Jeudi , 15 avril 2021
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Affaire El Abdellia : l’huissier Bouazizi bénéficie de la liberté provisoire

 

 

La chambre correctionnelle du tribunal de Carthage a décidé hier d’accorder la liberté provisoire à l’huissier de justice, Mohamed Ali Bouazizi, poursuivi par le conseil de l’ordre des huissiers pour violation du secret professionnel. Dans son audition par le juge, Mohamed Ali Bouazizi a déclaré que le jour des faits, il a constaté un amas de déchets devant le Palais d’El Abdellia à la Marsa. En sa qualité de responsable politique dans la région, sans préciser en quoi consiste cette responsabilité, il a demandé au gardien du Palais d’enlever ces déchets. Mais une fois sur les lieux, il a remarqué l’exposition des tableaux de peinture portant atteinte à la sacralité religieuse. Il en a pris des photos puis s’est adressé à des prieurs dans une mosquée à la Marsa où il leur a montré les photos. Ces derniers accompagnés de l’huissier de justice se sont dirigés vers le Palais d’El Abdellia, décidés à sommer les organisateurs d’enlever les tableaux incriminés. Son récit s’arrête à ce stade en concluant qu’il n’a fait qu’exprimer une opinion à travers l’appel à un rassemblement pacifique pour protester contre les atteintes à la divinité et au prophète.

 

 

Comparant devant le tribunal, il n’a pu expliquer en quoi consiste exactement sa responsabilité politique l’autorisant à intervenir pour la propreté de la ville. Sur Facebook, des internautes affirment que du temps de Ben Ali, il était au sein du RCD. Mais sur la chaîne Hannibal TV, il a indiqué qu’il était dans le Mouvement des Démocrates Sociaux (MDS). Or, qu’il s’agisse du parti au pourvoir ou d’un parti de décor, les Tunisiens savent pertinemment que les deux étaient au service de la dictature et que les adhérents à ces partis n’avaient d’engagement que pour Ben Ali et son régime totalitaire. Si la qualité de responsable politique dont il s’est prévalu s’attache à son appartenance au Parti dissout ou à son antichambre précitée, ceci en dit long sur les mobiles et les intentions qui sont derrière son initiative.

 

 

Cette initiative, justement, a entraîné dans plusieurs régions une vague de violence sans précédent depuis la révolution du 14 janvier, ayant nécessité une réaction énergique de la part des autorités qui ont procédé à l’arrestation de plusieurs salafistes parmi les auteurs de ces troubles, dont des délinquants et des repris de justice. Bon nombre d’entre eux ont été toutefois relâchés.

 

 

Quant à Mohamed Ali Bouazizi dont le geste a été à l’origine de tous les dérapages, le seul fait qui lui a été reproché est de ne pas avoir respecté le secret professionnel en divulguant l’objet du constat et de la sommation qui lui ont été requis. L’action a été déclenchée par le conseil de l’ordre devant le tribunal cantonal de Carthage qui dans son audience d’hier a relevé, outre le vice inhérent à la violation du secret professionnel, l’accomplissement d’un acte de procédure pendant un jour férié. En effet, selon le code de la procédure civile et commerciale, il est interdit à l’huissier de justice d’intervenir en dehors des jours ouvrables sauf s’il est de permanence.

 

 

Concédant à la demande de la défense, le tribunal a accordé au prévenu la liberté provisoire sous les conditions d’usage. Parmi ces conditions, il ne doit pas quitter la Tunisie et doit être en mesure de comparaître aux prochaines audiences et de se soumettre aux décisions du tribunal. Contrairement à ce qui a circulé sur certains médias, l’octroi de la liberté provisoire ne vaut pas un non-lieu.

 

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