Samedi , 28 mai 2022
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Quelle importance donner à l’arrestation du chef terroriste d’Ansar Charia, Afif Amouri ?

 

 

L’annonce du ministère de l’Intérieur (MI) de l’arrestation (le 31 juillet 2014) à Regueb, de l’un des dirigeants de l’organisation interdite Ansar Charia, Afif Amouri, qualifié de «dangereux terroriste», est de nature de redonner actualité et relief au dossier des assassinats et des plans terroristes dans le pays.

Le nom d’Afif Amouri, qui serait le deuxième responsable de la communication d’Ansar Charia, après Seif Eddine Rais, a été cité au moins à trois reprises dans les enquêtes liées aux assassinats politiques et aux opérations terroristes. D’abord, il a voulu, en sa qualité de chargé de la communication de l’organisation terroriste, publier une vidéo de Abou Iyadh ( Seifallah Ben Hassine) lors de l’assassinat de Chokri Belaid , le 6 février 2013 , mais les services du MI ont empêché cette publication sur les médias audiovisuels et sur les réseaux sociaux, parce qu’elle incitait à la violence de manière explicite. Les mêmes services ont intercepté une communication téléphonique de sa part avec Kamal Gadhgadhi, principal accusé dans l’assassinat de Chokri Belaid et impliqué dans la cache d’armes découverte à Mnihla, quelques jours après cet assassinat le 20/2/2013. Enfin, il est accusé d’être l’organisateur de la fuite d’Abou Iyadh de la mosquée Al Fath encerclée par les forces de l’ordre, le 17 septembre 2012. Abou Iyadh s’est déplacé trois jours après l’attaque de l’ambassade américaine, pour prononcer l’oraison funèbre de 4 djihadistes morts lors de l’attaque.

Il est vrai que le témoignage de l’ancien directeur général au ministère de l’Intérieur, Taoufik Dimassi, a révélé que la décision de faciliter la sortie d’Abou Iyadh de la Mosquée Al Fath était politique, et qu’elle a été prise par le ministre Ali Lâarayedh lui-même , mais l’enquête a révélé également que c’est Afif Amouri qui a organisé l’opération de repli, sur les plans technique et opérationnel , en utilisant une voiture Peugeot 307 procurée par Mohamed Ali Dammak, un des accusés dans l’assassinat de Chokri Belaid.

L ‘ IRVA (Initiative pour la Recherche de la Vérité sur l’Assassinat de Chokri Belaïd) a attiré l’attention sur le fait que le nom de Afif Amouri n’a pas été cité lors de l’enquête sur l’assassinat de Chokri Belaid, et est allée, en février 2014, jusqu’à accuser le MI d’avoir sciemment dissimulé ce nom, et demandé à ce qu’il soit ajouté à la liste des personnes à interroger et qu’il fasse l’objet d’un mandat de recherche et que l’enquête sur son implication dans l’assassinat de Belaïd soit relancée.

Le communiqué du MI annonçant l’arrestation d’Afif Amouri a précisé que trois mandats de recherche avaient été émis à son encontre, et qu’il est lié à des opérations terroristes et des assassinats.

Cette arrestation est de nature à faire davantage de lumière sur les plans terroristes fomentés depuis 2011, et le rôle joué par Ansar Chariâa dans la mise en place de l’architecture djihadiste en Tunisie .Mais les observateurs ont relevé que, depuis fin mai 2014, le terrorisme en Tunisie, dans la foulée de ses succès au Moyen-Orient et en Libye, apparaît sous un nouvel angle et se dote de moyens humains et matériels beaucoup plus importants qu’auparavant. Les dernières opérations de Kasserine, entre autres l’attaque du domicile du ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou , de Chaâmbi et de Jebel Ouergha ont administré la preuve qu’une nouvelle génération de terroristes, constituée pour la plupart d’étrangers peu au fait de la réalité tunisienne, est entrée en lice dont les objectifs relèvent d’une logique régionale et internationale. Ceci donne à penser qu’Afif Amouri et les groupuscules qu’il dirigeait, sont à ranger dans la préhistoire du terrorisme en Tunisie. Cette nouvelle orientation, très patente depuis quelques semaines, dicte de relativiser « l’exploit » de l’arrestation de Amouri que les services de sécurité revendiquent comme un grand pas dans le démantèlement du réseau terroriste.

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