Jeudi , 15 avril 2021
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Chaambi : Un bilan très lourd et des enseignements à tirer

 

D’heure en heure, le bilan des attaques terroristes perpétrées mercredi soir à l’heure de la rupture du jeûne contre des patrouilles militaires au mont Chaambi s’alourdit. L’armée nationale déplorait jeudi matin 14 morts et 20 blessés. Le chef du gouvernement, Mehdi Jomaa qui s’était empressé de se rendre dès le début de la soirée au ministère de la Défense nationale pour suivre de près le déroulement des évènements à partir de la Salle des Opérations de l’Etat-major, a réalisé d’une part l’engagement de nos forces armées et de l’autre le lâche acharnement des terroristes. 

 

Passés à un cran supérieur, avec le lancement des roquettes RPG, ces jihadistes montrent leur détermination à vouloir saper les fondements de l’Etat pour imposer leur califat. S’ils ont accéléré leur morbide entreprise, c’est qu’ils essayent de torpiller le processus électoral arrivé à sa phase finale devant laisser émerger des institutions et un gouvernement légitimes. 
 
Pour y parvenir, ils espèrent tirer profit de nombre de facteurs. D’abord, le climat de pré-campagne électorale où les partis sont plus concentrés sur leurs stratégies et mus par leurs positionnements, pensant qu’ils relâchent attention sur le reste, ce qui est archi-faux, du moins en principe. Ensuite, le climat social, avec la montée des surenchères en revendications de tous genres et la multiplication des foyers de tension. Sans oublier l’afflux des réfugiés libyens surtout après les récents évènements en Libye. Enfin, la dispersion des efforts des forces sécuritaires et armées sur tous les fronts : de la sécurisation des frontières à la sécurisation des examens, des institutions et établissements ciblés à la lutte contre le crime et le banditisme et surtout le terrorisme.
 
Pendant ce temps, ce qui se passe sur la scène nationale est hallucinant. Les gros bonnets de la contrebande n’ont aucun scrupule à renforcer leur business et imposer leurs prix, tout comme les grossistes en viandes, poissons, fruits et légumes qui prennent le consommateur en otage. La classe politique est toute à ses querelles intestines et ses alliances électorales.  Et pour ne pas être en reste, Carthage continue de bloquer le mouvement des ambassadeurs et intensifie une campagne électorale à peine déguisée. 
 
Au Bardo, le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar est sur le départ pour s’occuper de sa campagne électorale. Quant aux Constituants, préoccupés par leur reconduction, ils glosent sur des futilités, comme la définition « exacte » du terrorisme, prenant tout leur temps à examiner le texte ainsi que le projet de loi de Finances complémentaire. Ils s’emmêlent les pieds dans la fiscalité, s’accroche à des questions populistes et n’osent pas reconnaître le coût réel d’un acte administratif à l’instar d’un contrat de mariage, continuant par ailleurs à vouloir convoquer les membres du gouvernement en audition. Tout cela porte un nom : c’est de l’autisme.
 
Le Tunisien moyen est davantage en prise sur le réel, l’urgent, le nécessaire. Même s’ils s’adonnent à leurs plaisirs habituels, les Tunisiens ont la tête ailleurs. A Gaza, où un génocide s’annonce devant le silence complice des grandes puissances. En Libye, où tout est en train de basculer dans une redoutable aventure. Et surtout en Tunisie où la classe politique, ne veut pas raboter ses ambitions politiciennes et renoncer à ses parasitages et a surtout peur de désigner le terrorisme en risque majeur et s’y attaquer efficacement. 
 
Qui sonnera la fin de la récréation ? Qui proclamera l’impératif de l’union sacrée ? Qui rassemblera les forces vives de la nation autour de l’armée nationale, des forces de sécurité et du gouvernement ? Qui mobilisera le soutien régional et international pour la consolidation de nos potentialités dans cette guerre contre le terrorisme? Qui fera tomber les gros bonnets de la contrebande, de la flambée des prix, du banditisme ? Qui amènera les travailleurs à surseoir à leurs revendications et à se remettre au travail ? Qui poussera les Tunisiens à se liguer ensemble pour le nettoyage des quartiers et l’enlèvement des ordures ? Qui convaincra les citoyens de la nécessité de dénoncer immédiatement tout abus et passe-droit ? Qui remettra les pendules à l’heure ?

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