Samedi , 24 août 2019
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Transition politique : La Chambre des députés vote «son écartement du pouvoir»

 

La séance plénière organisée hier par la Chambre des députés a voté une délégation quasi absolue  au Président de République par intérim, M. Foued Mebazaâ, en matière législative.

 

Au vu des débats inédits, houleux à la limite, vécus hier à la Chambre des députés en marge de l’examen de la délégation exceptionnelle du pouvoir législatif au président intérimaire de la République, ressortent des interrogations évidentes sur la capacité de certains députés, longtemps figurants, de changer de bord et de rater une occasion exceptionnelle de se taire maintenant que s’est ouverte une ère de liberté en Tunisie.
Le débat a été ouvert par le premier vice-président de la Chambre des députés, M. Sahbi Karoui, qui a « salué la révolution de tout un peuple contre le despotisme et la corruption » et « mis l’accent sur le besoin de dépasser les appartenances partisanes et d’être en phase avec les exigences du paysage politique en Tunisie » pour permettre « une transition telle que souhaitée par le peuple dans sa révolution ».

 

Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a expliqué cette demande étendue de délégation exceptionnelle des pouvoirs en matière législative par « un impératif d’accélération des procédures législatives pour mettre en route les réformes démocratiques permettant de transformer le visage de la République ».

 

« Opposition » 
en force ! 

 

S’il est vrai que 16 députés, seulement, se sont opposés à la délégation des pouvoirs votée hier par la Chambre des députés au profit du Président par intérim de la République. Il n’empêche que les débats étaient très chauds, à la limite de l’agressivité. Khadija Mbaziaâ (PVP) et Raoudha Essaïbi (PSL) se sont emportées suite aux propos de Hichem El Bassi (RCD) qui demande « la dissolution de la Chambre et la mise en route d’une assemblée constituante tout en mettant en place des mécanismes de contrôle du gouvernement de transition ».

 

Mme Mbaziaâ reproche à M. El Bassi «son silence et celui des députés RCDistes pendant des décennies» et l’accuse « d’opportunisme et du désir de s’approprier une révolution qui n’est pas sienne».
Mme Essaïbi conteste « le hold-up opéré contre le Parti Social Libéral (PSL) ». Elle affirme que « le PSL a longtemps milité pour la liberté d’expression » et que «le parlement n’est pas partie prenante de la mafia ayant sévi dans le pays».

 

D’autres députés PSL (Khalifa Trabelsi, Boujemaâ Yahiaoui, Mohsen Khaldi, etc.) ont insisté sur les mêmes propos allant même jusqu’à contester « la crédibilité du Premier ministre qui a évoqué sa peur à l’image de tous les Tunisiens ». Ils ont rejeté « ce processus de quasi-dissolution du parlement » et de « manipulation de la révolution».

 

En symphonie avec la colère de Khadija Mbaziaâ, sa collègue Faten Charkaoui a contesté « cette tendance totalitariste prônant l’exclusion » et demandé de trouver « une issue constitutionnelle à ce blocage ». Elle a appelé à « sauvegarder la révolution ».

 

Il est à rappeler que le PVP et le PSL ont soutenu « la candidature de Zine El Abidine Ben Ali à la dernière élection présidentielle» et ont «récolté» respectivement six et huit sièges à la Chambre des députés.
Les réactions à la Chambre des députés traduisent leur « profond malaise» d’être qualifiés par les médias, enfin libres, d’opposition de décor.

 

Large majorité

 

La teneur tendue des débats et la chaleur des applaudissements, même des députés RCDistes, laissaient les observateurs perplexes quant à l’issue du vote sur la délégation des pouvoirs. Le RCD conserverait-il sa discipline de vote maintenant qu’il est quasi dissout ?

 

L’hémicycle était certes plein et l’opposition regroupée ne disposait que de 51 voix. Les deux députés d’Attajdid, éternels opposants aux projets de loi sous Ben Ali, sont aujourd’hui pour le gouvernement de transition. Tout dépendait de la discipline du RCD.

 

A la fin du vote, point de surprise. Seize députés ont voté contre le projet. Ils appartiennent essentiellement au PSL, au PVP et quelques députés de l’UDU. Deux députés se sont abstenus.

 

 
La Chambre des députés a ainsi voté son « écartement du pouvoir législatif » en délégant ses compétences au Président de la République par intérim dans dix-sept domaines, soit une délégation quasi générale.
L’actuelle Chambre des députés a-t-elle fait hier ses adieux?

 

 

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