Vendredi , 1 juillet 2022
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Affaire Chourabi et Ktari: Le père de Nadhir Ktari consterné par le “laxisme” du gouvernement

 

 

Le père de Nadhir Ktari, un des deux journalistes tunisiens disparus en Libye, s’est dit “consterné” par “le laxisme” des gouvernements de Habib Essid et Mehdi Jomâa, lors d’une conférence de presse organisée lundi au siège du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

 

 

De son côté, Samir Ben Rejeb, avocat des familles de Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, a affirmé la détermination de ses clients à contrer les tentatives de certaines parties pour clore le dossier de leur disparition.

 

 

“L’absence de preuves matérielles sur la mort des journalistes porte à croire que la disparition est beaucoup plus complexe, qu’elle est en rapport avec le conflit en Libye et animée par divers intérêts politiques et personnels”, a déclaré l’avocat.

 

 

Il a également indiqué que les familles des disparus n’accepteront les condoléances qu’après l’annonce officielle du décès qui “doit être faite par des parties médicales ou judiciaires spécialisées et non par des organisations politiques”.

 

 

“Les déclarations ne doivent pas se baser sur des aveux et des témoignages d’un groupe appartenant à une certaine organisation et dont la Tunisie ignore tout sur les conditions de son interrogatoire”, a-t-il ajouté.

 

 

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Justice, Mohamed Salah Ben Aissa, avait déclaré qu’aucune nouvelle information n’était parvenue sur le sort des deux journalistes.

 

 

Le juge d’instruction en charge de l’affaire devait se rendre samedi en Libye pour enquêter sur la disparition des deux journalistes dans le cadre d’une commission rogatoire internationale.

 

 

Sofiène Chourabi, un blogueur et journaliste très actif lors de la révolution tunisienne, et le photographe Nadhir Ktari avaient été capturés une première fois le 3 septembre dans l’est de la Libye et libérés quelques jours plus tard.

 

 

Ils auraient ensuite été une nouvelle fois arrêtés par un groupe armé et ont disparu le 8 septembre.

 

 

En janvier, la branche libyenne de l’organisation Etat islamique (EI) avait affirmé les avoir exécutés, une annonce qui avait suscité l’horreur en Tunisie et que les autorités s’étaient refusées à croire en l’absence de preuves matérielles.

 

 

Mais le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a annoncé fin avril que des détenus avaient admis leur responsabilité dans les meurtres de sept journalistes, dont ceux des deux jeunes Tunisiens.

 

 

La Libye, plongée dans le chaos et dirigée par deux gouvernements et parlements rivaux, est livrée aux milices depuis le renversement de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de soulèvement en 2011.

 

 

 

 

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