Dimanche , 22 mai 2022
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Diplomatie tunisienne: retour aux fondamentaux sur fond d’ambiguïté

 

« Le décor est planté pour une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites. On risque d’être ramenés aux temps incertains et révolus des guerres de religion entre catholiques et protestants », a déploré Taïeb Baccouche, ministre des Affaires étrangères.

 
Au siège du ministère des Affaires étrangères situé au Nord-Hilton, s’est tenue hier une rencontre avec les responsables de la presse nationale. Un rendez-vous que le ministre Taïeb Baccouche, accompagné de son staff, a jugé fructueux pour des échanges qu’il souhaite établir avec les leaders d’opinion.

 
A grands traits, trois axes sont développés durant près de deux heures : la ligne politique adoptée par la Tunisie, les conflits armés sévissant dans la région et en Libye, et quelques indications sur les plans prévisionnels du Département des AE.

 
C’est par le changement institutionnel que le ministre a choisi d’inaugurer son allocution, en expliquant que le Nord-Hilton gère une triangulaire avec Carthage pour les affaires politiques et avec La Kasbah, pour notamment le volet administratif.  

 
En outre, « toutes les décisions sont prises après étude et évaluation de leur effet sur la Tunisie».
Le ministre a procédé à une analyse géopolitique de la situation régionale, appelée à se détériorer davantage : « Le décor est planté pour une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites, a-t-il déploré, on risque d’être ramenés aux temps incertains et révolus des guerres de religion entre catholiques et protestants ». 

Bureau consulaire au poste frontalier tuniso-libyen


Pour ce qui est de la situation en Libye, si elle semble progresser vers un dénouement, il ne faudra pas, prévient le ministre,  perdre de vue les 5.000 jihadistes destinés à s’y importer dont une partie est déjà sur place.


Parallèlement à ces données alarmantes, le rôle pionnier joué par la Tunisie a été mis en avant, « contrairement à ce qui se dit, nous avons préparé les pourparlers qui se sont tenus à Rome ensuite à Skhirat, et reçu toutes les parties prenantes qui comptent : les chefs de tribu, la société civile, et même les dirigeants de factions militaires».

 

En outre, un consul général représentant la Tunisie est nommé, qui, pour des raisons évidentes, a pris ses fonctions depuis la Tunisie. Il est également prévu qu’un bureau soit ouvert sur un poste frontalier pour assister les démarches administratives de nos concitoyens, a-t-on appris. 

 

Toutes les affaires arabes sont internationalisées, regrette encore M. Baccouche, ceci reviendrait en partie à la mauvaise gestion ». La Ligue arabe est totalement paralysée, les positions des Etats membres ne sont pas claires. A titre d’exemple, 9 pays ont une représentation diplomatique ou consulaire à Damas, alors que leurs  relations avec la capitale syrienne sont officiellement rompues.

Les valeurs d’antan à l’ordre du jour


Pour ce qui est de la ligne politique adoptée par la Tunisie, ce sont les valeurs d’antan qui ont été revivifiées : renforcement des relations bilatérales, huit visites officielles ont été effectuées par le président de la République, 9 par le chef du gouvernement, et plus d’une vingtaine par le ministre des AE. 


Et la non-ingérence dans les conflits armés avec l’adoption d’une neutralité entreprenante.
C’est ce point précis qui a suscité le plus de réactions de la salle.  Les journalistes ont jugé la politique de la Tunisie par trop « passive » face aux dangers imminents qui menacent sa sécurité nationale. La Libye et ses jihadistes basés à quelques dizaines de kilomètres, l’Arabie Saoudite et le Qatar qui financent les associations caritatives et exportent le wahhabisme dans notre pays. Des critiques ont été également adressées à la diplomatie économique.


La question de La Presse portait sur le bicéphalisme du ministère des AE, en se demandant à qui revenait le dernier mot en cas de désaccord entre le président de la République et le ministre des AE. 


Il faut dire que Taïeb Baccouche s’en est bien tiré, malgré l’obligation de réserve auquel il est astreint et les réponses parfois très enrobées dont nous avons dû nous contenter. Michel Jobert, flamboyant ministre français des AE, ami des Arabes, qui a poussé au dialogue euro-arabe, avait déclaré un jour : «Le ministre des AE, c’est le prince de l’ambiguïté ».  


Les Affaires étrangères ont toujours été un des points forts de la Tunisie depuis l’indépendance, avec de longs passage à vide, faut-il le reconnaître. Les temps que nous vivons sont tellement durs que le pays se doit de retrouver son aura non pas par luxe mais par nécessité.

 

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