Vendredi , 7 octobre 2022
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La cavalerie du régiment d’honneur de l’armée nationale

 

 

Le spectacle est fascinant. Un groupe de cavaliers assure, selon les dispositifs, des haies d’honneur dont le nombre varie en fonction de la distance à parcourir. La formation peut compter six à douze cavaliers, voire plus. Mais, le plus majestueux, c’est sans doute l’escorte de la voiture officielle par la cavalerie montée.

 

Le véhicule emprunté par le chef de l’Etat et son hôte est précédé d’une escouade de cavaliers, le commandant en tête. L’exercice n’est pas facile. Ces cavaliers ne se contentent pas de monter leurs chevaux mais jouent aussi de la musique.

 

Une deuxième escouade escorte le véhicule de part et d’autre, alors qu’une troisième, formée de lanciers, le suit. Le nombre des cavaliers doit être soigneusement calculé en fonction de plusieurs paramètres. La tenue de parade est flamboyante et la chorégraphie impressionnante.  

 

Le carrousel équestre

 

Qu’il s’agisse de haies d’honneur ou d’escorte, la maîtrise totale du cheval est indispensable. Mais, le clou du cérémonial est sans doute ces carrousels chorégraphiques dans la pure tradition équestre. Le spectacle est époustouflant. Cet exercice, dont les origines remontent loin dans l’histoire, est mené par des cavaliers aussi habiles que talentueux, sur fond musical, faisant exécuter à leurs chevaux des figures harmonieuses.

Parmi les spectacles réussis au monde figurent le carrousel des lances exécuté par 32 cavaliers, la reprise des tandems par 8 cavaliers qui font évoluer 16 chevaux et la reprise des douze avec 12 cavaliers.

 

Une grande tradition équestre

 

Assurer les honneurs militaires par la cavalerie n’est pas une mince affaire. C’est toute une organisation méticuleuse, des moyens, et beaucoup de répétitions, assurés par la compagnie de cavalerie, comme l’explique à Leaders son commandant, le colonel Fayçal Snoussi.

 

Expert en la matière, il capitalise, outre sa formation militaire, une double expertise en matière de cheval et d’équitation. Il est d’ailleurs le conseiller technique de la Fédération tunisienne des sports équestres, longtemps présidée par le général de corps d’armée Said El Kateb, ancien chef d’Etat-major des armées.

 

Le Régiment d’honneur dispose, outre ses propres unités, d’un centre d’élevage équin installé à El Battan, dans la grande banlieue nord-ouest de la capitale. Dédié à l’élevage et l’amélioration des races, il opère en collaboration avec la Fondation nationale d’amélioration de la race chevaline (Fnarc), cet établissement public relevant du ministère de l’Agriculture qui a succédé en 1988 aux ex-Etablissements des haras nationaux fondés en 1913. Le Régiment d’Honneur assure chaque année les acquisitions nécessaires des différentes races de chevaux par l’achat auprès du marché local. Et aussi, les soins vétérinaires apportés par des médecins à plein temps et leurs assistants techniciens supérieurs et autres. A l’instar des autres unités chargées de maintenir en état d’opérationnalité totale et immédiate, il a la lourde tâche de garantir la disponibilité des chevaux nécessaires aux différentes activités militaires dont la cavalerie d’honneur.

 

Le Régiment gère également un centre de formation de cavalerie à La Soukra. C’est ici que les cavaliers apprennent leur métier. Deux fondamentaux sont à maîtriser : l’hippologie et les sports équestres. Un cheval est laissé auprès de sa mère jusqu’à l’âge de six mois, puis, à son sevrage, il commence à être pris en main, sans le monter, juste le longer. Le vrai dressage commencera à l’âge de 4 ans. Il s’agit de «développer la force et la souplesse de l’animal tout en respectant son harmonie musculaire».

 

L’apprentissage se terminera quand il aura 8 ans. Après, il s’agit de maintenir les réflexes acquis, sans relâche d’entraînement. Il suffit d’arrêter les exercices, ne serait-ce que pour une courte période, pour que le redémarrage soit difficile. Généralement, on considère qu’il faut multiplier l’âge du cheval par trois pour avoir son équivalent d’âge pour les humains. A 8 ans, un cheval aurait 24 ans pour un adulte. 
Le dressage est l’épreuve de base. C’est ce qui crée l’osmose avec le cavalier et développe les réflexes. Quant au saut d’obstacles, il constitue une épreuve très importante. 

Pour la cavalerie d’honneur, dressage et saut d’obstacles sont au cœur des prestations. L’objectif est de préparer le cheval à s’habituer à tous les types d’environnement pouvant être rencontrés lors des différentes missions et de l’entraîner à l’harmonie générale de la prestation. Toute une chorégraphie est en effet conçue et mise en œuvre pour chaque parade. 

La toilette du cheval est une autre opération exigeante. Chaque jour, le cavalier, muni de son sac à outils spéciaux, s’occupe lui-même de son cheval. Il le lave, le panse, lui coupe les poils, le peigne et lui porte attention, voire affection, ce qui crée des liens.

 

Le maréchal ferrant

 

C’est un métier très pointu qui exige amour du cheval, passion équestre et technicité. Le maréchal ferrant a en effet la délicate tâche de parer et de ferrer les chevaux. L’entretien des sabots est très important pour éviter leur usure et les douleurs aux tendons, pouvant occasionner des glissades et pénaliser les prestations du cheval. Parfois, des crampons sont ajoutés. C’est pourquoi chaque cheval bénéficie, toutes les six semaines en moyenne, du renouvellement de ses fers. L’opération dure pas moins d’une heure. Après nettoiement et limage, un fer en forme de U est en effet cloué sur le sabot.

 

 

 

 

 

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