mardi , 6 décembre 2022
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Caïd Essebsi entame la réconciliation nationale par … la diplomatie

 

 

L’image peut paraître surréaliste, cinq ans seulement après la révolution. Ils étaient ministres des Affaires étrangères ou secrétaires d’Etat, sous Ben Ali, ou après la révolution, dans les gouvernements Caid Essebsi, Jebali, Laarayedh, Jomaa et Essid 1. Certains ont dû connaître la prison, et affronté l’ire des médias et la vindicte des réseaux sociaux en éruption.

 

D’autres ont éprouvé de difficiles traversées du désert. Tous étaient ce lundi après-midi, au Palais de Carthage, en costume sombre, chemise élégante et cravate raffinée, dévisant sur les derniers développements de la politique internationale. 

 

Bien joué !

 

Les voir assis côte-à-côte dans la grande salle du Palais, juste à droite du podium présidentiel, en face du gouvernement, dans l’espace habituellement réservé à ceux qui allaient être décorés, ne peut vous laisser de marbre. Le grand pardon, la grande réconciliation. Béji Caïd Essebsi, arborant un large sourire, a bien réussi son coup. 
 
Profitant de la célébration du 60ème anniversaire de la création du ministère des Affaires étrangères, le 3 mai 1956, il a tenu à inviter « tous ceux qui ont représenté la Tunisie à l’étranger ». « Les régimes s’écroulent, les hommes passent mais l’Etat demeure, martèlera-t-il. C’est pourquoi, j’ai tenu à vous recevoir tous, sans la moindre exclusion. C’est ainsi que nous maintenons l’unicité de la Tunisie.

Des visages qui remontent à la mémoire

 

Abdewhab Abadallah, Abderrahim Zouari, Kamel Morjane et Rafik Abdessalam, accaparaient, particulièrement, l’attention des photographes et cameramen. Mais, ils n’étaient pas les seuls. Dans la grande salle ont pris place plusieurs dizaines d’anciens ambassadeurs.
Ceux qui ont servi du temps de Bourguiba (Salah Ladgham, Slaheddine Abdellah, Hédi Baccouche…), de Ben Ali et au lendemain de la révolution. Des visages que certains avaient oubliés, mais qui sont encore-là, encore prêts à servir.
Le protocole présidentiel devait inventer un nouvel ordre de préséance pour les installer : les ambassadeurs qui ont été anciens ministres, puis les ambassadeurs carriéristes et, en in, les ambassadeurs non-diplomates à l’origine.
Tout un pan de l’histoire de la République vous est offert sous les yeux. Que de compétences délapidées… Difficile de les citer tous, mais, vous pouvez les reconnaître sur l’album photo que publie Leaders.

 

«C’est la première fois que la famille diplomatique est réunie comme aujourd’hui, en trois générations successives », dira l’ambassadeur Ahmed Ounaïes en guise de remerciement sincère et largement partagé, au président Caïd Essebsi. La conférence qu’il donnera à cette occasion relève d’une grande Académie des relations internationales.

 

En trente minutes, il rappellera les origines historiques de la diplomatie tunisienne, sa refondation après l’indépendance et son déploiement depuis lors, à travers des étapes décisives. L’érudition de l’ambassadeur Ounaïes, la finesse de son style et son élocution soignée en langue arabe rendront cet exercice, bien difficile, un moment de haute voltige intellectuelle.

 

On tourne la page

 

La dernière séquence sera elle aussi attractive. La réception offerte en l’honneur des invités étaient l’occasion d’émouvantes retrouvailles. Accolades et congratulations comme entre de vieux copins qui ne se sont pas vus de longue date.
Comme s’ils reviennenet tous de loin. Comme s’ils se retrouvent, plusieurs années après, dans une grande conférence annuelle des ambassadeurs. Ou des adversaires d’hier qui se réconcilient aujourd’hui, oubliant jalousies et différents, avérés sans la moindre importance.
Le brassage est total. On tourne la page. La terrasse du Palais de Carthage est magnifique. Donnant directement sur la baie de Tunis, elle prolonge le regard vers ce grand bleu exceptionnel, ouvrant de très larges perspectives. L’instant se fige, chacun oublie ses peines et ses rancoeurs, et veut croire à un avenir meilleur.
 
De jeunes ministres du gouvernement Essid en sont agréablement surpris. Debout sur les marches, ils regardent, amusés, cette scène exceptionnelle. S’ils ne connaissent pas tous les visages, ils ont en tête quelques noms. Rapidement, ils finiront par se mêler aux anciens ministres et ambassadeurs, faisant connaissance et échangeant numéros de téléphone. 
 
Béji Caïd Essebsi était s’était déjà retiré laissant ses inviter savourer ces « moments exceptionnels ». Lui aussi a dû y prendre un malin plaisir ! 

 

 

 

 

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