Samedi , 28 mars 2020
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Contribution de la Tunisie à la Coalition contre Daech

 

 

Le mardi 29 septembre 2015, La Tunisie a annoncé son adhésion  à la coalition internationale contre l’organisation de l’Etat Islamique (EI). L’annonce en a été faite à New York dans une déclaration du Président de la République présentée en son nom par le chef du Gouvernement. «  Actuellement la Tunisie examine les domaines de sa contribution dans la coalition internationale.

 

Nous veillons à participer activement dans la mesure des moyens disponibles dans certains domaines ».La déclaration définit ensuite l’objectif politique de l’engagement de la Tunisie « le vœu de voir cette initiative apporter un appui aux efforts nationaux et renforcer les potentialités de la Tunisie aux plans sécuritaire et militaire dans la lutte contre le terrorisme ».

 

Elle   exprime clairement   les attentes « un appel à renforcer les services sécuritaire et militaire des pays engagés dans la lutte contre le terrorisme et intensifier la coordination et l’échange de renseignement et de l’expertise ».  Le Président Obama devait aussi annoncer que trois pays ont rejoint la coalition internationale la Malaisie, le Nigeria et la Tunisie.

 

L’adhésion de la Tunisie dans la Coalition internationale contre l’EI est une initiative très positive qui range le pays dans le concert des Nations Unies. On n’a rien à perdre si on se limite à un soutien diplomatique à cette action internationale. On gagnera beaucoup si on organise pour   une contribution active constituée d’un corps expéditionnaire de combattants, du matériel de combat et éventuellement une assistance logistique  en infrastructure.

 

Quelle est l’intérêt de l’adhésion de la Tunisie à la Coalition internationale contre l’EI et quels sont les domaines possibles qui pourraient concourir à une contribution active à l’appui à cette initiative ?
Une initiative positive : les diplomates réalisent plus que quiconque l’importance de l’initiative et de l’engagement dans la politique étrangère. Se ranger avec une  majorité est un prélude à la  réussite. S’engager avec une partie, c’est mieux que de rester muet.

 

Les pays arabes qui ne se sont pas prononcés pour la Coalition contre l’Irak en 1990, dont La Tunisie, ont  payé cher leur mutisme.Tandis que des pays comme le Maroc et l’Egypte ont récolté des notes positives dans les  domaines de la coopération économique, technologique et militaire.

 

En un mot l’engagement de la Tunisie pour lutter contre le terrorisme et son adhésion à la coalition internationale sont des points très positifs à mettre à l’actif du pouvoir exécutif.

 

L’objectif de l’engagement de la Tunisie comme il a été conçu par  le Président de la République est exprimé d’une manière claire, simple et sans ambigüité. Un objectif qui sert directement la défense et la sécurité de la nation.

 

On y attend un renforcement des capacités sécuritaires et militaires de lutte contre le terrorisme. En d’autres termes et en contre partie de notre engagement et notre contribution, la Tunisie vise une assistance dans les domaines sécuritaire et militaire que ce soit matérielle ou dans le domaine du Renseignement.

 

Nous savons tous que l’achat du matériel militaire est non seulement très cher, qui se paye cash et qui est souvent tributaire de conditions politiques.

 

Initiative réfléchie : la question qui pourrait être discutée porte sur l’intérêt de l’action et de sa légitimité. On pourrait aussi discuter de la justesse de cette guerre. Est-ce que Daech est notre ennemi et est ce qu’il nous menace. Faut-il donc adhérer à une coalition pour combattre l’EI loin de nos frontières?

 

  • Daech a revendiqué  les attentats du Bardo et de Sousse. Cet argument justifie pleinement le combat contre cette organisation terroriste. L’adhésion de la Tunisie à la coalition internationale est légitime.

 

  • Daech est à nos portes en Lybie et n’a pas hésité à frapper des touristes étrangers sur nos terres, il a aussi terrorisé la population tunisienne et  ruiné l’économie du pays.

 

  • Daech pourrait probablement attaquer notre pays s’il n’est pas vaincu en Syrie, en Irak et en Lybie.

 

  • Combattre maintenant Daech hors de nos frontières est une action de préemption.

 

Domaines : le Président de la République a déclaré que la Tunisie examine les domaines de la contribution à l’action de la coalition. On pourrait suggérer des idées. Il est certain que la Tunisie n’a rien à perdre si son engagement se limite à un soutien diplomatique. Mais on a beaucoup à gagner si on fait des efforts pour contribuer d’une manière plus active.

 

Les domaines de contribution dans lesquels  la Tunisie est en mesure de contribuer sont de trois catégories : des combattants armés et équipés  de matériel de combat, de l’argent et éventuellement de l’infrastructure.

 

  • Combattants : Dans le passé, la Tunisie n’a pas hésité à contribuer à des actions internationales pour assurer la paix et la sécurité en envoyant des corps expéditionnaires au Congo au début des années soixante, au Cambodge au Rwanda et en Somalie durant les années quatre vingt dix et  au RDC ces dernières années. Elle a aussi assisté l’Egypte durant les guerres de 1967 et 1973. Cette fois et malgré la situation sécuritaire à l’intérieur du pays il sera possible de préparer un Task Force limité et le mettre à la disposition de la Coalition. Il pourrait comprendre un nombre limité de combattants (1 Team de 150 combattants) et des éléments de Commandement, de Renseignement et de Soutien. Un élément du Ministère de l’Intérieur spécialisé dans la lutte anti terroriste est très utile. L’avantage de cette contribution est de former nos militaires et nos agents de sécurité à la réalité du terrain. Ils gagneront en expérience et en professionnalisme.

 

  • Argent : c’est le nerf de la guerre et il est nécessaire pour soutenir nos combattants.

 

  • Infrastructure : éventuellement, on pourrait promettre un soutien logistique à des unités de la Coalition en mettant  à leur disposition des facilités dans  certains ports ou aérodromes pour les avions et navires de guerre en cas de  nécessité.

 

  • Il y a un autre sujet qui pourrait prêter à controverse, mais vu d’une manière pragmatique, il offrirait une bonne solution aux moyens fournis dans le cadre de la contribution. L’idée est de former un corps de jihadis. Il est certain que les tunisiens qui ont combattu en Syrie, en Irak ou en Lybie sont des combattants expérimentés. Un nombre important de ces jihadis sont des repentis et ont regagné le pays. D’autres attendent qu’on les autorise à rentrer. Et si on « conclut » un marché avec eux ? s’ils acceptent de combattre l’EI sous la bannière de la Tunisie, ils pourraient être «  pardonnés » à la fin de la guerre. Il est probable qu’au moins 1000 jihadis pourraient constituer un  contingent spécial tunisien.

 

En affirmant son engagement à soutenir la Coalition internationale contre l’EI, la Tunisie se range parmi les nations qui œuvrent pour la liberté des peuples, pour le droit international et pour  le respect des droits de l’homme. Il est recommandé aux  tunisiens de saluer l’initiative du Président de la république et de soutenir cette action qui fait honneur à tout le pays.

 

 

 

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