mercredi , 8 février 2023
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Sécurité nationale: l’urgence d’un congrès antiterroriste

 

 

L’ombre de la menace terroriste s’étend de jour en jour et certains «spécialistes» du terorisme, qui passent d’un plateau de télévision à l’autre, continuent à nous assourdir avec leurs «analyses» simplistes et leur optimisme béat. Ils nous donnent l’impression qu’ils se livrent une compétition non déclarée, où chacun veut surpasser les autres, en nous étalant son savoir et ses connaissances livresques, plutôt que d’essayer de nous ancrer dans notre réalité, qu’ils perdent manifestement de vue. Le pire c’est que nos responsables politiques semblent adopter leurs analyses fantaisistes.

 

Mais, est-ce que c’est de cette manière-là qu’on va pouvoir éradiquer le fléau du terrorisme? A quand une stratégie de lutte contre le terrorisme?

 

Méthodes infructueusesA chaque fois que le terrorisme frappe, on nous dit qu’en Tunisie, il n’y a pas d’incubateur populaire pour les terroristes comme s’ils étaient des extraterrestres qui se ravitaillent en armes et munitions dans le ciel, hors de notre sphère. Cette phrase-slogan répétée à tout-va fait écho à celle utilisée par l’ancien régime : «La Tunisie est le pays de la sûreté et de la sécurité».

 

Et on ne cesse de nous marteler avec celle selon laquelle les Tunisiens sont les plus pacifistes qui soient dans le monde entier, alors que les chefs les plus sanguinaires des organisations terroristes, depuis Al Qaïda jusqu’à Daech, en passant par Nosra, Aqmi et autres, sans parler des organisations terroristes internes, à l’image de Ansar Echaria et Katibet Okba Ibn Nafaâ, sont bel et bien tunisiens qui s’exportent bien vers toutes les zones de tension.

 

On se demande en quoi les autorités actuelles diffèrent-elles de Ben Ali dans le traitement de la question du terrorisme, étant donné qu’elles se contentent d’agir au coup par coup et de riposter aux attaques quand elles surviennent, exactement comme a fait ce dernier qui, après avoir légiféré une loi antiterroriste, dont il s’est, essentiellement, servi pour réprimer et museler l’opposition, et arrêté les membres du groupe de Soliman, en les mettant hors d’état de nuire, croyait avoir éradiqué le terrorisme et en être définitivement à l’abri, commettant par là une grave erreur stratégique, puisqu’il n’a pas essayé de traiter la question en endiguant le mal de ses racines profondes.

 

En fait, ce comportement de sa part ne nous surprend aucunement, car c’est dans la nature de la dictature de négliger l’intérêt national et de ne penser qu’à asseoir son pouvoir, en se cantonnant dans des visions étriquées. On sait pertinemment bien que notre armée et notre ministère de l’Intérieur travaillent d’arrache-pied et conformément à des plans d’action bien ficelés pour prévenir des opérations terroristes ou démanteler leurs noyaux. Mais est-ce que ces efforts sont suffisants?

 

Le savoir-faire, la bravoure, l’habileté et l’abnégation seuls peuvent-ils venir à bout de cette calamité? Eh bien, la réponse on la connaît; si ces méthodes pouvaient faire l’affaire, on n’en serait pas là à l’heure qu’il est, et dans ce cas, on serait redevables à Ben Ali et reconnaissants envers lui pour la paix qu’il aurait installée et dont il nous aurait fait jouir. Les dernières opérations terroristes de Sidi Bouzid et Jendouba montrent à l’évidence que la menace terroriste plane toujours. Ce qui veut dire que la vraie lutte contre le terrorisme passe nécessairement par l’élaboration d’une stratégie.

 

Cet impératif est exigé par plusieurs parties civiles et politiques qui appellent, depuis belle lurette, à la tenue d’un congrès national autour de cette question cruciale. Un appel qui reste sans réponse jusqu’à maintenant.

 

Avant qu’il ne soit trop tard…Parmi ceux qui tirent la sonnette d’alarme, il y a la Ligue tunisienne des droits de l’homme, le Front populaire et Al Massar qui invitent toutes les composantes de la société à prendre part à ce congrès, à côté des institutions militaires et sécuritaires, en faisant prévaloir des approches éducatives, culturelles, économiques, sociales, sécuritaires et judiciaires.

 

Pour plus d’efficacité dans cette lutte contre le terrorisme, Al Massar appelle à assainir le climat social et à mettre fin à l’improvisation et la fuite en avant dans le traitement des questions sociales. Le porte-parole du FP, Hamma Hammami, a, de son côté, souligné que le terrorisme ne se nourrit pas uniquement de facteurs internes, mais également de la situation régionale explosive, surtout en Libye, ce qui impose une coordination adéquate à ce niveau, en vue de protéger les pays de la région et l’ensemble de leurs populations.

 

Mais, cette coordination ne suppose-t-elle pas la rupture avec cette prétendue impartialité observée par nos autorités à l’egard du conflit libyen qui se propage à grands pas vers nos frontières et qui menace très sérieusement de se faufiler à l’intérieur de notre territoire national? N’implique-t-elle pas que l’on prenne le parti des forces légitimes et qu’on rompe tout lien avec ces hors-la-loi qui se constituent en factions armées pour semer la terreur?

 

Mais, il faudrait au préalable commencer par assainir la maison si l’on veut renforcer le front intérieur. Et cette œuvre ne serait possible que si et seulement si on sévissait contre tous ceux qui sont impliqués dans des affaires terroristes, dont certains sont députés, et tous ceux qui n’arrêtent pas d’attenter contre la sûreté de l’Etat par des discours incitateurs et hostiles à son endroit, à l’instar du président de «Hizb-U-Attahrir»,

 

Ridha Bel Haj, qui, pas plus tard qu’avant-hier, a déclaré, sur les ondes d’une radio locale, que l’Etat n’est pas sacré et que lorsqu’il faillit à ses devoirs, on doit lui suppléer, au moyen de l’instauration du califat, bien entendu. Il était même allé jusqu’à lancer un défi aux autorités en les qualifiant d’incapables de procéder à la dissolution de son parti.

 

Va-t-on continuer à faire comme si de rien n’était, en fermant les yeux et en bouchant les oreilles? Continuer dans cette voie ne peut qu’aggraver davantage la situation. Et il est à craindre qu’il n’arrive le jour où aucune mesure ne servirait plus à rien, car ce serait, tout simplement, trop peu et trop tard…

 

 

 

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