Vendredi , 16 avril 2021
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Comment Mohamed Ghannouchi a-t-il pu former le gouvernement de transition 2

 

 

Un dream team? Presque, âprement négocié, de part et d’autre, et avec nombre d’étoiles montantes qui illustrent la nouvelle Tunisie! «Ca n’a pas été facile du tout, révèle à Leaders, une source qui a suivi de près les tractations menées intensivement jusqu’à la dernière minutes pour pouvoir obtenir l’adhésion des différentes parties concernées, surtout l’UGTT, et former ainsi le gouvernement de transition dans sa deuxième version. Le Premier Ministre, M. Mohamed Ghannouchi a dû épuiser toute sa patience et plein d’arguments, ajoute-t-elle, pour aboutir aux équilibres souhaités par les uns et les autres. »(Lire la composition complète)

 

 

Prévue mardi au plus tard, la nouvelle composition a dû prendre beaucoup plus longtemps que prévu, pour ne se finaliser, aux forceps, que jeudi soir. A la Kasbah, les regards étaient tournés vers la Place Mohamed Ali, siège historique de l’UGTT, où se réunissait la Commission administrative devant donner son aval. Force sociale structurante, la centrale ouvrière pèse de tout son poids dans l’amorce de la transition démocratique qu’aborde la nouvelle Tunisie. Après le retrait de ses 3 représentants au sein du premier cabinet formé le 17 janvier, l’assentiment de l’UGTT s’est fortement imposé pour contribuer au déblocage général de la situation. Mais, d’autres partenaires aussi, étaient sur la ligne.

 

 

La grande innovation, c’est sans doute ce savant mélange entre personnalités dignes de faire partie d’une instance de salut public, et de jeunes talents, venus du secteur privé et de l’université qui ont déjà fait preuve à l’international, avec la garantie pour tous de l’intégrité et de l’abnégation. Aucun n’affiche une ambition personnelle, tous cherchent à servir. La symbolique est forte :

 

 

Départ de figures marquantes, à l’instar de Kamel Morjane, Mohamed Jegham, Ahmed Friaa, Ridha Grira, et Moncer Rouissi, ainsi que Ridha Chalghoum, Slaheddine Malouche, etc.

 

 

Remplacement de Moufida Tlatli, à la Culture, par Azeddine Bach Chaouach,  historien émérite qui avait quitté la Tunisie depuis longtemps pour travailler en tant que haut responsable au sein de l’Unesco à Paris, avant de vaquer à la recherche.

 


Arrivée de jeunes compétences, issues de la société civile, et plus précisément l’Atuge que les lecteurs de Leaders connaissent bien: Elyes Jouini, Mehdi Houas et Yassine Brahim, ainsi qu’un grand financier patron de banque au Maroc, Jalloul Ayed. Président du Directoire de BMCE Capital, directeur général de la BMCE elle-même, ancien président de l’American Chamber of Commerce de Casablanca, aprés avoir dirigé Citibank à Tunis et Casablanca, et grand musicien, il revient au pays pour présider aux destinées du ministère des Finances. “Le 25 november 2010, nous rappelle à juste titre, Maher Kallel, Jaloul Ayed présentait au théâtre de Tunis Le concerto des jasmins, aujourd’hui, il se présente dans la révolution du jasmin.”

 

 

On l’attendait à la tête du ministère de lIntérieur et le voilà sur une autre ligne de front. Homme de dialogue social, auteur du pacte social dans les années 70, avant de démissionner du ministère des affaires sociales en décembre 1977,  prévoyant le carnage du 26 janvier 1978, Mohamed Ennaceur, a accepté de revenir, porté la confiance et le respect que lui voue l’UGTT mais aussi tous les partenaires sociaux et les forces démocratiques.

 

 

A la Santé publique, on retrouve le Pr Habiba Zéhi  Ben Rmdhane (épouse de Mahmoud Ben Romdhane, du Parti Ettajdid), spécialiste en médecine préventive.

 

 

Ancien dirigeant de l’UDU, Me Mokhtar Jalleli , originaire de Sidi Bouzidi et défenseur inlassable, ainsi que son épouse, Om Zied, des nobles causes, aura à s’occuper du monde rural, en prenant en main le Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement.

 

 

Commentant cette composition, le Dr Saadeddine Zmerli, ancien président de la Ligue Tunisienne des Droits de Droits de l’Homme et ancien ministre de la Santé,  s’adresse au Premier Ministre, via Leaders en écrivant: “Si Mohamed, vous avez fait hier soir le 27 janvier 2011 votre meilleur discours en présentant. Le nouveau gouvernement transitoire, jeune ,varié, compétent et défini ses orientations avec conviction et sincérité. Oui, ensemble sauvons notre révolution populaire et démocratique.”

 

 

M. Mohamed Ghannouchi, le dira en présentation de sa nouvelle équipe : elle est le fruit de concertations approfondies et intenses effectuées entre l’ensemble des parties politiques nationales et les différentes composantes de la société civile, et qui ont abouti à un consensus autour d’une nouvelle formation gouvernementale.

 

 

Il en ressort de cette nouvelle formation gouvernementale le maintien de neuf portefeuilles ministériels contre le renouvellement de 12 autres, par rapport à la composition précédente, affirmant que la détermination était grande pour que les ministres choisis soient compétents, expérimentés et capables de relever les défis et de gagner les paris qui se posent au pays.

 

 

Gouvernement de transition et provisoire, sa mission consiste à permettre au pays de réaliser la transition démocratique et à réunir les conditions nécessaires pour l’organisation de la prochaine présidentielle, qui offrira au peuple l’opportunité de s’exprimer en toute liberté et avec toutes les garanties afin que cette élection puisse refléter la volonté du peuple tunisien.

 

 

Il s’engage, comme l’a rappelé M. Ghannouchi, pour les prochaines élections, à travers les orientations décidées, à ce que cette échéance se déroule sous la supervision d’une commission indépendante et en présence d’observateurs internationaux, afin que le scrutin soit un scrutin transparent et crédible.

 

 

Le premier ministre a relevé que la principale mission du gouvernement transitoire demeure l’introduction des réformes politiques requises, sur la base de la participation de l’ensemble des parties du paysage politique et civil et des compétences aux travaux de la Commission supérieure de réforme politique.

 

 

Il a ajouté que l’objectif consiste à parvenir à introduire des réformes majeures et de qualité qui toucheraient les différentes législations régissant la vie publique, notamment le Code de la presse, le Code électoral, la loi relative à la lutte contre le terrorisme et la loi relative aux partis, afin de parvenir à une révision de l’ensemble des législations anti-démocratiques et d’élargir le cercle et les garanties de la liberté et du pluralisme.

 

 

Le premier ministre a relevé qu’il a été procédé, dans le cadre des concertations intenses, tenues en vue de constituer la nouvelle composition du gouvernement, à l’écoute des différentes visions et positions, de même qu’il y a eu recours à toutes les potentialités nationales connues pour leur crédibilité, leur expérience, leur compétence scientifique et leur rayonnement à l’échelle nationale et internationale.

 

 

M. Ghannouchi a exprimé, dans ce contexte, sa considération à toutes les personnalités et compétences qui ont répondu favorablement à l’appel de la patrie, et accepté de faire partie de la composition de ce gouvernement, en dépit de leurs engagements internationaux, avec pour seul objectif de servir la Tunisie et de promouvoir la Nation.

 

 

Partant d’une profonde prise de conscience du caractère difficile et délicat de la situation, le premier ministre a indiqué que le devoir commande, aujourd’hui, la conjugaison de tous les efforts et de toutes les énergies pour sauver le pays et assurer le retour à la normale dans les plus brefs délais, de manière à faire face aux répercussions des événements survenus durant la dernière période et à reprendre le rythme normal à tous les niveaux, notamment la reprise par les enfants de la Tunisie, parmi les élèves et les étudiants des cours, soulignant que le gouvernement est au service de tous les Tunisiens et de toutes les Tunisiennes ainsi que de l’intérêt de la patrie.

 

 

Il a insisté sur le rôle vital dévolu aux trois commissions nationales constituées récemment et qui ont déjà, a-t-il précisé, commencé leur travaux, dès lors qu’ils seront à la base de l’introduction de réformes radicales et profondes propres à permettre au pays d’engager une nouvelle étape, durant laquelle les libertés et la démocratie seront confortées, et les garanties des droits de l’Homme seront enracinés.

 

 

Le Premier ministre a mis en relief, à cet égard, la mission cruciale qui incombe, tout particulièrement, à la commission supérieure de réforme politique, qui comprend dans sa composition l’ensemble des sensibilités de la scène nationale, partis reconnus et non reconnus, organisations de la société civile et compétences, ce qui ne manquera pas de faire en sorte que les conclusions de ses travaux soient le couronnement du consensus de l’ensemble des Tunisiens et Tunisiennes, en cette étape décisive de la marche du pays.

 

 

M. Mohamed Ghannouchi a affirmé que la logique exige, actuellement, d’être sincère avec les Tunisiens en leur indiquant que la situation est très délicate, qu’il existe d’innombrables difficultés dans plusieurs domaines et que cette situation nécessite le retour de tous au travail et à la persévérance, faisant remarquer que le monde entier observe la révolution du peuple tunisien avec estime et considération et aspire à voir les Tunisiens se consacrer au travail pour relever les défis qui se posent.

 

 

Il a déclaré que la Tunisie et son peuple sont aujourd’hui au rendez-vous avec l’histoire et qu’ils sont tous appelés, à tous les niveaux, à s’acquitter convenablement de leurs missions, partant en cela du devoir de fidélité aux martyrs de la patrie, au premier rang desquels figure le regretté Mohamed Bouazizi, ce qui est de nature à hisser la Tunisie, dont les enfants aspirent à l’ériger en modèle pour un peuple qui exerce sa souveraineté dans la liberté et la démocratie.

 

 

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