Mercredi , 10 août 2022
Page d’acceuil / Tunisie. Naissance de l’Alliance démocratique

Tunisie. Naissance de l’Alliance démocratique

 

Un de plus ! Le nouveau-né du paysage politique, initiative d’un groupe soudé autour de l’ex PDP Mohamed Hamdi, entend bouleverser les rapports de force, à quelques mois seulement des prochaines élections. Dans les grandes lignes de ses objectifs, « l’Alliance Démocratique » ressemble à s’y méprendre aux autres formations centristes qui sont légion en Tunisie. Un nouveau front déjà critiqué en raison des divisions supplémentaires que sa fondation entraîne de facto dans l’opposition. 

 

Le 8 novembre 2012 est-il le « grand jour » décrit en grande pompe par Mahmoud Baroudi ?« Ils tous décidé de jouer en solo ! ». C’est en tout cas l’une des réactions qui revient le plus souvent au sujet de la nouvelle initiative « Attahalof al Dimoqrati » (aussi traduit par « Coalition Démocratique »). Que se cache-t-il derrière ce nom fleuve ? A l’hôtel l’Africa où le parti faisait salle comble hier jeudi pour l’annonce officielle de son lancement, nous avons eu droit à quelques éléments de réponse.

 

 Refus de la bipolarisation

 

Pour comprendre ce qui a réellement motivé la constitution de cet énième parti politique d’après révolution, il faut revenir à l’historique des dissensions internes au PDP qui ont scindé en deux le parti d’Ahmed Néjib Chebbi.

 

L’Alliance Démocratique n’est autre que le « Courant Réformateur » du PDP rebaptisé, issu des sécessionnistes d’al Joumhouri, soit une majorité d’élus ex PDP à l’Assemblée constituante,  mécontents des choix de leur leadership, dont 5 seulement sur 16 sont restés loyaux à Chebbi.

 

Déjà meurtris par les maigres résultats obtenus en octobre 2011, la maladresse de trop, de l’aveu de Mohamed Hamdi, fut d’apprendre par la presse qu’Ahmed Néjib Chebbi s’était rendu au meeting fondateur de Nidaa Tounes à Monastir, en mars 2012. « S’afficher à ce meeting sans nous consulter était inadmissible », avait alors pesté le président du Bloc démocratique. Un bloc parlementaire qui passe donc de 30 élus à 20, le nouveau bloc Alliance démocratique comptant 10 élus. 

 

Hier encore, Hamdi a réitéré cet objectif majeur qui a présidé au choix de se constituer en nouveau parti de la « 3ème voie » : le rejet de ce vers quoi se dirige la classe politique tunisienne, bipolarisée à souhait, sous-entendu entre Ennahdha d’un côté et Nidaa Tounes de l’autre.

 

 Une somme de figures charismatiques

 

Pour ce faire, l’« l’Alliance » compte essentiellement sur une somme de talents. Si 10 élus est un minimum nécessaire pour former un bloc à part entière, ce qui n’est pas négligeable c’est la stature des membres fondateurs : Moncef Cheikhrouhou, Mehdi Ben Gharbia (l’homme d’affaires est un atout financier de poids), Mahmoud Baroudi, Mohamed Hamdi… Tous font l’unanimité dans les baromètres de popularité. 

 

Révélations de ces derniers mois, quadras pour la plupart, ils jouissent d’un capital sympathie intact auprès de l’opinion, forts d’une certaine virginité politique, là où troïka et opposition historique restée dans l’opposition font l’objet d’une certaine lassitude.

 

Les jeunes de l’ex PDP, dont beaucoup sont partis dans le sillage du courant réformateur, sont un autre atout alors que beaucoup de Tunisiens appellent de leurs vœux un rajeunissement de la classe politique.

 

Plus polémiques en revanche sont les perspectives d’alliances futures avec d’autres formations isolées telles que le bloc « Wafa », des ultra nationalistes conduits par l’ex CPR Abderraouf Ayadi. Hier, Abou Yaâreb Marzouki et Houcine Jaziri d’Ennahdha étaient présents dans les premiers rangs, mais au titre d’invités, tout comme Ahmed Brahim et des élus d’Al Aridha.

 

Reste la question de savoir si l’alternative à la guerre des droites qui se profile doit se former autour d’un centre au discours plutôt convenu, en l’absence d’une gauche forte.

 

Pour lire l’article depuis la source cliquez sur le lien.

Check Also

Tunisie : Le Tribunal administratif suspend la révocation de 47 magistrats

Le Tribunal administratif a rendu, ce mercredi 10 août 2022, son verdict, concernant les recours …