Mardi , 27 septembre 2022
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Hebdovisions : Les contestations du Sud et l’anguille sous la roche

 

Le sud tunisien est toujours en transe ; il n’est peut-être pas près de se calmer ni de suspendre, ne serait-ce que provisoirement, ses grèves et ses manifestations. Il est incontestable que la région a des revendications légitimes et de nécessité vitale : des conditions diverses ont fait qu’aujourd’hui cette partie de la Tunisie se sent spoliée dans ses droits et brimée dans ses ambitions ; elle pense alors, sans doute pas sans grand tort, qu’il vaut mieux battre le fer tant qu’il chaud et qu’elle doit faire pression sur le nouveau gouvernement afin de s’assurer au moins une part conséquente de satisfaction de ses demandes.

 

Il faut reconnaître cependant que le nouveau gouvernement commence à peine et qu’on attend de lui, au-delà des retouches nécessaires mais forcément élémentaires pour les cent premiers jours, une stratégie calculée et précisément ciblée dans une cohérence réaliste et réalisable. De ce fait, on ne pouvait attendre de lui plus que ce qui a été fait : déléguer ses représentants les plus attitrés pour écouter les contestataires et envisager un échéancier de leur suivi en palliant au plus urgent, comme la question du timbre taxant la sortie du territoire, responsable du blocage du trafic commercial (parallèle) à la frontière libyenne. Malheureusement, nous dit-on, cette démarche a été accueillie par un « dégage » d’un certain temps qu’on croyait révolu après la réussite de la transition démocratique et la conviction du devoir de restauration de l’autorité de l’Etat, en vue d’une reprise urgente de la dynamique de développement. La question qui se pose alors, c’est de savoir si l’on est parti, là, dans un mouvement de contestation pour la contestation (peut-être bien sur instigation politico-politicienne !) ou dans une sorte d’interpellation des structures de l’Etat pour un dialogue constructif à même de conduire aux solutions idoines. Une chose est sûre, c’est la bonne foi incontestable des citoyens mobilisés dans la dynamique contestataire ; il ne reste pas moins vrai qu’il y aurait autour de ces mouvements une défaillance de l’esprit participatif et constructif de la part des structures et des personnalités politiques et de la société civile.

 

En effet, si le rôle de celles-ci est celui d’une croix de transmission dans les deux sens : de la base sociale à l’instance dirigeante et de celle-ci à celle-là, pourquoi ne voit-on surtout (à quelque exceptions près) que ceux qui cherchent à profiter des conditions difficiles de ces citoyens mécontents pour marquer des points dans le combat politique, au lieu de se pencher sérieusement sur les vraies questions sociales des citoyens pour en raisonner les effets et les causes et en discuter les moyens de résolution avec toutes les instances responsables ? Pire encore, certains propos semblent chercher à insérer ces questions dans l’écheveau d’une diplomatie de crise, impliquant ainsi, autant que faire se pourrait, et l’Etat et la région et les citoyens dans des considérations qui compromettent encore plus les revendications sociales et les intérêts pressants. De là à tout retrouver dans le tourbillon difficilement maîtrisable du terrorisme, il n’y aurait qu’un pas ! Sans verser systématiquement dans la théorie du complot, de quelque part qu’elle vienne, force est de souligner qu’en coutant de plus en plus la désignation des contestations du Sud par le terme « Harak », nous nous disons qu’il y aurait anguille sous roche et qu’il n’y a pas de fumée sans feu. 

 

 

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