Vendredi , 1 juillet 2022
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Politique migratoire: Quelle place occupera-t-elle dans le prochain gouvernement ?

 

Le dossier des disparus en mer continue à faire du bruit. Leurs familles menacent de passer à l’offensive

Protestations, cris de colère, correspondances officielles aux autorités tunisiennes, courriers à l’étranger, en vain. Aucune suite n’a été, jusque-là, donnée au dossier des disparus en mer, il y a, à ce jour, trois ans ou presque après le drame de Lampedusa, en septembre 2012. Et depuis, leurs familles en détresse n’ont pas fini de remuer ciel et terre pour venir à bout de leur souffrance vécue au quotidien. Pourtant, leur voix n’a pas été entendue. De même que les sollicitations de la société civile, dont au premier rang le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (Ftdes).

 

Hier, lors d’une conférence de presse, au siège du Ftdes à Tunis, cette question irrésolue a été, encore une fois, remise sur le tapis. L’objectif, plus large cette fois, consiste à intégrer les préoccupations des migrants au sein du programme d’action du futur gouvernement Essid. Autrement dit, consacrer un portefeuille ministériel chargé spécialement de la politique migratoire. C’est là un des points figurant à l’ordre du jour de la centrale ouvrière elle-même, et qui doit être inscrit à l’échelle des priorités du prochain gouvernement. M. Mouldi Jendoubi, secrétaire général adjoint de l’Ugtt, l’a bien évoqué lors de son intervention à l’ouverture de ladite conférence. Car il n’est pas question de continuer à tourner le dos à plus d’un million de migrants tunisiens vivant, aujourd’hui, dans la précarité totale. Cette frange de la population est considérée quasi exclue de tout plan d’action. Tour à tour, les gouvernements qui se sont succédé après la révolution n’ont pas bougé le petit doigt, faisant des malheurs des uns et des autres un véritable fonds de commerce, uniquement des promesses électoralistes. Quitte à les prendre pour une simple devise censée renflouer les caisses vides, s’indigne-t-il.

 

Les préoccupations des migrants, une priorité

 

D’après Mouldi Jendoubi, il est temps de réviser les comptes. Un conseil supérieur des Tunisiens établis à l’étranger, une stratégie nationale de gestion des flux migratoires, la révision des conventions bilatérales signées avec l’Union européenne dans ce domaine, l’optimisation du partenariat et l’intérêt que l’on doit porter à l’immigration clandestine, sont autant de volets à prendre en considération. D’ailleurs, c’est ce que postule l’Ugtt à travers les rencontres qu’a eues son patron, Houcine Abbassi, avec le nouveau chef de gouvernement désigné. Autrefois, il y avait l’Office des Tunisiens à l’étranger, mais cette institution a manqué de rigueur et de sérieux à ce niveau. Sa création, sous le règne de Ben Ali, n’était qu’un bluff politique. A l’époque de la dictature, rappelle M. Abderrahmane Hedhili, président du Ftdes, l’immigration clandestine a commençé à s’accroître depuis 2005 pour atteindre son summum au lendemain de la révolution, où plus de 40 mille jeunes ont quitté le pays, afin de regagner le soi-disant Eldorado. Nombreux parmi eux sont, hélas, portés disparus en mer. «Leurs mères n’auront plus à patienter, ni rester les mains croisées», a-t-il averti. Gare à la colère des mères qui souffrent dans leur chair !, a-t-il alerté. Et ce n’est pas tout. Hedhili a annoncé que le Ftdes abritera, la semaine prochaine, une rencontre avec toutes les familles des disparus. «Qu’on arrête de les laisser rêver. Nous, en tant que société civile, on en a assez», s’exprime-t-il sur un ton désespéré. Il craint qu’une telle négligence ne soit interprétée comme une sorte de connivence avec les gouvernements successifs, lesquels sont responsables de ce silence strident.

 

Des conventions dépassées

 

De son côté, Tarek Ben Hiba, président de la Fédération des Tunisiens pour la citoyenneté entre les deux rives (Ftcr), est revenu sur la question d’intégration de la migration en tant qu’axe majeur dans la politique socioéconomique de l’Etat. Il a voulu que le prochain gouvernement lui accorde l’intérêt qu’il mérite. «Il faut repenser les stratégies du pays, à même de recentrer le débat sur les migrants en situation irrégulière, tout en révisant les conventions signées avec les pays d’accueil», a-t-il plaidé. Pour conclure, il a insisté sur le fait que les émigrés tunisiens sont, eux aussi, des citoyens à part entière, partenaires du développement national. D’où il importe de préserver leur dignité et protéger leurs droits dans leur intégralité, clame Abderrazek Ben Zekri, directeur exécutif de la Ltdh Rami Khouini, de l’Euromed des droits de l’homme, est, lui aussi, du même avis : l’amélioration des conditions des migrants tunisiens fait partie des droits de l’Homme les plus élémentaires. Il a lancé un appel au gouvernement Essid, afin de réviser les législations régissant les conventions signées du temps de Ben Ali. Leur contenu n’est plus, aujourd’hui, en harmonie avec les principes de la révolution.

 

 

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