sabratha. Sur les 28 naufragés, seuls 11 ont survécu tandis que 12 corps retrouvés sur les côtes libyennes ont été transféré à l’hôpital régional de Ben Guerdane. 5 personnes, âgées entre 20 et 30 ans, sont encore portés disparus. Depuis quatre ans, le nombre de morts dans la Méditerranée ne cesse d’augmenter. Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il s’élève à 2 859 pour le premier semestre 2016 contre 1838 en 2015.

 

La Tunisie est l’une des plus importantes portes d’entrée vers l’Europe. Les migrants subsahariens et du Moyen Orient sont nombreux à vouloir rejoindre l’Europe via notre pays. Pour cette raison, la Tunisie est au centre d’une nouvelle politique européenne répressive et stérile contre l’immigration irrégulière.

 

Le 9 juillet, Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, a annoncé en conférence de presse le début d’une nouvelle opération militaire en Méditerranée. Cette opération dénommée Sea Guardian disposera de larges prérogatives, allant de la sécurité maritime à la récolte de données en passant par la lutte contre le terrorisme. « Nous avons l’intention de travailler en étroite collaboration avec l’opération Sophia de l’Union Européenne » a déclaré M. Stoltenberg.

 

« Dans le Sud, nous voyons des Etats défaillants et en faillite. Des millions de sans-abri et de désespérés fuient les groupes terroristes comme Daesh et cette instabilité a un impact direct sur nos sociétés » a expliqué le secrétaire général de l’OTAN.  le Parlement européen a délivré le 6 juillet un nouveau mandat à l’agence Frontex, l’agence européenne en charge de la gestion des frontières extérieures. Bien avant ce mandat « légal », Frontex est depuis l’année dernière au cœur du dispositif de militarisation du contrôle des flux migratoire en Méditerranée comme l’a révélé Nawaat.

 

Pour le collectif inter-associatif Frontexit, l’agence Frontex ne respecte pas les droits humains fondamentaux. Dans un communiqué daté du 7 juillet, Frontexit explique que «plus d’un an après l’annonce d’un renforcement de l’agence Frontex pour répondre à la mal nommée crise migratoire, le résultat de la sécurisation des frontières européennes est consternant : le nombre de migrants et réfugiés morts en Méditerranée a augmenté, les violations des droits et les violences à leur encontre se sont multipliées tant aux frontières que dans les centres de tri appelés ‘’hotspots’’.»

 

Selon Frontexit, la politique actuelle de l’Union Européenne favorise la migration irrégulière, ce qui accroît la mortalité migratoire et encourage les trafics. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime à 2 859  le nombre de morts durant le mois de juin 2016 en Méditerranée. Malgré ce constat, la nouvelle agence de garde-frontière européens verra son pouvoir étendu, notamment en matière d’expulsion et de collecte de données, qu’elle transmettra à Europol dans le cadre de la lutte contre le crime transfrontalier et la lutte anti-terroriste.

Sea Guardian, en réalité une extension de Frontex, consiste débarquer dans « le port sûr le plus proche » les personnes interceptées en haute mer.  Ces débarquements devraient avoir lieu au Maroc, en Tunisie, en Algérie, dans les pays des Balkans et en Turquie.

 

« Des pays où des violations des droits graves perdurent envers nationaux et étrangers, où le droit de quitter tout pays est entravé, ce qui va à l’encontre du droit international et européen et en particulier du principe de non-refoulement » affirme le collectif Frontexit.

 

Des ONG mettent d’ailleurs en garde contre les violations récurrentes des droits humains pointant les « incidents » dont l’agence Frontex fait elle-même état. A ce propos, la campagne Frontexit souligne que « le nouveau mandat ne permet d’engager effectivement et directement la responsabilité juridique de l’agence devant un mécanisme indépendant ».

 

Dans un communiqué du 4 juillet 2016, le FTDES recadre la tragédie des jeunes migrants de Ben Guerdane dans son contexte économique et politique. Le Forum rappelle, que ces mêmes jeunes noyés sur les côtes libyennes ont tenu plusieurs manifestations contre le chômage et la marginalisation de leur ville en matière d’emploi et de développement. Dans une récente tribune, Messaoud Romdhani, membre fondateur du FTDES, relève que le partenariat de mobilité n’a pas réussi à réduire le nombre de migrants en situation irrégulière traversant la Méditerranée, avec 1015078 arrivées et 3771 décès en 2015. L’auteur affirme qu’une société civile « vigilante en Tunisie continuera à faire pression sur les gouvernements des deux côtés de la Méditerranée ».

 

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